Les marches du 28 septembre ont lié justice sociale et justice climatique 10 octobre 2025
Climat, justice, liberté, c’est sous ces slogans qu’ont été appelées en France, le 28 septembre, les « marches des résistances ».
Lancées par un collectif d’associations et de syndicats (1), ces marches s’inscrivaient dans un appel international des peuples autochtones d’Amérique latine et d’Océanie :
« En septembre, à l’initiative de peuples autochtones de toute l’Amérique latine et dans le cadre du mouvement Draw The Line, une mobilisation mondiale s’élèvera à quelques semaines de la COP30, qui se tiendra à Belém au Brésil. Les marches des résistances ne seront pas que des marches.
Ce sera un acte collectif de résistance et de création, joyeux et déterminé.
Un carnaval, mémoire vivante des luttes populaires et décoloniales, porté par l’espoir autant que par l’indignation. Chaque chant, chaque banderole, chaque marionnette sera un cri pour dénoncer les responsables du chaos : les multinationales fossiles et agro-industrielles, les marchands d’armes, les ultra-riches et les forces politiques ultraconservatrices qui les protègent . » 320 organisations et syndicats ont signé cet appel dont de nombreux collectifs anticolonialistes et antiracistes. 600 marches et actions ont eu lieu dans 85 pays du 15 au 21 septembre pour réclamer la fin du recours aux énergies fossiles, principales causes du réchauffement climatique. Ces marches ont été particulièrement importantes à Londres (10 000 manifestants), à New York (25 000), et en Allemagne (50 000).
73 rassemblements ont eu lieu en France (Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Nantes, Paris,…) avec des participations relativement modestes en nombre mais pleines d’énergie et de conviction.
En plein recul des politiques environnementales dans l’UE et en France, avec une administration trumpiste non seulement climato-sceptique, mais très agressive contre les organisations et les militants pour le climat, ces marches étaient d’abord « un acte collectif de résistance », « un refus de se résigner ».
A Paris, ce fut notamment le rendezvous de toutes les associations de la région qui se mobilisent contre un projet concret destructeur de l’environnement et nocif à la santé des populations. C’était par exemple le collectif contre l’agrandissement de l’aéroport de Roissy, celui contre le canal Seine/Nord Europe, ou encore celui contre l’incinérateur de Créteil,… Les journalistes, qui ont recueilli la parole des manifestants et ont été attentifs aux nombreuses pancartes et drapeaux, notaient que ce qui unissait les participants aux marches était de trois ordres : contre l’extrême droite , qui, faut-il le rappeler, est dans le déni du dérèglement climatique, pour taxer les riches , et soutenir la lutte du peuple palestinien.
D’ailleurs, à Paris comme en province, le drapeau palestinien était partout présent. A noter aussi la présence du drapeau kanak dans plusieurs cortèges.
A Paris, le reportage photographique réalisé par les journalistes du site Reporterre montre bien ces exigences : « Justice climatique, et sociale, même combat », « Des écoles, des hôpitaux, pas de cadeaux pour Bernard Arnault », « Pour notre survie, taxer les riches, financer la transition », « Fin de l’empoisonnement : abrogation loi Duplomb, plan chlordane ». Et le grand drap noir « Ecocide, sexisme, grossophobie, racisme, génocide », avec au-dessus les têtes de Marine Le Pen, Vincent Bolloré, du patron de Total et celui de Netanyahou n’est pas passé inaperçu !
Si ces marches avaient comme principal objectif de remettre la question écologique sur l’agenda politique, elles avaient aussi le souci de créer un pont de mobilisation entre les journées du 10 et 18 septembre et celle annoncée du 2 octobre.
Dans le climat de mobilisation sociale actuelle dans notre pays, la question climatique devient toujours plus partie prenante du combat pour un autre système social. ★
