Parti Communiste des Ouvriers de France

Non aux suppressions de postes et à la carte scolaire !
09 avril 2026

Le 31 mars 2026, les enseignants et les personnels de l’éducation étaient appelés à la mobilisation par une intersyndicale (FSU, Unsa, CFDT, CGT, SUD…) pour protester contre la suppression de 4 000 postes d’enseignants à la rentrée 2026. Dans le détail, ce sont1  891 postes qui seront supprimés dans le premier degré (écoles primaires) et 1  365 dans le second degré (collège et lycée) public. Aucun poste de conseil principal d’éducation ne sera créé alors que les besoins sont énormes.

Ces suppressions sont la conséquence de l’adoption d’un budget d’austérité, avec la complicité des députés PS qui n’ont pas voté la censure. L’un des principaux arguments utilisés par le ministre de l’Éducation nationale pour justifier ces suppressions c’est la baisse du nombre d’élèves, notamment dans le premier degré. Or, les classes françaises sont les plus chargées d’Europe et même des pays de l’OCDE. Dans les collèges, il n’est pas rare d’avoir 30 élèves par classe et 35 en lycée. Plutôt que d’en profiter pour alléger les effectifs par classe, le ministère s’entête dans sa logique comptable, ferme des postes, alors que, dans le même temps, il n’arrive pas à recruter et à mettre un enseignant devant chaque classe ! Edouard Geffray a même dit devant le Sénat (qui, lui, réclamait 8  000 suppressions de postes !) que ne pas supprimer de postes serait «  suicidaire  ».

« Le gouvernement applique une règle mécanique de suppressions d’emplois en fonction du nombre d’élèves, règle qu’il n’a jamais appliquée quand le nombre d’élèves augmentait », rappelle la secrétaire générale de la FSU. En effet 8 865 postes ont été supprimés depuis huit ans dans le second degré, pendant que 8  000 élèves supplémentaires étaient accueillis. Il faudrait créer des milliers de postes pour retrouver les taux d’encadrement de 2017.

Conséquence de ces suppressions de postes et de ce budget au rabais, la carte scolaire pour l’année 2026/2027 se dévoile peu à peu. C’est une véritable hémorragie et dans quasiment toutes les académies. Dans celle de Toulouse, le premier syndicat dans le primaire (SNUIPP-FSU) évoque la fermeture de 165 classes dans le premier degré, conséquence de la suppression de 94 postes d’enseignants. Les académies de Lille et Bordeaux figurent parmi les plus touchées avec, au total, 435 suppressions de postes d’enseignants dans la première et 285 dans la seconde. Avec les 172 fermetures de classes prévues à la rentrée 2026, ce sont près de 700 postes supprimés en quatre ans dans l’académie de Paris. Pour la rentrée 2026, seules 5 académies connaissent des créations d’emplois dans le second degré et seulement 2 dans le premier degré.

Ce sont souvent des académies qui ont déjà du mal à pourvoir les postes et qui ont recours massivement à des contractuels pour «  boucher les trous » : Créteil, Versailles, Mayotte et la Guyane.

Face à cette situation inacceptable qui ne fera que dégrader les conditions de travail des enseignants et d’enseignement des élèves, la mobilisation s’amplifie. Durant les mois de février et de mars, au niveau local, départemental ou académique, des actions ont eu lieu (manifestations, rassemblements, grèves, opérations « collège mort ») pour dénoncer les suppressions de postes. Le 31 mars, jour de mobilisation nationale, entre 25 et 30 % des enseignants se sont mobilisés et mis en grève (seulement 10  % d’après les chiffres du ministère). C’est un niveau de mobilisation comparable à celui du 10 septembre (mouvement « bloquons tout ») mais inférieur à celui de l’intersyndicale du 18 septembre. A Paris, des milliers de personnes (5  000) ont défilé. A Marseille, 800 personnes ont manifesté, dont 200 lycéens. Dans la matinée, des élèves ont bloqué l’entrée du lycée Montgrand, dans le centre de Marseille, dénonçant la réduction des moyens. D’autres lycées ont été bloqués à Albi et Nantes. A Clermont-Ferrand, où sont supprimés 105 postes, environ 200 personnes ont manifesté derrière la banderole « Pour l’école publique, contre les suppressions de postes ». A cette occasion, des actions « coups de poing » ont pu être menées comme dans les Landes à Arsague où les parents d’élèves ont muré l’accès à l’école pour dénoncer la fermeture d’une classe à la rentrée prochaine. ★