Parti Communiste des Ouvriers de France

Manifestation du 4 avril à Paris du « Printemps Bruyant » contre les pesticides
07 avril 2026

Une centaine d’organisations (Scientifiques en rébellion, Greenpeace France, Action justice climat, Confédération paysanne, Extinction Rébellion…) ont appelé à manifester le 4 avril à Paris contre les pesticides, la défense de la biodiversité, la préservation de la Santé.

Les manifestants-es demandaient l’arrêt de leur production et de son usage, obtenir justice et réparation pour les victimes, que ce soit en métropole et dans les Outre-Mer, notamment les populations des Antilles, sévèrement contaminées par le chlordécone. Antilles.

La manifestation était dynamique, très colorée avec une multitude de pancartes brandies pour défendre l’écosystème, les victimes de ces pesticides, la nature….

Le Collectif des ouvrier-ères agricoles et de leurs ayants droits (COAADEP) de Martinique empoisonnés par le chlordécone avait appelé à participer à cette manifestation pour, à nouveau dénoncer le scandale du chlordécone.

Aux Antilles la pollution est telle que ce produit, hyper toxique, utilisé sans précaution entre 1972 et 1993 contre les parasites de la banane, a provoqué et provoquera longtemps encore de multiples atteintes à la santé comme les cancers de la prostate, des anomalies dans le développement de la grossesse … Il va rester pendant des centaines d’années dans les sols, les rivières et le milieu marin proche des zones contaminées.

La justice française fait montre d’une lenteur bien coloniale face à ce crime. Un non-lieu a été prononcé en janvier 2023, soit 16 ans après le premier dépôt de plainte par les victimes de ce pesticide et les associations qui les représentent. Un appel suite à ce non non-lieu aura lieu le 22 juin 2026.

Le cortège regroupé autour de « Diasporas Solidaires avec les victimes de l’empoisonnement colonial » dans lequel était le COAADEP s’est fait remarquer par son organisation, sa cohésion et sa détermination. Pancartes, chants, prises de paroles dénonçaient le mépris colonial persistant et la toute-puissance des békés avec à leur tête Bernard Hayot (fondateur du groupe du même nom) principal acteur du commerce entre la France métropolitaine et la France d’Outre-mer.

En Martinique, seules 3,8 % de la surface cultivable peuvent servir aux cultures vivrières, le reste est essentiellement pour la banane et la canne à sucre. Il est interdit de produire ce qui peut concurrencer les produits de métropole comme le vin ou le fromage !

La persistance des discriminations, des inégalités, du racisme… du faitde la dépendance politique, économique coloniale (tout un symbole, le code noir n’est toujours pas formellement abrogé !) est durement vécue par les populations et le scandale du chlordécone en est en quelque sorte l’emblème.

120 millions d’euros ont été donnés aux planteurs pour l’arrêt de l’utilisation du chlordécone et toujours rien pour les victimes.

La dénonciation du scandale du chlordécone, une lutte à soutenir et une interpellation à poursuivre.