Loi d’urgence agricole, une loi Duplomb bis ! 21 juillet 2026
Dans la nuit de lundi 20 à mardi 21 juillet, l’Assemblée nationale a voté la « loi d’urgence agricole » par 296 voix pour –à l’unisson de tous les députés macronistes, de droite et d’extrême droite- et 224 voix contre.
Ce texte, résultat d’un compromis en commission mixte paritaire, prévoit des dispositions très controversées sur la gestion et le stockage de l’eau, la lutte contre la prédation du loup, les revenus des agriculteurs, la facilitation administrative de l’agrandissement des élevages, …et la réintroduction des néonicotinoïdes ! Comme le souligne le journal Le Monde, ce texte « maintient l’objectif de doubler les capacités de stockage de l’eau en France et consacre l’affaiblissement de plusieurs outils de planification visant à assurer une gestion durable des ressources. Et il laisse aux préfets la possibilité d’intervenir pour permettre l’autorisation d’ouvrages de stockages de l’eau en dérogeant aux schémas d’aménagement et de gestion de l’eau. »
Alors que la pétition contre la loi Duplomb avait recueillie en 2025 plus de 2 millions de signatures, la possibilité de réintroduire des insecticides dangereux pour la santé est inscrite dans cette nouvelle loi !
Dénonçant un texte « qui ne répond pas aux attentes des agriculteurs et va à l’encontre de la santé des citoyens », le Collectif Nourrir, qui regroupe des associations paysannes et de protection de l’environnement, avait appelé à un rassemblement devant l’Assemblée nationale lundi soir pour maintenir la pression sur les députés.
Si la député (LFI) Aurélie Trouvé a dénoncé une « loi poison », et l’écologiste Delphine Batho : « un triste jour pour la santé publique, la nature et l’agriculture », la FNSEA, elle, s’est félicitée d’« un tournant majeur » et a rendu hommage aux députés qui « ont entendu la réalité du quotidien des agriculteurs ». La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, quant à elle, a salué sur X « les députés qui ont fait le choix de la responsabilité » en votant ce texte.
Encore une fois, le puissant lobby de l’agrobusiness et de l’agrochimie a pesé de tout son poids pour faire adopter une loi contraire aux intérêts de la majorité de la population et d’une partie de la paysannerie. Il est parvenu à faire passer l’intérêt d’une minorité de grands exploitants et des élevages intensifs, grands consommateurs d’eau, dans le contexte de fortes chaleurs et de sécheresse, qui menace la ressource en eau potable.
Le gouvernement Lecornu a joué leur jeu en refusant notamment de déposer un amendement supprimant l’article sur la réintroduction des pesticides.
La mobilisation contre cette politique va se poursuivre !
Mobilisation à Tours




A Tours, plus d’une centaine de personnes, ont répondu à l’appel de la Confédération paysanne, Greenpeace, Cancer Colère, et ont défilé contre la loi Duplomb 2, inclue dans la Loi d’Urgence Agricole, LUA, qui va entrainer la réintroduction de 2 néonicotinoïdes tueurs d’abeilles pourtant interdits en France. Mais cette LUA va également faciliter et doubler l’installation des mégas bassines, accélérant ainsi la privatisation de l’eau, avec aussi un risque de pollution, alors que nous sortons à peine d’une canicule historique, qui a mis de nombreux cours d’eau à sec. Elle vise aussi à permettre l’installation d’élevages intensifs géants de volailles ou autres animaux : on a vu également la mortalité dans ce type de mégas poulaillers à cause de la chaleur . C’est une loi faite sur mesure pour les plus gros exploitants agricoles de la FNSEA, qui ne tient aucun compte de la santé des populations et des animaux et vise uniquement à augmenter leurs profits. L’eau et la terre sont des biens communs, nous n’acceptons toujours pas leur privatisation.
