Le peuple palestinien ne doit pas disparaître ! Développer et renforcer les actions de solidarité concrètes 12 février 2026
Aujourd’hui, avec les provocations tous azimuts de Trump et de son administration, la Palestine et la bande de Gaza ne sont plus sous la lumière des projecteurs des grands médias. Avec l’ouverture du point de passage de Rafah ou la restitution du dernier corps d’otage israélien qui doit permettre à la deuxième phase du plan Trump, on veut nous faire croire que la crise est enfin en voie de résolution et que le génocide touche à sa fin. Mais rien n’est plus loin de la vérité. Depuis le cessez-le-feu d’octobre dernier, Israël l’a violé plus de 1300 fois par des bombardements, des destructions au bulldozer et des profanations de tombes, faisant 486 morts et plus de 1300 blessés. Ce point de passage de Rafah, qui ne laisse passer que les personnes particulières et où s’accumule les ambulances et leurs 200 blessés graves en attente de transfert vers l’Egypte – sur les quelque 20 000 qui le nécessitent –, se transforme en nouvel instrument de persécution.
D’autre part, au point de passage Karem Abu Salem, réservé aux camions, l’aide humanitaire continue à ne passer qu’au compte-gouttes.
L’armée israélienne qui est censée, d’après le plan US, quitter Gaza, continue de l’occuper à près de 80 % et est en train d’aménager au bulldozer un camp de tri des réfugiés. Avec une entrée soumise à approbation de l’armée, des interrogatoires et la reconnaissance faciale imposée, des fouilles complètes et un nombre de bagages et de médicaments autorisés très restreints, ce camp soi-disant humanitaire n’est qu’un centre de tri et de pression visant à dissuader les quelque 100 000 Gazaouis estimés qui ont réussi à fuir le territoire de revenir s’y installer.
Dans le même temps, le gouvernement sioniste continue de soutenir la colonisation en Cisjordanie occupée. Le Shin Bet vient de requalifier les attaques de colons contre les Palestiniens de « terroristes » en « incidents graves ». Quand on sait que 845 attaques ont eu lieu en 2025, soit un quart de plus que l’année précédente, on peut craindre le pire. Le 27 janvier s’est d’ailleurs déroulé un des pogroms les plus dévastateurs à date où des dizaines de colons armés ont attaqué de manière coordonnée trois villages à Massafer Yatta, brûlant voitures, tracteurs, récoltes et bétail quand ils ne le volaient pas, le tout sous la protection de l’armée qui empêchait les ambulances et les Palestiniens venus se défendre de passer, voire participait aux bastonnades.
Le peuple palestinien a plus que jamais besoin de notre soutien
C’est pourquoi le peuple palestinien a encore aujourd’hui et plus que jamais besoin de notre soutien, mais d’un soutien actif. Il faut bien sûr continuer de dénoncer l’entreprise coloniale génocidaire et la complicité de nos gouvernements par des manifestations massives comme celle appelée par le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens et Urgence Palestine le 14 février, et par des actions locales, dans les villes, sur les ronds-points, devant les entreprises d’armement… Il faut appuyer et participer aux campagnes de boycott visant la BNP et Carrefour ou les coopérations académiques avec Israël, dans les collectifs ou au niveau syndical, et amplifier le mouvement de solidarité, à l’image de la grève des dockers d’une dizaine de ports méditerranéens du 6 février. Mais aujourd’hui, le peuple palestinien – et en particulier les Gazaouis – a besoin d’une aide concrète et matérielle qui lui permette de survivre. Il a besoin d’eau, de matériel médical et de première nécessité. Il faut donc soutenir les initiatives internationales comme la nouvelle flottille Global Sumud qui a prévu de partir de plusieurs ports méditerranéens, le 29 mars, en parallèle d’un convoi humanitaire terrestre. Mais le soutien passe aussi par des actions issues de collectifs locaux comme la tribune pour l’accueil d’enfants blessés de Gaza à l’hôpital de Toulouse, les collectes de dons pour la construction de citernes à eau ou l’envoi de matériel médical et scolaire. Au moment où les sionistes déploient tous leurs soutiens en France pour briser le mouvement de solidarité, comme on peut le voir avec la « PPL Yadan », nous devons redoubler d’efforts dans la lutte pour empêcher le peuple palestinien de disparaître et lui donner la possibilité de tenir, de résister pour pouvoir demain vivre libre sur sa terre. ★
