Manifestation des forces de l’ordre 12 février 2026
Ce samedi 31 janvier, le syndicat Alliance faisait un appel à la population pour soutenir les revendications policières, sur le thème « une police nationale en danger », dénonçant des conditions de travail « déplorables » et le manque de moyens.
Alliance, syndicat corporatiste, majoritaire dans la police, a reçu le soutien « indéfectible » de son ministre, Nunez : « le mouvement des policiers a tout mon soutien et toute ma compréhension », « Policiers, gendarmes : vous savez que vous pourrez toujours compter sur moi pour vous défendre. À l’Assemblée, sur le terrain, et partout où il le faudra, c’est ce qui m’anime depuis 20 ans ». Il a présenté un bilan positif de son action, s’enorgueillissant du recrutement de 12 500 personnes, de l’immobilier et des véhicules neufs.
Quand la santé et l’école sont à la peine et vont se voir encore dépouillées -–avec le budget d’austérité – de moyens pour travailler, le ministre de l’Intérieur peut afficher la progression du budget de son ministère :
100 millions d’euros supplémentaires, 1 000 emplois créés.
L’appel du syndicat a bien été entendu… par les ténors de l’extrême droite. Sous la banderole « Citoyens avec la police, stop à l’insécurité, stop à l’impunité », il y avait S. Knafo, Marion Maréchal-Le Pen, Thierry Mariani et Dupont-Aignan. Ailleurs, c’étaient Estrosi et Ciotti à Nice, ou le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, candidat à sa réélection.
Où étaient donc les 45 000 manifestants revendiqués par Alliance ? La mobilisation à Paris a été surévaluée à 15 000 participants, et la préfecture de police n’a pas donné de chiffres.
Dans la vingtaine de villes de province, c’est au maximum quelques centaines de personnes qui ont manifesté, ce qui donne moins de 5 000 manifestants au total.
Au sein de la confédération CFE-CGC, à laquelle Alliance appartient, de très nombreux syndicalistes ont été choqués par la présence des représentants d’extrême droite en tête du cortège. Ces réactions, tout comme la faible participation à la manifestation, témoignent que la partie n’est pas gagnée, loin de là, pour Alliance et pour ses soutiens de l’extrême droite. ★
