Militants de la CCAT poursuivis ; le non-lieu pour un dossier “vide” est une victoire 09 juin 2026
Article de la Forge de juin 2026
Le non-lieu pour 7 militants.e.s kanak de la CCAT prononcé par les juges d’instruction de Paris constitue une victoire juridique pour eux et tous les militants, avocats, collectifs de soutien… qui sont mobilisés depuis leur arrestation et déportation en 2024.
Un non-lieu signifie que les juges ont estimé qu’il n’y avait pas de preuves qu’ils aient « commandité les violences de mai 2024 », et toute la série d’accusations portées contre eux, allant jusqu’à la « complicité de tentative de meurtre » et autre accusation de « vol en bande organisée avec arme » ou de « participation à association de malfaiteurs ». D’ailleurs, plusieurs de ces accusations ont été abandonnées au fil du temps : presque deux ans (mai 2024 à mai 2026). Cette décision concerne les 14 militants arrêtés.
L’Etat n’accepte pas cette décision et le parquet a fait appel, estimant qu’il y avait encore des investigations à faire, laissant entendre qu’il ne renonce pas à faire juger les militants kanak pour des accusations qui pourraient leur valoir des condamnations. Cet acharnement judiciaire traduit la volonté de continuer à les harceler et montrer qu’ils sont toujours à la merci d’une justice coloniale.
Ce non-lieu signifie que toutes les accusations exprimées par les plus hautes autorités de l’Etat, en premier lieu Macron, Darmanin (qui a traité la CCAT de groupe maffieux), des responsables politiques qui ont repris les mêmes accusations à Paris et les anti-indépendantistes qui n’ont jamais cessé de vomir sur les organisations indépendantistes (Backès traitera publiquement C. Téin de « terroriste ») méritent d’être non seulement dénoncées, mais devraient même être poursuivies. Ces mêmes Backès, Metzdorf et Cie qui persistent dans leurs calomnies et en font un argument pour leur campagne électorale pour les provinciales, pour radicaliser leur base sociale et électorale.
Ce non-lieu n’efface pas les arrestations, déportations, les violences policières qui les ont accompagnées, les humiliations… et la mise à l’isolement pendant des mois. Et que dire des frais d’avocats, même si beaucoup ont défendu de façon militante, les frais de voyage – 17 000 km séparent Paris de Nouméa…
Ce non-lieu et sa négation par l’Etat colonial nous confortent dans la poursuite du combat pour permettre au peuple kanak d’accéder à sa pleine autodétermination.
Rappel historique
Après des semaines de manifestations massives et pacifiques, en Mai 2024, le peuple kanak se soulève contre le vote par le parlement français du dégel du code électoral.
Macron déclenche l’état d’urgence et envoie l’armée en Kanaky.
14 militant.e.s de la CCAT sont arrêté.e.s, dont 7 sont déporté.e.s.et enfermé.e.s dans des prisons de la métropole, en juin 2024.
La procédure judiciaire, avec des accusations pouvant entraîner de très lourdes condamnations, a été dépaysée de Nouméa à Paris en janvier 2025, malgré l’opposition du procureur de la cour d’appel de Nouméa. Les juges d’instruction du Tribunal de Paris ont décidé de mettre en liberté conditionnelle, en juin 2025, les détenus de la CCAT encore emprisonnés. En janvier 2026, ils annonçaient la fin de leurs investigations, ce qui obligeait le parquet à décider dans les trois mois des suites à donner. Le 5 juin 2026, les juges d’instruction prononçaient un non-lieu général.
Le parquet a fait appel.
