Manœuvres et coups de force, au service exclusif des monopoles (Total, budget de guerre, Kanaky, Françafrique…) 20 mai 2026
Le Billet de mai
Dans La Forge de Mai, nous avons dénoncé un « gouvernement de la provocation et des manœuvres pour servir les intérêts des monopoles ». En voici trois exemples significatifs.
« On a la chance d’avoir une major, Total qui produit du pétrole, le raffine, bloque les prix sur les ponts de mai : il faut le saluer », plutôt que de le taxer !
Le ministre du commerce relaie la position des Macron, Lecornu… qui refusent de toucher aux profits des profiteurs de guerre. Ces profits s’envolent et les masses populaires en paient le prix.
Il faudrait certainement aussi « saluer » les Thales, Safran, MBDA et autres marchands d’armement qui vont bénéficier de la hausse de 36 milliards de la « loi de programmation militaire » qui prévoit déjà 413 milliards, sur la période 2024-2030. Cette hausse qui a été votée au Parlement, puis passera au Sénat, début juin, pour pourvoir être annoncée comme un succès par Macron lors de son dernier discours du 14 juillet. Les caisses de l’Etat sont vides, mais pas pour financer les préparatifs de guerre.
La machine de propagande en faveur de la militarisation accélérée tourne à haut régime : il faut la contrer. Notre parti, avec plus de 70 organisations, à ce jour, a entrepris un travail d’explications, de mobilisation, en faisant connaître une pétition : « pas une arme, pas soldat, pas un centime pour leur guerre ». Elle est disponible sur notre site : https://pcof.net/signez-la-petition-non-a-leconomie-de-guerre-et-a-la-militarisation-de-la-societe/
Des initiatives sont prévues le week-end du 13, 14 juin autour du sommet du G-7, qui se tiendra à Evian, et du salon Eurosatory.
Kanaky : toujours le passage en force
Macron-Lecornu, désavoués en avril par le vote de la motion de rejet du projet de loi constitutionnelle qui voulait transcrire le texte de Bougival, complété par celui d’Oudinot-Elysée dans la constitution, sont revenus à la charge. Ils se sont appuyés sur la proposition de loi « organique » déposée par le sénateur LR, G Naturel, élargissant le corps électoral pour les élections provinciales et celles des membres du Congrès, fixées au 28 juin prochain. Les « natifs » (10 575 personnes nées sur le territoire) pourront ainsi voter à ces élections. Lecornu a voulu y ajouter « les conjoints », une des exigences des anti-indépendantistes qui veulent en fait la suppression pure et simple de toute limitation du corps électoral, pour verrouiller encore davantage toute possibilité d’ouvrir par les élections la voie à l’autodétermination du peuple kanak. Le 18 mai, le Sénat a voté le projet de loi (sans l’extension aux conjoints). Le Parlement est saisi du texte le 20. Le RN, la droite et les macronistes sont prêts à le voter.
Le FLNKS dénonce ce nouveau coup porté par l’Etat colonial, qui intervient deux ans après le soulèvement du peuple kanak (mai 2024), notamment de la jeunesse, suite au vote d’une réforme du corps électoral. Il participe aux élections du 28 juin, en présentant des listes dans les trois provinces.
Pour son dernier sommet France Afrique, Macron a choisi le Kenya. Annonçant une nouvelle fois la « fin » de la Françafrique, celle du « pré-carré » ; il ne s’intéresse qu’à l’Afrique « qui va de l’avant », et promeut « le temps des investissements privés ». A ceux qui lui demandent s’il n’est pas gêné de vanter le régime en place au Kenya (responsable des 150 tués lors des émeutes de 2024-2025) contre la corruption et la vie chère, il répond que les manifestants « demandaient des opportunités économiques » (!) et que c’est bien cela que les 1500 chefs d’entreprises français et africains invités à ce sommet, sont venus apporter. Parmi eux, il y a l’ami multimilliardaire Saadé, propriétaire du monopole logistique et de transport CMA CGM, qui veut développer ses activités dans l’Afrique anglophone, comme l’a fait son concurrent Bolloré en Afrique francophone.
Le ministre des affaires étrangères, Barrot, ajoute, que « la Russie a été mise en échec en Afrique » laissant entendre cyniquement que les régimes des Etats du Sahel qui lui font confiance n’auraient pas dû rompre les liens militaires avec l’impérialisme français.
Dans son bilan d’autosatisfaction des années Macron vis-à-vis du continent africain, il ose même parler de l’accueil exceptionnel des étudiants (10, 150, 100 fois plus que la Chine, la Russie, les USA), au moment où les mobilisations se développent dans les universités en France, pour dénoncer les sommes exorbitantes (plusieurs centaines d’euros) exigées pour leur inscription.
