Parti Communiste des Ouvriers de France

Mobilisations contre les fermetures de classe dans l’Education nationale
07 juillet 2026

La canicule a montré une fois de plus l’impréparation de l’Education nationale face au réchauffement climatique et la légèreté, pour ne pas dire le mépris, vis-à-vis de la sécurité et de la santé de ses personnels et des élèves. Qu’importe les malaises et les salles surchauffées, il fallait ouvrir « coûte que coûte ». De la même façon, et en dépit de la vigilance rouge et de températures dépassant les 40°C, il a fallu maintenir le Brevet et les épreuves du baccalauréat (le grand oral). Le seul aménagement étant une « pause fraîcheur » ! Face à l’inaction gouvernementale, plusieurs syndicats ont déposé un préavis de grève pour permettre aux personnels de faire grève ou d’agir pour protester contre ces conditions indignes et d’exiger plus de moyens pour terminer l’année mais aussi pour la rentrée prochaine.

En effet, conséquence du budget voté et des économies faites sur l’Education nationale, 4 000 postes d’enseignants sont supprimés. La fermeture de nombreuses classes en primaire et dans le secondaire. ne feront que détériorer les conditions d’étude des élèves et de travail des personnels. La preuve en est fournie avec l’exemple du collège du Pays d’Orthe, situé à Peyrehorade, dans les Landes (40).

Les enseignants ont appris la mauvaise nouvelle en pleine canicule, alors qu’il faisait 42°C à l’ombre. Alors que le collège ne perd que 3 élèves par rapport à l’année dernière, ce sont deux classes qui disparaissent.

Le collège du Pays d’Orthe réussit l’exploit d’être l’établissement le moins bien doté en moyens humains du département avec 27,8 élèves par classe (la moyenne nationale est à 25). Si en 4 e les effectifs seront plus « légers » (26), ils se retrouveront à 28 par classe en 6 e , et 30 en 5 e et 3 e !

Sans compter que le nombre d’élèves à besoins particuliers et qui bénéficient d’aide humaine ne cesse d’augmenter. Pire, les élèves Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire), ne sont même pas comptés dans les effectifs, or ils existent bien  ! Ce qui fait que certaines classes vont dépasser les 30 élèves, sans compter les AESH qui les accompagnent. Les locaux deviennent donc totalement inadaptés et même dangereux.

Face à une telle situation, et c’est un fait rare, un préavis de grève local a été déposé par la section SNES-FSU de l’établissement sur les dates du 29 et 30 juin 2026. Une grève de la surveillance des épreuves de brevet a été décidé et cela représentait un tabou car tous les enseignants sont attachés à la réussite de leurs élèves, mais la situation est tellement dramatique qu’il n’y avait pas d’autres solutions pour se faire entendre et entamer un bras de fer. Le matin du 29 juin, l’ensemble des enseignants titulaires a fait grève et s’est rassemblé devant l’établissement, recevant le soutien de leurs collègues qui n’étaient pas de surveillance ce jour-là, de parents d’élèves et aussi du maire de la ville et de conseillers départementaux.

Les épreuves ont néanmoins eu lieu grâce à la « réquisition » des AED et de personnels administratifs. La lutte se poursuivra à la rentrée, avec un nouveau préavis de grève. ★