Non à la guerre impérialiste contre l’Iran 09 avril 2026
L’Iran est la cible depuis le 28 février des bombardements étasuniens et israéliens, qui ont détruit des secteurs économiques et militaires importants, provoqué des morts par centaines, des déplacements massifs de populations. Mais le régime s’est visiblement préparé à cette guerre, ce qui se traduit par des capacités de frappes qui ont surpris leurs agresseurs. Ces derniers ont misé sur des mouvements de contestation internes, qui auraient affaibli le régime des mollahs. Ils ont aussi soutenu des mouvements séparatistes, notamment kurdes, qu’ils espéraient lancer dans des actions militaires en Iran-même contre les forces armées du régime.
La mort d’un soldat français au Kurdistan irakien, tué par un drone iranien, dans la région d’Erbil, est venue rappeler que l’impérialisme français participe aux côtés des militaires US et britanniques à ce déploiement militaire en Irak, depuis 2014.
L’Etat sioniste travaille depuis des années au renversement du régime iranien. Les dirigeants israéliens ont réussi à convaincre Trump de la nécessité d’une action militaire intense, plus importante que la dernière (la guerre des 12 jours en juin dernier), qui serait suivie de mouvements de révolte en Iran, le tout aboutissant au renversement rapide du régime.
Ces calculs se sont avérés faux . Les liquidations ciblées des dirigeants iraniens ne provoquent pas de débandade au niveau des forces armées. Et les capacités de l’Iran à frapper les bases US dans la région, à cibler les bateaux de l’armada US déployée, à contrôler le détroit d’Ormuz, à frapper les installations pétrolières et gazières des Etats du Golfe, à frapper Israël, restent importantes et ont visiblement été sous estimées.
Comme Trump l’a reconnu récemment, « les Iraniens n’étaient pas censés s’en prendre à tous les autres pays du Moyen-Orient. Nous avons été stupéfaits ». Rare moment d’autocritique, immédiatement suivi par ses fanfaronnades sur la victoire sur tous les plans.
Les bombardements massifs des USA et d’Israël n’ont pas réussi pour le moment à détruire les infrastructures nucléaires, ni à annihiler tous les missiles, ni à neutraliser les stocks d’uranium permettant notamment la fabrication de bombes atomiques.
Des critiques commencent à s’exprimer au sein même du mouvement trumpiste . Elles accusent les dirigeants du puissant lobby sioniste d’avoir influencé Trump pour qu’il engage cette guerre qui s’enlise et qui profite avant tout à Israël.
Ils s’inquiètent aussi des sommes englouties par cette guerre – un milliard de dollars par jour ! – ce qui nécessite le vote d’une nouvelle augmentation du budget du Pentagone, dans un contexte où la hausse du prix de l’essence touche les consommateurs US et que l’inflation reste élevée.
Cette contestation de droite vient s’ajouter à celle qui monte dans la population, qui voit que les profiteurs de guerre s’enrichissent, ainsi que les spéculateurs dans l’entourage du pouvoir, qui tirent profit des variations des cours du pétrole en lien avec les décisions chaotiques et contradictoires de l’administration Trump. Les cercueils de soldats US, même s’ils ne dépassent pas la dizaine pour le moment, viennent alimenter les craintes d’une escalade engageant toujours plus de moyens humains et militaires- avec la question lancinante et pragmatique sur les « buts de guerre » et sur les « intérêts des USA ». Chaque jour qui passe, le prix de l’essence augmente et l’inflation des prix des produits de grande consommation continuent à monter. Une partie de l’électorat de Trump se sent flouée.
La contestation de gauche , de la politique fascisante à l’égard des immigrés (dont la police de l’ICE est le symbole), de musellement de la contestation sociale et politique, la promotion des thèses réactionnaires antivax, anti-scientifiques et les attaques contre les populations défavorisées…, continue à se développer et fait le lien avec l’opposition à la guerre. De nouvelles manifestations d’opposants à Trump, sur le thème « ni Roi, ni ICE, ni guerre » ont rassemblé quelque 8 millions de personnes dans tout le pays. Cette contestation populaire se développe sans attendre grand-chose du parti démocrate, même si celui-ci s’active davantage en espérant tirer partie des élections de mi-mandat.
Trump cherche visiblement une sortie de guerre, tout en envoyant plus de forces militaires US dans la région.
Cette fois, ce sont des milliers de militaires des forces spéciales US qui sont envoyées dans la région, en vue d’opérations terrestres, complémentaires aux bombardements d’installations civiles, « pour faire revenir l’Iran à l’âge de pierre » .
« Deux ou trois semaines de bombardements massifs » seraient encore nécessaires, pour pouvoir annoncer la victoire de cette guerre. ★
