Mouvement populaire en Equateur et au Pérou 12 novembre 2025
Equateur : Un mois de grève nationale contre les mesures antipopulaires de Noboa « Non au référendum de Noboa »
Cela fait maintenant plus d’un mois que la grève nationale lancée par la Confédération des nationalités autochtones de l’Équateur (CONAIE), l’Union nationale des éducateurs de l’Équateur (UNE), les syndicats et les organisations de jeunesse des mouvements sociaux équatoriens se poursuit. A l’origine du mouvement, l’effondrement du système de santé qui, dans un premier temps, a mis dans la rue les professionnels du secteur. Mais, très vite, ils ont été rejoints par l’ensemble du mouvement ouvrier et populaire pour dénoncer les coupes drastiques dans les budgets sociaux, la réduction des subventions au diesel, ce qui a entraîné une importante hausse du carburant et de divers produits, et contre les différentes mesures antipopulaires prises par le président milliardaire Noboa pour répondre aux exigences du FMI. En contrepartie d’un prêt de 5 milliards de dollars, ce dernier exige des mesures d’austérité et de démantèlement de la fonction publique, ce qui a abouti en juin au licenciement de 5 000 fonctionnaires et à l’approbation d’une loi antiterroriste pour freiner les manifestations.
12 provinces ont été placées en état d’urgence.
Face au développement de l’organisation populaire, la réponse du gouvernement réactionnaire de Daniel Noboa a été d’amplifier la répression.
Le 14 octobre, l’armée est violemment intervenue dans la province d’Imbabura pour dégager les routes, faisant plusieurs morts et de très nombreux blessés. Il s’est empressé de proclamer que la grève était finie mais les barrages routiers et les manifestations de rue se poursuivent à Imbabura et dans plusieurs provinces. Un mois après son déclenchement, la grève continue et le nombre de ceux qui la soutiennent augmente. Sous prétexte que la Cour constitutionnelle refuse de soutenir sa politique de lutte contre la délinquance et le narcotrafic, il a décidé en août de passer en force en organisant un référendum lui permettant de faire approuver par le peuple une nouvelle constitution, sa politique réactionnaire et de méga-austérité. La Cour a pour le moment invalidé la question portant sur la possibilité de convoquer une Assemblée constituante mais elle a autorisé celle visant à rétablir la possibilité d’installer des bases militaires étrangères en Équateur et une autre visant à limiter le financement public des partis politiques. Le référendum doit se tenir le 16 novembre sans que l’on sache encore quelles seront les questions finales. Pour le Parti communiste marxiste-léniniste d’Equateur (PCMLE), une seule consigne :
« Non au référendum de Noboa » , un Non à « l’autoritarisme », « à la politique d’austérité budgétaire, à la réouverture de bases militaires étrangères qui portent atteinte à la souveraineté et à la sécurité des citoyens » et qui constituent des bases d’agression de l’impérialisme US contre les peuples. Enfin un Non à « la décision antidémocratique de supprimer le financement public des partis politiques », ce qui laisserait la participation électorale entre les mains de ceux qui disposent de grandes fortunes ou des ressources du crime organisé ».
En conclusion :
« Le rejet de la politique gouvernementale et de la répression brutale déclenchée contre les manifestations s’est étendu jusqu’à la consultation populaire. … Le référendum deviendra un plébiscite sur la mauvaise gestion de Noboa, ouvrant de larges possibilités de victoire au Non. Tous les efforts doivent être concentrés sur cet objectif. »
Pérou : « Unis pour un Pérou que nous méritons »
Fin septembre, comme au Népal, au Maroc, à Madagascar… des milliers de jeunes Péruviens se revendiquant de la Génération Z et brandissant des pancartes avec ce mot d’ordre sont descendus dans la rue pour dénoncer la corruption du régime, la montée de la criminalité et l’amnistie accordées aux membres des forces armées et de la police accusés ou condamnés pour crimes contre l’humanité pendant le conflit armé des années 1980 à 2000.
Ils entendaient également protester contre les politiques économiques et sociales de la présidente de droite Dina Boluarte, notamment contre une réforme des retraites jugée particulièrement injuste. La réponse du pouvoir a été une répression violente des manifestants. Loin de calmer la contestation la répression n’a fait que l’élargir, agrégeant des secteurs entiers de la population péruvienne :
syndicats de travailleurs, femmes au foyer, chauffeurs, petits commerçants, artisans, artistes, associations… jusqu’à obliger le parlement à démettre la présidente de droite, soustraite à la colère populaire par un hélicoptère. Mais la nomination de son successeur, José Jeri, tout aussi réactionnaire et impopulaire, a été ressentie comme une véritable provocation et les manifestations ont continué. Le nouveau président a décrété l’état d’urgence pour tenter de juguler la contestation. Mais la colère face aux politiques antipopulaires, à l’insécurité et à la violence de la répression d’Etat sont toujours là et le feu de la contestation n’attend qu’une étincelle pour se rallumer. ★
