Parti Communiste des Ouvriers de France

« Non à Bougival », indépendance pour la Kanaky
22 mars 2026

Paris, 21 mars.

Manifestation réduite, en termes de nombre, mais très animée, avec une succession de prises de paroles, tout au long du trajet de République à la Nation. Plusieurs interventions ont porté sur les dangers du texte de Bougival qui devrait être soumis au parlement dans les prochaines semaines, après son adoption au Sénat. Des témoignages aussi sur le soulèvement du peuple kanak, en 2024, sur la répression de la police et de l’armée déployée durant des mois en Kanaky. La représentante de l’USTKE a donné des éléments concrets sur la situation économique et sociale catastrophique pour les populations kanak ; les licenciements et la fin des indemnisations du chômage, sur les discriminations dont les kanak sont l’objet dans la province sud, aux mains des anti indépendantistes. Sur le chantage ignoble exercé par l’Etat et les anti-indépendantistes, sur le thème des investissements, de la reconstruction des écoles, la remise en route des transports publics… en échange de l’acceptation de Bougival.

Des informations ont été données sur la situation des prisonniers déportés kanak, dans les prisons françaises, sur le travail de soutien concret organisé par la commission du CSK. Steeve Unë, libéré mais toujours inculpé, comme le sont ses camarades de la CCAT qui avaient été déportés, a rappelé le sens de leur combat, qu’ils continuent aussi bien en Kanaky comme en France.

Plusieurs représentants d’organisations anti colonialistes qui avaient signé l’appel à manifester, ont expliqué leur combat : Théo, du « collectif du 10 mai », un représentant de la Réunion, du Sahara occidental… ainsi qu’un représentant de Boussole Palestine.

Ont également pris la parole, Survie, Nazione (Corse), le Mouvement des Kanak en France (MKF), la Cellule de mobilisation Paris pour Kanaky, Révolution Permanente, la FSE, notre parti et le NPA Anticapitaliste.

Dans les prochains jours, on saura si le gouvernement présentera le texte à l’Assemblée nationale et quelle sera la position des députés, notamment ceux du PS, qui avaient dit qu’ils ne voteraient pas la loi Bougival.

Chers amis kanak

Chers amis qui soutenez le juste combat du peuple kanak

Chers militants anticolonialistes,

Nous sommes rassemblés aujourd’hui autour du drapeau kanak.

Ce drapeau flotte aujourd’hui à Paris, comme à Nouméa et dans d’autres villes, pour redire haut et fort que le peuple kanak veut son indépendance, qu’il continuera à le proclamer à la face des dirigeants qui veulent le maintenir sous la domination coloniale de l’impérialisme français.

Il ne cessera pas de se battre pour cet objectif et nous serons à ses côtés dans ce combat.

Macron – Lecornu, s’entêtent à parler d’accords sur l’avenir de la Nouvelle Calédonie, alors qu’il s’agit de textes rejetés par le FLNKS et une grande majorité des organisations indépendantistes.

Il s’agit d’accords entre l’Etat colonial et les secteurs réactionnaires qui veulent maintenir leurs privilèges, quitte à exclure le peuple kanak, avec les relents d’une politique d’apartheid.

Nous avons la responsabilité de mobiliser ici, pour empêcher ce nouveau coup de force, qui a commencé au Sénat – qui a déjà voté le texte dit de Bougival -Elysée – Oudinot- – et qui va se discuter à l’Assemblée nationale, et qui peut aller jusqu’à une adoption par le Congrès. Même si cela semble compliqué, vu notamment les délais, il faut amplifier la dénonciation de ce coup de force.

Mais au-delà de ces instances, sur lesquelles il faut évidemment faire pression, ce sont les masses populaires, les jeunes, que nous devons informer, alerter et mobiliser, pour développer la solidarité avec le combat du peuple kanak pour son indépendance.

Le travail d’explication est essentiel : les amis kanak, les collectifs de solidarité, le mènent et vont continuer à le mener.

La dénonciation concrète de la domination et de la répression coloniales en fait partie : cette solidarité avec les prisonniers doit se poursuivre.

Elle s’est développé autour des prisonniers, déportés, femmes et hommes, militants et dirigeants du FLNKS et de la CCAT – des dizaines de collectifs se sont créés alors. Il faut rester mobilisés, car la répression coloniale se poursuit et les charges continuent à peser sur les militants arrêtés.

Dans ces moments où les puissances impérialistes veulent dominer le monde, à coups de bombes, de guerres, de génocides : il faut développer la solidarité internationale avec les peuples qui résistent partout, de Palestine, au Liban, mais aussi en Iran, même si c’est difficile, et sur tous les continents.

Le combat pour l’indépendance de la Kanaky s’inscrit dans ce mouvement de résistance des peuples, contre l’impérialisme, le colonialisme, le néo colonialisme.

Et nous devons combattre l’impérialisme français qui veut garder « ses » colonies, qui sont autant de points d’appui et de bases militaires pour participer à la guerre de repartage impérialiste.

Raison de plus de soutenir le combat pour l’indépendance de la Kanaky, qui ne menace personne, qui est solidaire des peuples.

Faisons tout pour que le texte de Bougival soit retiré et définitivement abandonné.

Développons la solidarité avec le combat du peuple kanak, pour son indépendance.