Non à la militarisation de l’école. Non à la loi Blanchet ! 10 juin 2026
Dans le cadre de la mise en place progressive d’une économie de guerre et d’une augmentation continue des budgets du complexe militaro-industriel, le gouvernement est à l’offensive pour « militariser » les esprits et surtout la jeunesse.
Après la journée défense et citoyenneté, le SNU, les classes défense et sécurité, le dernier avatar de cette campagne idéologique est arrivé sous la forme d’une proposition de loi du député Modem Christophe Blanchet.
La proposition de loi « visant à renforcer l’enseignement de la défense nationale dans le cadre du parcours de citoyenneté », dès la 6 e , a été examiné le jeudi 26 mars à l’Assemblée nationale.
L’enseignement des questions de défense nationale dans le cadre des programmes de l’enseignement moral et civique (EMC) existe depuis vingtcinq ans mais il est peu pratiqué dans la réalité. Cette proposition de loi vise donc à « restaurer l’esprit de défense » chez les élèves de collège et de lycée. Il faudrait, d’après le député, un cours structuré et obligatoire de défense globale, intégré à l’emploi du temps scolaire (sans alourdir les charges publiques) en s’appuyant sur des réservistes et en incitant les professeurs à s’engager dans la réserve L’objectif est simple :
« permettre à chaque jeune Français de comprendre la mission des armées, les enjeux de souveraineté et de résilience, et la place du citoyen dans la défense de la Nation ». L’article 1 de la proposition stipule :
« Un enseignement à la défense nationale et la sécurité globale est dispensé dans les établissements d’enseignement du second degré » et plus loin :
« Il peut associer des intervenants issus des réserves opérationnelles ou citoyennes ». Christophe Blanchet s’est inspiré de l’exemple des pays baltes et de la Finlande pour proposer sa loi. En effet, en Estonie, les lycéens bénéficient d’un cours obligatoire relatif à la défense nationale, structuré en 35 séances de 35 minutes. Afin de permettre à chaque jeune de comprendre la « mission des armées », le député souhaite que, de la classe de 6e à la terminale, des cours soient donnés avec la possibilité d’impliquer toutes les matières. L’enseignement serait transversal, approfondi en cours d’enseignement moral et civique (EMC), et reposerait sur les professeurs assistés ponctuellement par des réservistes citoyens et opérationnels. Le député n’hésite pas à dire que son projet de loi est un moyen de « faire nation » et de « réapprendre à aimer son pays » ! Bref de l’endoctrinement sous couvert d’enseignement à la citoyenneté. On est loin de l’idée de former des citoyens éclairés ! On se croirait revenu aux débuts de la III e République lorsqu’on bourrait les crânes pour préparer la « revanche » face à l’Allemagne.
En commission, cette proposition de loi avait été adoptée grâce à la droite et au Rassemblement national. Lors des interventions des orateurs des groupes, Roger Chudeau, du RN, salue l’initiative et rappelle qu’« à une certaine époque, il existait des bataillons scolaires » et que « chacun devait être capable de se battre et de donner sa vie pour [la patrie] ». Il ajoute alors que son groupe aurait aimé que cet enseignement « soit sanctionné par une épreuve au baccalauréat ». Voilà un bon exemple pour montrer ce qu’est devenu le « bloc central ».
Leurs idées sont tellement rances et réactionnaires qu’ils reçoivent un satisfecit de l’extrême-droite ! La loi a été adoptée en première lecture à l’assemblée le 26 mars par 70 % des voix (seul une cinquantaine de députés étaient présents). Le projet est arrivé au Sénat le 2 juin.
Alors que le gouvernement vient de supprimer 4 000 postes d’enseignants pour la rentrée prochaine, voici un nouveau dispositif dangereux qui se fera au détriment des autres enseignements. Cela représente des centaines de milliers d’heures soit 1 000 postes à temps plein et 10 à 15 millions d’euros de coût pris sur le budget de l’éducation nationale.
Cette mesure est vivement combattue par les organisations syndicales. ★
