Les appels du pouvoir burkinabè à la liquidation des “apatrides” 10 juin 2026
Le capitaine Traoré et ses acolytes du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR2) se prétendent « patriotes » et anti-impérialistes. Ils ont, certes, tourné le dos à l’impérialisme français, qui soutenait le clan Compaoré renversé par une insurrection populaire en 2014, mais ont quémandé l’aide d’autres impérialismes, notamment de l’impérialisme russe. Ils parlent d’inclusion financière et de souveraineté économique, mais la sollicitation récente d’une rallonge du FMI, dont les plans d’ajustement structurel avaient plongé le pays dans la misère dans les années 90, montre une absence totale de rupture avec le système capitaliste impérialiste mondial. Ce qui ne les empêche pas de se cacher derrière un langage et des slogans pseudo-révolutionnaires : le ministère de la défense et devenu celui de la guerre et de la défense patriotique , ceux des infrastructures et de l’urbanisme forment à présent le ministère de la construction de la patrie , celui en charge de la fonction publique, du travail et de la protection sociale a été rebaptisé ministère des serviteurs du peuple.
Depuis quelques jours, le pouvoir a entrepris la diffusion massive d’un manifeste qui se veut la boussole idéologique de la « Révolution progressiste populaire » (RPP) ; les ministres et présidents d’institution sont invité à utiliser le terme « camarade » dans les correspondances administratives, lors des prises de parole et des discours Dans ce contexte, tous ceux qui émettent des réserves ou des critiques sont qualifiés de contre-révolutionnaires et d’apatrides, de suppôts de l’impérialisme français. Remises au goût du jour, les méthodes de l’ère Compaoré :
arrestations, enlèvements, disparitions, meurtres d’opposants, servent aux règlements de compte internes au régime et à ses soutiens. Mais ce sont surtout les organisations syndicales et les organisations de défense des intérêts des masses populaires, accusées d’être des courroies de transmission du Parti Communiste Révolutionnaire Voltaïque (PCRV), qui sont dans le collimateur du pouvoir militaire.
La répression fasciste qui s’abat sur l’UGEB est une déclaration de guerre contre l’ensemble des forces progressistes et révolutionnaires au Burkina que qu’Ibrahim Traoré et son gouvernement voudraient décapiter.
Alors que les opérations d’embrigadement s’intensifient en direction des femmes, de la jeunesse, les pressions sont énormes sur la CGT-B et sur l’ensemble des syndicats, mais aussi sur les organisations de défense des droits de l’homme, comme le MBDHP, empêchées d’enquêter sur les victimes des attaques terroristes et sur les crimes du régime.
Dans un communiqué du 25 mai, l’UGEB « prend à témoin l’opinion nationale et internationale des violations graves des libertés et franchises universitaires par le pouvoir du MPSR2 » . Elle « exige la libération immédiate et sans conditions » de ses camarades. Mais elle ne baisse pas les bras. Elle appelle, au contraire, les étudiants « à se mobiliser et à se tenir prêts pour tout mot d’ordre que l’évolution de la situation exigerait ».
Cet appel à la solidarité – qui passe par faire connaître les crimes du régime et les résistances populaires qu’il ne parviendra pas à étouffer, ainsi que l’intégralité de sa déclaration du 19 mai –, sont consultables sur notre site.
Nous tenons à exprimer notre solidarité de lutte avec le PCRV, l’UGEB et toutes les organisations qui se battent pour défendre les travailleurs, la jeunesse, les paysans, les populations déplacées… Le PCRV a toujours combattu l’impérialisme français. Nous dénonçons fermement le régime putschiste au pouvoir qui réprime les forces qui ont été à la pointe du combat contre la domination impérialiste, en premier lieu, l’impérialisme français. ★
