Mali : Le chaos en héritage 12 novembre 2025
La crise sécuritaire que traverse le pays depuis 2012 s’est encore brutalement aggravée ces dernières semaines. Les attaques djihadistes se multiplient et toute l’économie du pays est paralysée par le blocus des importations de carburant imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans affilié à Al-Qaïda.
Après les Etats-Unis et le RoyaumeUni, qui avaient annoncé l’évacuation de leur personnel « non essentiel », la France vient de recommander à ses ressortissants de quitter le pays « dès que possible », en évitant les déplacements par voie terrestre « car les routes nationales sont actuellement la cible d’attaques de groupes terroristes ». Tout le territoire est concerné, y compris la capitale Bamako, autour de laquelle l’armée malienne concentre ses forces.
Les militaires qui, comme leurs homologues du Burkina-Faso et du Niger, ont pris le pouvoir en promettant de rétablir la sécurité sont complétement dépassés. Cette situation de chaos est le résultat de dix années d’intervention militaire de la France, au prétexte d’éradiquer le terrorisme, et de l’incapacité de la junte militaire malienne à en venir à bout. L’impérialisme français a été obligé de partir. L’impérialisme russe, vers lequel Goïta s’est tourné, essaie d’en tirer parti. Il se paie sur la bête, mais ni la Russie, ni la France n’ont réglé le problème. Et pour cause !
Djihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l’Etat islamique, ou encore simples brigands, les groupes qui opèrent recrutent et se développent dans un contexte de misère, de pauvreté et de défaillance totale de l’Etat où chacun doit lutter pour sa survie.
Un renversement de la junte malienne par les groupes djihadistes aurait des répercussions au Burkina et au Niger qui forment avec le Mali la Communauté des Etats du Sahel. Dans cette situation extrêmement dangereuse, cibler l’opposition révolutionnaire comme le font aujourd’hui les putschistes burkinabè est criminel. Il ne peut y avoir de solution avec l’impérialisme – quel qu’il soit – et en dehors d’un mouvement populaire dirigé par des forces réellement anti-impérialistes. ★
