Parti Communiste des Ouvriers de France

Les USA veulent mettre au pas l’Amérique latine
12 novembre 2025

Cela fait plusieurs semaines que l’impérialisme US a engagé des opérations militaires de déstabilisation du Venezuela . La CIA a été officiellement autorisée à y mener des actions secrètes. Le prétexte initial de la lutte contre le narcotrafic, dont Maduro serait le chef de file, a fait long feu. Après une multiplication d’attaques dans le Pacifique et la mer des Caraïbes contre des bateaux accusés d’acheminer de la drogue, l’armée américaine est passée à une étape supérieure. Plusieurs bateaux de guerre, dont le plus gros porteavions et un sous-marin nucléaire, croisent au large des côtes vénézuéliennes. Autre signe : l’attribution du prix Nobel de la paix à la dirigeante d’extrême droite vénézuélienne (surnommée « la Pinocheta ») qui a lancé plusieurs appels à l’intervention des USA pour renverser le régime de Maduro qui entretient des relations étroites avec des pays considérés comme ennemis par l’impérialisme américain — Cuba, la Chine, la Russie et l’Iran. Même si Trump ne le dit pas ouvertement, il maintient ouverte la possibilité d’une attaque terrestre dans le but d’imposer un changement de régime acquis à ses intérêts.

Face à l’agression impérialiste, les camarades du Parti communiste marxiste-léniniste du Venezuela travaillent à la formation d’un Front populaire antifasciste et anti-impérialiste, visant à organiser la résistance nationale et internationale  :

« L’ escalade des menaces impérialistes et notre réponse s›intensifient.

D’un côté, ils rapprochent leurs troupes d’ invasion ; de l’autre, nous approfondissons les préparatifs pour poursuivre la lutte, que ce soit par des moyens pacifiques ou par la guerre révolutionnaire, expression la plus élevée des contradictions fondamentales de l›époque impérialiste. »*Les menaces étasuniennes se sont élargies à la Colombie dont le président social-démocrate Petro a pris des positions en pointe sur la dénonciation de l’Etat sioniste et sur le soutien des Etats-Unis à cet Etat génocidaire et d’apartheid. Trump est même allé jusqu’à menacer de suspendre son aide à ce pays après avoir révoqué le visa du président colombien pour avoir critiqué la présence militaire américaine dans les Caraïbes.

Les deux régimes ont en commun de s’opposer à l’hégémonie de l’impérialisme US et d’être à la tête de pays qui ont de grandes ressources très convoitées. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, qui échappent au contrôle des monopoles étasuniens.

La Colombie quant à elle possède également d’importantes réserves de pétrole, de gaz et de houille mais aussi de nombreuses richesses minières (nickel, platine, cuivre, émeraudes et autres métaux rares) et de nouveaux gisements massifs d’or et d’argent viennent d’être découverts. Avec des valeurs exceptionnelles (1877 grammes d’argent et 4,26 grammes d’or pour une tonne alors qu’en général ces valeurs ne dépassent pas 100 grammes pour l’argent et 1 ou 2 grammes pour l’or), cette découverte pourrait selon le Journal économique « bouleverser les évaluations économiques du secteur minier mondial » et « transformer radicalement l’industrie minière mondiale ».

En Argentine , le libertarien Milei, grand admirateur de Trump, a remporté un succès inattendu lors des élections législatives  ; il faut dire que le chantage aux 20 milliards de dollars d’aide promis par Trump, si et seulement si «  son ami  » Milei gagnait, a certainement joué un rôle dans ce résultat, tant la situation économique de larges secteurs de la population s’est dégradée.

Au Brésil , les ambitions étasuniennes ont été revu à la baisse après la défaite et l’incarcération de Bolsonaro. Mais si les grands projets d’exploitation forestière et agricole sur les terres amazoniennes ont connu un ralentissement spectaculaire depuis la réélection de Lula, le lobby de l’agro-négoce reste très influent au Parlement et exerce une pression constante sur le gouvernement pour qu’il assouplisse la législation environnementale. Concernant la présence de l’armée américaine dans les Caraïbes, Lula n’est pas monté au créneau, se contentant de dire que « les interventions étrangères peuvent causer des dommages plus importants que ceux qu’elles prétendent éviter ». ★