Parti Communiste des Ouvriers de France

Liban : Nouvelle guerre d’agression d’Israël
09 avril 2026

Cela fait maintenant plus d’un mois que le Liban subit une nouvelle offensive militaire de l’Etat sioniste. Un mois de bombardements incessants dans le Sud du pays et sur Beyrouth, et pas seulement sur les quartiers sud majoritairement chiites, mais partout où, selon Israël, se cachent des infrastructures ou des militants du Hezbollah ou d’éventuels combattants du mouvement réfugiés à Beyrouth … dans les rues ou sur les plages de la ville où s’entassent des milliers de réfugiés du Sud du pays. Plus de 1 300 morts et de 3 700 blessés en un mois et plus d’un million de déplacés soit un Libanais sur cinq. Une situation jamais vue auparavant dans un pays qui a pourtant connu depuis cinq décennies pas moins de quatre offensives israéliennes et une guerre civile qui a duré quinze ans.

Face à cette nouvelle agression sioniste, le gouvernement libanais oscille entre gages donnés à Israël, sur le désarmement du Hezbollah, qu’il est bien incapable de réaliser, et qu’il accuse de mettre le pays en danger… Le président libanais Aoun, qui vient des milieux de droite, ne peut guère compter sur le « soutien international » qui se résume à une aide humanitaire totalement insuffisante.

Le prétexte invoqué par Israël à cette nouvelle guerre contre le Liban, c’est un tir de roquettes du Hezbollah contre Israël, en représailles à l’assassinat du dirigeant iranien, Ali Khamenei, par l’armée sioniste. C’est donc en prolongement de l’agressions sioniste contre l’Iran. L’autre prétexte est le non-désarmement du Hezbollah. En novembre 2024, après plus d’un an de conflit entre Israël et le Hezbollah, le gouvernement libanais s’était engagé au désarmement du Hezbollah avant fin 2025, dans le cadre de l’application d’un cessez-le-feu conclu sous médiation américaine.

L’objectif premier d’Israël est d’abord d’affaiblir l’Iran militairement et économiquement et de se débarrasser du régime des mollahs iraniens qui, selon les dirigeants israéliens, représente une menace «  existentielle  » pour Israël de par ses capacités militaires et nucléaires. Son deuxième objectif, c’est la liquidation du Hezbollah. Celui-ci, en tant que tel, ne représente pas de menace réelle si ce ne sont quelques tirs de roquettes affectant les villages frontaliers quasi systématiquement interceptés par la défense israélienne. Mais pour Israël, c’est une atteinte à sa « sécurité » et en tant que principal «  proxy  » de l’Iran, le Hezbollah est un «  ennemi » à éliminer.

Comme pour ce qui se passe en Palestine (Gaza et Cisjordanie), Israël empêche que des journalistes documentent les crimes de guerre israéliens comme l’illustre les assassinats ciblés d’une voiture de presse dans le Sud du Liban. Cette politique vise à mettre le Liban à feu et à sang, à souffler sur les braises des divisions communautaires au risque de déclencher une nouvelle guerre civile et d’étendre le conflit à l’ensemble de la région.

Aujourd’hui, l’objectif affiché, c’est de réinvestir le Sud-Liban et d’imposer une nouvelle ligne de démarcation jusqu’au fleuve Litani, pour « assurer la protection de la frontière israélienne  ». L’armée israélienne occupe déjà 10  % du Sud-Liban et entend bien poursuivre son offensive terrestre, poursuivant ainsi son projet d’extension territoriale. Et ce ne sont pas les soldats de la FINUL, qui n’ont que le droit de se défendre et de se faire tuer, qui l’en empêcheront. Trois d’entre eux viennent de le payer de leur vie.

Netanyahou se heurte à la résistance du peuple libanais qui s’oppose à cette guerre d’annexion, qui fait craindre une destruction de plusieurs villes, à l’image de ce que pratique l’armée sioniste à Gaza. Netanyahou est aussi visé par des critiques qui viennent de l’état-major de l’armée sioniste. Pour mener des opérations sur quatre fronts  : l’occupation du Liban, l’extension du contrôle militaire sur la Cisjordanie, le bouclage de Gaza et les opérations en Iran, cela suppose plus d’hommes, plus de livraisons d’armes et de munitions de la part de l’impérialisme US, et une nouvelle hausse du budget militaire. Pas sûr que l’opinion publique israélienne pourtant majoritairement favorable à la guerre contre l’Iran le suive sur ce nouvel objectif qui ravive de douloureux souvenirs. La précédente occupation du Liban (1982-2000) a coûté très cher sur le plan financier mais surtout humain : 670 soldats israéliens y ont trouvé la mort. Pour rien. ★