Parti Communiste des Ouvriers de France

L’échec de la guerre des USA contre l’Iran
07 juillet 2026

Trump prétend que la guerre lancée par l’impérialisme US et l’Etat sioniste d’Israël contre l’Iran, en février, est suspendue pour 60 jours. Il met en avant « un protocole d’accord » que plusieurs de ses propres alliés et des responsables du parti démocrate appellent une capitulation, alors qu’il prétend avoir « gagné la guerre ».

Cette polémique ne doit pas faire oublier, avant toute autre considération, les immenses dégâts humains et matériels que cette guerre impérialiste a infligés à l’Iran, à la population, notamment celle des villes.

L’arrêt de ces bombardements est une bonne chose, il est dans l’intérêt du peuple iranien et des peuples de la région. En effet, c’est toute la région du Golfe qui a subi des bombardements, même si c’est de loin le peuple iranien qui a été le plus durement frappé.

Cette guerre fait suite à celle dite des 12 jours, en juin 2025, lancée par Israël et poursuivie par les USA, guerre qui a visé des sites nucléaires.

A l’époque, Trump a annoncé son arrêt, en prétendant avoir entièrement détruit les capacités de l’Iran à se doter de l’arme nucléaire. A l’évidence, cette fanfaronnade cachait déjà un échec, qui a été mis en lumière par les capacités de l’Iran à étendre les frappes de drones et de missiles aux bases US implantées dans les Etats du Golfe, à toucher Israël et à détruire des installations stratégiques des Etats alliés des USA. Dans la conception de la guerre sur le terrain, par procuration, pour éviter d’engager des troupes US, Trump a cru pouvoir s’appuyer sur des organisations kurdes, pour attaquer le régime des mollahs à l’intérieur même de l’Iran ou à partir de zones frontalières. Il a cru que l’opposition en Iran même, durement réprimée par le régime, se lèverait pour le combattre. Il a spéculé sur des divisions entre des secteurs de l’armée et les gardiens de la révolution… Rien n’a fonctionné comme il le prévoyait.

L’arme du blocage du détroit d’Ormuz

Ayant sous-estimé les capacités de riposte militaire de l’Iran, l’impérialisme US n’a pas mesuré l’arme que représentait le blocage du détroit d’Ormuz dans les mains de l’Iran et les conséquences que ce blocage allait entraîner  : une flambée des prix, alimentée par la spéculation des majors du pétrole et du gaz, dont l’impérialisme US allait porter la responsabilité au niveau international.

Plusieurs dirigeants et responsables de grandes compagnies de transport maritime l’ont critiqué pour avoir fourni au régime iranien l’occasion de prendre le contrôle de cette voie de passage stratégique, et de vouloir aujourd’hui rendre pérenne un droit de péage.

Des concessions qui vont au-delà du traité d’Obama

La comparaison entre le protocole en 14 points signé par Trump et le traité JPOA (1) de 2015, est édifiante.

Le JPOA promu par Obama était censé entériner l’arrêt du programme nucléaire militaire iranien, notamment en limitant le seuil d’enrichissement de l’uranium. Trump a retiré la signature de ce traité. Mais le protocole actuel ne parle plus d’un contrôle strict du programme nucléaire iranien ; ni du programme balistique (les fusées, drones et missiles)  ; allège les sanctions économiques US et parle d’un fonds de 300 milliards pour la reconstruction de l’Iran… Même si ces dispositions peuvent à tout moment être remises en cause par l’impérialisme US qui n’est pas à un reniement près, le fait qu’elles soient consignées et signées représente un échec politique pour l’impérialisme US. Il vient s’ajouter à la démonstration de l’incapacité de la première puissance militaire au monde à faire craquer militairement l’Iran. Et au fait qu’elle n’est pas parvenue à entraîner ses alliés de l’Otan.

Le régime iranien a tenu tête, ce qui lui vaut un certain prestige au delà de l’Iran. Certes, le régime des mollahs a été en partie décapité. Des changements s’opèrent à la direction du pays, avec un poids grandissant des Gardiens de la révolution, qualifiés de « pragmatiques », moins idéologues que les mollahs, mais tout aussi réactionnaires.

La population a montré son opposition à la guerre menée par l’impérialisme US et Israël, contre le pays. La question sociale va revenir, du fait des conditions de vie très difficiles que la fin de la guerre, aussi instable soit-elle, ne pourra pas «  justifier»  » D’autant que la répression, qui ne faiblit pas, alimente elle aussi une forte opposition. La classe ouvrière et les masses populaires n’accepteront pas de continuer à subir l’exploitation et la répression. Elles auront le soutien des peuples du monde qui saluent leur courage et leur détermination. ★


1. Accord de Vienne signé entre l’Iran et les membres permanents du Conseil de sécurité, plus l’Allemagne, sur le programme nucléaire.

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