Parti Communiste des Ouvriers de France

Les dirigeants du PS, roue de secours de Macron et du système
12 novembre 2025

Le signal a été donné aux universités d’été du PS : l’heure est à la clarification des alliances et des objectifs politiques. Bayrou, qui préparait le budget avec l’obsession de la réduction drastique de la dette, venait d’annoncer qu’il demanderait un vote de confiance début septembre. Les dirigeants du PS ont très vite annoncé qu’ils ne voteraient pas la confiance, ce qui signifiait la chute de Bayrou. Ils ont surpris beaucoup de militants présents à l’université d’été, en expliquant travailler à un contre-budget et en disant ouvertement qu’ils étaient prêts à « prendre leurs responsabilités » et à proposer leur secrétaire général, O.  Faure comme premier ministre, en cas de chute du gouvernement Bayrou.

Leurs arguments : éviter une nouvelle dissolution, dont le RN serait le principal bénéficiaire, et accessoirement dévastatrice pour le PS, tirer parti des difficultés de Macron et de sa majorité toute relative en se disant prêt à gouverner, dans une sorte de cohabitation.

Cette posture signifiait la rupture avec LFI, qualifiée d’extrémiste, en s’appuyant notamment sur les déclarations de J.-L. Mélenchon qui multipliait les critiques vis-à-vis du PS et faisait de la démission de Macron l’objectif politique principal. Ces divergences de fond venaient s’ajouter à d’autres, notamment celles sur le positionnement vis-à-vis de la Palestine. Le calcul des dirigeants du PS était que les autres composantes du NFP n’avaient pas d’autre choix que celui de les suivre, qu’ainsi le PS reprendrait la place de leader de la gauche de gouvernement.

Le gouvernement Bayrou tombait, comme prévu, encore plus «  lourdement  » début septembre, suite à l’annonce d’un budget violemment antipopulaire, symbolisé par le montant des économies à réaliser  :

44 milliards, qui allaient peser essentiellement sur les travailleurs et les masses populaires.

Faure s’est déclaré candidat au poste de premier ministre, mais Macron n’en voulait pas. Il avait un fidèle, Lecornu, qu’il allait charger de négocier avec le PS. S’en est suivie la séquence des gouvernement Lecornu 1 et 2, avec des promesses de discussions et de négociations en vue d’aboutir à des compromis, pour arriver à élaborer un budget et à donner « de la stabilité » au pays. Lecornu a fait du PS son principal interlocuteur. L’annonce de ne pas recourir au 49.3 pour faire passer le budget était le gage donné à ce dernier qui en avait fait une de ses exigences.

Du coup, les dirigeants du PS ont annoncé qu’ils ne voteraient pas la censure du gouvernement Lecornu 2 dès lors que certaines de leurs « exigences » étaient prises en compte : le retrait de la réforme des retraites et l’instauration de la taxe Zucman sur les super riches en étaient les plus significatives.

Nous n’allons pas, ici, détailler ce qu’il en est devenu : un article y est consacré dans ce journal. Mais nous pouvons faire le constat que Lecornu, grâce à la coalition des macronistes, des droites et du RN, a déjà balayé l’essentiel des mesures s’en prenant aux grandes entreprises et aux grandes fortunes. Et si une taxe proposée par les partis de gauche sur les multinationales a été votée, avec l’appoint des voix du RN, dans le cadre de l’examen des recettes du budget de l’Etat, il n’y a aucune garantie au stade actuel pour qu’elle soit adoptée définitivement.

Cela n’a pas empêché O. Faure et Cie de parler des victoires arrachées et de continuer à dire qu’ils ne censureraient pas le gouvernement, si d’autres «  victoires  » étaient obtenues.

Les dirigeants du PS s’évertuent à convaincre l’oligarchie de leur disponibilité et de leur capacité à participer à la mise en œuvre de la violente politique anti-ouvrière et antipopulaire contenue dans le budget qui sortira, d’une manière ou d’une autre, des discussions au parlement, amendé, voté ou même rejeté.

Cette longue séquence, qui n’est pas encore finie, a des effets sur les mobilisations sociales, du fait des illusions semées sur les possibilités d’atténuer l’ampleur des attaques, comme le prétend le PS. Mais elle a également mis en lumière le fait que ce budget est bien celui de l’oligarchie, que c’était elle qui exigeait les «  économies  » sur le dos des travailleurs et des masses populaires, pour continuer à bénéficier des aides et exonérations de tous types, à accaparer une part toujours plus importante de la richesse produite. ★