Parti Communiste des Ouvriers de France

Le grand patronat monte au créneau
10 octobre 2025

La proposition de budget de Bayrou pour 2026 avec l’objectif de 44  milliards d’économie par rapport à celui de 2025, au détriment des services publics, de la protection sociale, de l’assurance chômage… avec, « en prime », l’obligation pour les salariés de travailler gratuitement deux jours supplémentaires non payés… s’est finalement heurtée aux mobilisations ouvrières, populaires et de la jeunesse. Dès le 8 septembre, devant l’hémicycle, F.  Bayrou avait préféré jeter l’éponge.

Cette proposition de budget a été dénoncée, stigmatisée dans les rassemblements et les manifestations de la mi-septembre, aussi bien par les travailleurs que par la jeunesse comme étant la marque d’un budget de méga-austérité. Une austérité pour celles et ceux toujours à la peine, et les cadeaux, les aides pour ceux qui s’enrichissent du travail des autres, alimentant un très fort sentiment d’inégalité pour ne pas dire de classe. Les quelque 211 à 270 milliards d’euros d’aides multiples et multiformes octroyées par l’Etat aux entreprises, et tout particulièrement à celles du CAC40, sont venus conforter cette conscience.

D’autres chiffres ont également circulé concernant la richesse de cette minorité de possédants qui ne cessent de s’enrichir via la politique « pro-business » d’E. Macron. Selon le magazine Challenges (magazine détenu à 60 % par Claude Perdriel et à 40 % par Bernard Arnault), le patrimoine des 500 plus grandes fortunes de France a progressé ces dernières années trois fois plus rapidement que la richesse nationale. Il représente aujourd’hui 40 % du PIB contre 6 % en 1996.

Et il est établi, et maintenant largement popularisé, que les milliardaires paient proportionnellement deux fois moins d’impôts que la moyenne des Français, tout prélèvements confondus. Selon l’Institut des politiques publiques (IPP), les impôts payés chaque année par les centi-millionnaires (dont la fortune est égale ou supérieure à 100 millions d’euros) et les milliardaires représentent en moyenne 0,3  % de leur fortune totale. Ces très riches et ultra-riches placent l’essentiel de leur fortune, si ce n’est la totalité, dans des holdings à travers le monde qui ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu.

Ces quelques chiffres incontestables proviennent d’enquête parlementaire (pour les cadeaux aux entreprises) ou des publications mêmes de ces ultrariches quand ce n’est pas d’instituts officiels. Ils ont servi de base de calcul, avec bien d’autres éléments, pour asseoir le principe de la fameuse taxe Zucman qui vise à imposer les foyers fiscaux de plus de 100 millions d’euros de patrimoine à hauteur de 2 % par an.

D’après les projections réalisées, cela concernerait… 1800  familles. Pour comparaison, l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI) qui a remplacé l’Impôt sur la fortune (ISF) en 2018, se déclenche à partir de 1,3  million d’euros et a concerné en 2024 près de 186  000 ménages (l’ISF 358  000 en 2017). Mais 2 % de 100 millions d’euros, c’est de trop, toujours de trop pour ces oligarques qui vivent non seulement du travail de centaines de milliers de salariés, mais, qui plus est, s’attribuent, via le budget de l’Etat, une part importante du revenu national.

Bernard Arnault, un parmi d’autres, patron de LVMH, une des premières fortunes de France, est monté au créneau le 20 septembre dans un entretien au journal anglais The Sunday times pour dénoncer cette taxe comme étant « mortelle pour l’économie française », comme « une volonté clairement formulée de mettre à terre l’économie française ». Rien que ça ! C›est le patron de BpiFrance, Nicolas Dufourcq, qui, après B. Arnault qui avait qualifié Zucman «  d›extrême gauche  », le qualifie à son tour de «  communiste  »… et, pour enfoncer le clou, comme en réponse aux mobilisations de cette mi-septembre, c›est Pierre Martin, actuel Président du MEDEF, qui, le 23 septembre, annonce l›organisation « d’un énorme meeting » patronal pour « revendiquer notre contribution essentielle au bien public », avec en perspective la dénonciation de « certaines théories dangereuses pour nos entreprises ». Mais comme les planètes du patronat ne sont pas toutes alignées, les représentants des petites et moyennes entreprises ont fait savoir qu›ils n›en seraient pas.

Cette offensive idéologique, politique, du grand patronat pour défendre coûte que coûte cette politique de l’offre revendiquée et totalement assumée depuis l’arrivée d’E. Macron aux affaires, est la marque qu’autour de cette question du budget, ce sont aussi des intérêts de classe qui sont en jeu. ★