Les militants au rendez-vous du 2 décembre 03 décembre 2025
Ce qui ressort des mobilisations du 2décembre, appelées par la CGT, Solidaires e la FSU : des mobilisations de militants, réduites en nombre de participants, mais déterminées. Les militants tiennent à montrer que c’est vraiment NON au budget, voté ou non, rejeté et toute autre « solution », car ce qui est visé par le gouvernement, la droite, l’extrême droite et, dans les faits, le PS, c’est de vouloir imposer l’austérité au plus grand nombre, de poursuivre les aides publiques aux monopoles, qu’ils licencient ou pas, pourvu qu’ils soient compétitifs, et l’augmentation du budget pour la guerre.
Là où il y a des luttes, des mobilisations, pour les salaires, contre les licenciements, contre la répression antisyndicale, le 2 décembre a permis à ceux et celles qui se battent, de se retrouver dans la rue, avec les autres militants.
C’est ce qui s’est passé dans l’Isère- autour des travailleurs et militants de Teisseire (205 licenciements), STMicroelectronic, Soitec… et des livreurs, venus avec leur chasuble CGT, exprimer leur solidarité et expliquer leur combat, en tant que livreurs, en tant que travailleurs sans toit, en tant que travailleurs sans papiers, qui se battent.


C’est ce qu’on a vu à Vendôme où autour des menaces de licenciements chez Brandt, où une centaine de militants et de travailleurs locaux ont manifesté.
Par de-là la question du nombre, les discussions entre les uns et les autres se sont menées autour du fait qu’effectivement « la défense de nos intérêts, ce n’est pas au Parlement » que ça se passe.
Dans le Nord, le 2 a été l’occasion d’exprimer le soutien des syndicats CGT avec le secrétaire général de l’UD, JP Delescaut qui passait en jugement pour avoir exprimé son soutien au peuple palestinien, juste après le 7 octobre.
Strasbourg
Pas de manifestation dans le centre de Strasbourg qui est « bouclé » quasi en état de siège pour le marché de Noël. Pour s’y rendre, fouilles des sacs, interdiction de panneaux, de drapeaux, même de sigles syndicaux, pour tout le mois. 200 militants se sont retrouvés sur la Place de la République à Strasbourg à l’appel des syndicats des travailleurs et étudiants (UD CGT 67 – F.S.U. Alsace – Solidaires Alsace – FSE – AES).
Une expression de la colère très forte contre ce budget qui frappe la population, les travailleurs, les plus pauvres et les précaires. Le personnel de l’école Marcelle Cahn du quartier de la Poterie à Strasbourg était massivement en grève. Une enseignante syndicaliste témoigne : « Nous manquons fortement d’AESH pour pouvoir enseigner correctement. Nous accueillons de nombreux enfants en situation de handicap dans les classes Ulis[2] , mais nous n’avons pas l’effectif nécessaire pour les encadrer. L’enseignement de toute la classe s’en ressent ; il est souvent difficile de faire cours. » Un de leurs panneaux disait « Inclusion sans moyens = Maltraitance institutionnelle »
Les militants présents avaient besoin d’échanger sur la situation. Une des discussions portait sur la complexité de la situation face au vote du budget. « Le 10 et 18 septembre, c’était plus facile. Les salariés venaient sur une revendication très concrète, empêcher qu’on leur vole deux jours de congés. Aujourd’hui, c’est moins évident pour les salariés. A l’étape actuelle, le budget reste abstrait, d’autant qu’avec les tractations politiques, les allers-retours parlementaires, les tartuffardes politiques, … les gens ont du mal à se mobiliser/se positionner. Ils sont bien sûr contre les mauvais coups du gouvernement, mais ils ne voient pas de perspective immédiate, comme en septembre ».
[2] ULIS : Unités localisées pour l’inclusion scolaire



Tours
La manifestation appelée par les syndicats CGT, FSU, Solidaires 37 et la FSE (Fédération Syndicale Etudiante) a rassemblé entre 400 et 550 personnes, surtout des forces militantes. Il y avait aussi de jeunes lycéens, qui avaient bloqué leur lycée pour protester « contre Parcoursup et l’austérité », des retraités, des ouvriers de la SKF, Cheminots, enseignants… Un appel a été lancé à la fin pour soutenir les grévistes de l’hôpital pour enfants Clocheville en lutte pour leurs conditions de travail ; des vies bousculées par les changements de planning et des équipes trop restreintes. Une AG était prévue l’après-midi devant la direction de l’hôpital de Tours après un rassemblement d’une centaine de personnes qui avait eu lieu le 26 novembre. Les lignes commencent à bouger sur les plannings mais elles restent mobilisées pour, entre autres, que le droit aux congés reste un droit effectif.


