Parti Communiste des Ouvriers de France

Mort en stage d’un jeune lycéen de 15 ans
08 mai 2026

La mort d’un jeune lycéen de 15 ans, le 17 avril, dans le Gard sur son lieu de stage a une nouvelle fois illustré le danger des stages « d’observation » en entreprise des élèves de 3 e . (5 jours obligatoires depuis 2005), et ceux de seconde (15 jours à l’initiative du ministre Attal en 2024). Il faut à nouveau rappeler que l’entreprise n’est pas un lieu de « formation » mais peut s’avérer dangereuse pour les élèves, à l’inverse du discours des différents ministres de l’Education nationale.

En ce qui concerne les stages de seconde, ils ont essentiellement une visée occupationnelle pour les élèves, au moment où les enseignants sont pris par les examens ; ils n’ont aucun intérêt pédagogique. Et le ministre a beau dire qu’ils participeraient au choix de l’orientation dans la découverte des métiers, en fait ces stages reposent essentiellement sur le réseau familial et n’ont aucun rôle dans l’orientation puisque celle-ci se situe bien en amont.

Devant l’émotion provoquée par ce nouveau décès d’un jeune, le ministère a annoncé des « aménagements » de ces stages, sans renoncer cependant à cette idée, reposant sur une vision idéologique de l’entreprise qui formerait mieux que l’école. Ces aménagements consisteraient en des séquences plus courtes dans plusieurs entreprises, mais sans définir qui serait chargé de trouver les entreprises, ni qui encadrerait les déplacements, et avec quel budget… Plusieurs syndicats répondent à ces mesures décidées à la va-vite et sans concertation ni véritable étude que la seule mesure efficace est la suppression de ces stages d’observation inutiles et dangereux.

Plus généralement il faut aussi dénoncer les conditions dangereuses du travail des mineurs et des jeunes en entreprise (apprentis, élèves de Bac professionnel, salariés). Depuis des années, les gouvernements successifs organisent l’entrée toujours plus précoce des jeunes dans le monde du travail, en particulier des jeunes de milieux populaires, que ce soit sous couvert de stages ou d’apprentissage. Selon l’Institut national de recherche et sécurité, la fréquence des accidents de travail est 2,5 fois plus élevée chez les moins de 25 ans que pour le reste des salariés.

Depuis 2015, les procédures ont été « simplifiées », en supprimant l’autorisation préalable de l’inspection du travail en ce qui concerne les travaux dangereux pour les mineurs. Et les règles de sécurité et de contrôle sont régulièrement mises à mal.

Le 28 avril, Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail (proclamée par l’OIT) a été l’occasion de rappeler qu’on ne doit pas mourir ni souffrir au travail ou lors d’un stage, qu’on soit salarié.e.s, élèves ou apprenti.e.s. ★