Parti Communiste des Ouvriers de France

Les travailleurs et travailleuses de Bosch Vendôme ont fait plier le groupe !
12 novembre 2025

Après de nombreux débrayages pour contraindre Bosch à négocier, les travailleuses et les travailleurs de l’usine de Vendôme entamaient une première grève totale le 25 septembre dernier. (Cf La Forge 679 – Octobre 2025) La direction de l’entreprise n’avait pas envisagé que les salariés s’engageraient aussi massivement dans une grève sans limitation de durée (90 % de grévistes). Dès le deuxième jour, elle appelait à la reprise du travail en contrepartie de la réouverture des négociations, du paiement des jours de grève et de l’abandon de poursuites pénales pour le blocage de l’expédition des produits finis. La multinationale a suspendu le respect de ces propositions à la signature d’un accord de fin de conflit comportant l’engagement des organisations syndicales à ne pas appeler à la reprise de la grève.

Après consultation des salariés, l’intersyndicale menée par la CGT a accepté de signer l’accord pour la reprise des négociations. Forte de cette reprise du travail et de la neutralisation des organisations syndicales via l’accord de fin de conflit, la multinationale ne concède que la prolongation des mesures contenues dans la dernière Rupture Conventionnelle Collective (RCC) et ce jusqu’en 2030 ; le maintien de la mutuelle, de la prévoyance et du télétravail mais rien concernant le maintien des accords collectifs.

Or, ces accords arrachés depuis plus de vingt ans garantissent aux travailleurs des éléments de salaires conséquents pouvant aller jusqu’à 200 à 300 euros par mois et par salarié selon l’accord sur le temps de travail. Mais, pour l’entreprise, éliminer la pérennité de ces accords est un objectif essentiel afin de pouvoir vendre la boîte.

Face à l’intransigeance de la direction, les salariés et l’intersyndicale, réunis à 5 heures du matin, le 2 octobre, votent la reprise de la grève totale comme du piquet de grève. Dès le jeudi 2 et le vendredi 3 octobre, 95 % des salariés arrêtent le travail et se déclarent prêts à poursuivre la grève jusqu’à ce que la multinationale cède.

Après une manifestation interprofessionnelle dynamisée par leur grève, la solidarité ouvrière avec les « Bosch » grandit et la caisse de grève se met en place.

La stratégie de la division entre les salariés et l’intersyndicale tentée par la direction a échoué. La mobilisation autour de revendications partagées et claires est solide. Elle est la garante de l’unité des travailleuses et des travailleurs en lutte. En effet, depuis des mois, les salariés ont compris que la décision de la multinationale est d’arriver à externaliser les conséquences sociales de l’abandon de Bosch Vendôme lors de la vente de l’usine.

Plutôt que de poursuivre la chimère d’un nouveau « projet industriel » pour penser maintenir Bosch à Vendôme, les travailleurs ont engagé la lutte sur des mots d’ordre unitaires : « C’est à Bosch de payer la casse sociale à venir » et « il sera temps demain de nous battre pour nos intérêts contre le nouveau propriétaire ! » Face à la détermination des salariés, la multinationale a proposé, le 6 octobre, le maintien de l’accord « organisation du temps de travail » sur 36 mois. Une première avancée, ce qui n’a pas empêché la poursuite de la grève.

Le 7 octobre, la direction propose une prime de 5 000 euros par salarié sans condition et s’engage à ne pas fermer le site avant la cession prévue pour mars 2026. Sur la base de ces avancées, un référendum est organisé le jour même, qui valide les propositions faites par l’entreprise et arrachées par la grève.

Les travailleurs et travailleuses de Bosch ont préservé le maintien de leurs accords collectifs garantis jusqu’en décembre 2030 ; obtenu la garantie de Bosch jusqu’en février 2029 concernant les indemnités de rupture en cas de licenciement (c’està-dire des primes supra légales en moyenne de 40 000 à 60 000 euros par salarié) ; des départs en préretraite négociés lors de la dernière RCC en cas de PSE et le maintien de l’ensemble des primes conventionnelles (300 à 600 euros par salarié).

Entre le paiement des jours de grève, les pertes de production et la garantie des accords, le prix à payer pour Bosch s’élève à plusieurs millions d’euros. Forts de cette lutte unitaire et victorieuse, les travailleurs de Bosch sont prêts, le 2 décembre, à reprendre le chemin de la lutte contre le budget de méga-austéritée et pour leurs salaires. ★



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