Leïla Shahid nous a quittés 10 mars 2026
Leïla Shahid, l’ancienne déléguée générale de Palestine en France, nous a quittés le 18 février 2026.
Elle était née au Liban en 1949, dans une famille très impliquée dans le mouvement national palestinien au lendemain de la chute de l’empire ottoman et contre le mandat pour la Palestine confiée par la Société des Nations en 1920 à la Grande-Bretagne. Pour cet engagement, sa famille est exilée au Liban par les autorités britanniques.
Ses premiers engagements
La guerre des Six jours éclate le 5 juin 1967.
Bouleversée par la défaite des trois armées arabes – syrienne , égyptienne , jordanienne – face à l’attaque surprise de l’ armée israélienne , elle réagit en s’engageant au sein du Fatah . Elle décide de se consacrer à une activité sociale et politique dans les camps de réfugiés palestiniens du Sud-Liban . Elle entreprend des études de sociologie et d’anthropologie dans ce pays où elle soutient une thèse, en 1974, sur la structure sociale des camps de réfugiés palestiniens, puis s’inscrit à l’ École pratique des hautes études de Paris pour y préparer un doctorat sur le même sujet.
Elle y rencontre Ezzedine Kalak , futur représentant de l’ Organisation de libération de la Palestine (OLP) en France (assassiné en 1978), qui la pousse à le remplacer à la présidence de l’ Union des étudiants palestiniens en France , en 1976.
Évoluant dans un milieu d’intellectuels où se croisent des universitaires, des écrivains, des cinéastes…, elle fait la connaissance de Jean Genet. En septembre 1982, elle part à Beyrouth avec lui. C’est alors qu’ont lieu les massacres des camps de réfugiés de Sabra et Chatila, situés au sud de la ville, massacres perpétrés par les Phalanges libanaises avec la complicité des forces israéliennes qui contrôlent l’accès aux camps. Arrivés sur place, ils découvrent une vision d’horreur qui inspirera à l’écrivain le texte Quatre heures à Chatila et Le Captif amoureux dédié aux Palestiniens.
Une infatigable représentante de la Palestine
A partir de 1989, Leïla Shahid va représenter l’ Organisation de libération de la Palestine (OLP) dans plusieurs pays européens (Irlande, PaysBas, Danemark). De 1994 à 2005, elle est déléguée générale de Palestine en France, puis de 2005 à 2015 auprès de l’Union européenne à Bruxelles, de la Belgique et du Luxembourg .
Infatigable défenseuse de son peuple, de son droit à un Etat, elle mettra toute son énergie et ses relations à la conclusion des accords d’Oslo. Ce n’est qu’en 1994, après leur signature, qu’elle foulera pour la première fois la terre de Palestine. Mais au delà de son rôle diplomatique, c’est sa détermination et son opiniâtreté à convaincre, à mobiliser les forces politiques et à organiser le soutien au peuple palestinien dans les pays où elle était en poste que l’on retiendra. C’est sous son impulsion que le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens s’est constitué en 2001. ★
