Parti Communiste des Ouvriers de France

Le mouvement syndical dit « Non à la guerre » !
09 avril 2026

Au lendemain de la grève du 28 novembre 2025 en Italie contre les bas salaires, la loi de finance et les politiques de guerre, de puissantes manifestations en solidarité avec le peuple palestinien ont eu lieu à Rome et à Milan, avec un fort engagement de secteurs ouvriers, notamment des dockers, bloquant des fournitures militaires à destination de l’État génocidaire d’Israël !

En France, en juin 2025, les dockers de Fos-sur-Mer (13) ont refusé de charger à bord d’un navire en partance pour Haïfa, des pièces pour fusils mitrailleurs fabriquées par l’entreprise marseillaise Eurolinks.

Dernièrement, le 6 février 2026, une grève internationale des dockers a eu lieu dans une vingtaine de ports en Italie, Grèce, Espagne, Turquie, France et Maroc, sous le mot d’ordre :

« Les dockers ne travaillent pas pour la guerre ».

Le 25 octobre 2025, les syndicats CGT, SUD aérien et FO de Roissy, avec leurs Unions départementales, avaient appelé à un rassemblement sur le site de l’aéroport pour exiger l’arrêt des livraisons et du transit du matériel militaire à destination d’Israël.

Plusieurs syndicats, notamment CGT, effectuent un travail d’information et de mobilisation pour dénoncer la participation directe ou indirecte de leurs entreprises à la guerre génocidaire menée par Israël contre le peuple palestinien. C’est notamment le cas de la CGT-STMicroelectronics.

Après un long travail d’investigation pour connaître les nombreuses relations du groupe avec Israël, le syndicat a organisé un rassemblement devant le site de Crolles (38) en avril 2025 et a interpellé la direction. Un travail dans ce sens a également été entrepris par la CGT-Thalès, la CGTAirbus… Des diffusions de tracts dénonçant cette collusion se font en lien avec des associations comme l’AFPS ou Stop Arming aux portes de certaines entreprises comme à Tours début mars.

Dans ce travail de propagande et d’agitation, nous réaffirmons avec force qu’il s’agit pour nous de dénoncer la responsabilité de ces groupes monopolistes dans la guerre génocidaire qui se mène à Gaza, et en aucun cas de cibler les travailleurs de ces entreprises qui n’ont d’autre choix que de vendre leur force de travail au plus offrant pour pouvoir vivre.

Dans ce travail de solidarité avec le peuple palestinien mené avec les syndicats, la question de la guerre n’est pas posée d’un point de vue strictement pacifiste mais d’un point de vue de classe, c’est-à-dire à partir des intérêts de la classe ouvrière ici, en solidarité avec les peuples en lutte contre l’impérialisme, y compris contre notre propre impérialisme.

Lors du colloque organisé en février dernier par la fédération CGT de la métallurgie sur « la paix un objectif », une participante, avec ses mots, a dit  : « se présenter comme étant pour la paix, c’est creux aujourd’hui.

Se positionner comme anti-guerre, c’est plus fort, plus impactant ». Effectivement, politiquement « c’est plus fort », parce que cela cible les responsables des guerres en cours  :

les Etats-Unis, la Russie, tous les pays appartenant à l’OTAN, la France, les pays européens sans oublier l’État génocidaire d’Israël… « C’est plus fort » parce que, dans nos pays impérialiste, la militarisation de l’économie, l’économie de guerre, ce n’est pas autre chose que la préparation de la guerre et l’alimentation de celle-ci, et ce sont des milliards et des milliards qui sont servis aux monopoles de l’armement pour le repartage des marchés, des zones d’influence et des matières premières… Le partage des terres rares en Ukraine entre les Etats-Unis et la Russie en est un exemple.

Cette « économie de guerre », comme la nomme eux-mêmes E.  Macron et S.  Lecornu, induit des appels pressants à produire plus et en plus grande quantité. Cela se traduit par une augmentation des cadences dans les sites de production, un allongement du temps de travail, une généralisation des équipes en continu et un durcissement du «  management », quand ce ne sont pas les salaires en berne alors que les profits de ces monopoles explosent.

En avril 2024, venu inaugurer en Dordogne une extension de l’usine Eurenco qui produit de la poudre pour munitions, E. Macron a vanté la relance d’une activité qui «  produit de la richesse  » . Depuis le 20  janvier  2026, les ouvriers de cette usine sont engagés dans des mouvements de grève pour exiger… 1,2  % d’augmentation. Les carnets de commandes sont pleins et archipleins. L’entreprise faisait un chiffre d’affaires de 335 millions d’euros en 2024, trois fois plus qu’en 2019 (voir La Forge de Mars).

Le combat syndical dans ces entreprises du complexe militaro-industriel, c’est aussi d’assurer la défense des intérêts de ceux qui « sont obligés pour subsister de vendre leur force de travail » comme dit K. Marx.

Se battre pour la défense des intérêts immédiats de ces travailleurs, et de tous les autres, mener le travail de propagande et d’agitation pour dénoncer les fauteurs de guerre et ce, quelle que soit l’entreprise, apporter le soutien aux peuples en lutte contre l’impérialisme, telle est la responsabilité du syndicalisme de classe de la période. ★