Parti Communiste des Ouvriers de France

Nous condamnons l’agression impérialiste des USA contre le Venezuela
13 janvier 2026

L’agression du Venezuela par l’armée US, le kidnapping du président et de son épouse et leur transfert immédiat et médiatisé aux USA pour être poursuivis pour trafic de drogue ont provoqué un vague de dénonciations, en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Europe, aux USA, en Asie. Si 7 gouvernements ont salué (1) cette opération, une dizaine l’ont clairement dénoncée (2). Le reste des gouvernements oscillent entre une critique plus ou moins formulée de la méthode et « appellent à la désescalade » et, bien plus, s’abstiennent de commenter.

Macron s’est d’abord réjoui que « le peuple vénézuélien soit débarrassé du dictateur  » , sans aucune critique de l’action des USA. Plusieurs jours après, et suite aux critiques et aux reproches d’un grand nombre de représentants de partis et d’organisations, il a déclaré que « la méthode utilisée par les Etats Unis n’était ni soutenue, ni approuvée  » et qu’il «  défendait le droit international  » .

Cela revient à dire qu’il était d’accord avec les objectifs de l’opération mais pas avec la méthode.

Nous avons pris position rapidement, comme l’ont fait de nombreuses organisations. Nous reproduisons cette prise de position qui a été diffusée par le parti dans les rassemblements qui ont été organisés le jour même et dans les jours qui ont suivi.

Cette prise de position porte d’abord sur le fond : nous dénonçons l’agression militaire de l’impérialisme US contre un pays, contre un peuple  ; une agression qui concerne tous les peuples. C’est un acte typique de domination impérialiste, domination qui s’exerce par la violence de classe ; celle de la classe dominante de l’impérialisme US contre un peuple qu’il veut dominer, mater.

C’est pour nous ce qu’il faut mettre au premier plan des dénonciations.

Ce que nous appliquons également quand nous dénonçons le caractère impérialiste de la domination qu’exerce l’impérialisme français sur les peuples des colonies et des néocolonies, illustrée notamment en Kanaky ou à travers la Françafrique.

Trump présente cette opération comme une opération de police interne, alors qu’il s’agit d’un acte de guerre. C’est pourquoi il s’est exonéré du respect formel des lois internes de la constitution américaine, qui prévoit de consulter le congrès pour déclencher une guerre avec un autre pays. Autrement dit, cette opération a aussi une dimension interne aux USA : la guerre intérieure que mène Trump et son administration aux USA mêmes, guerre contre les immigrés, contre les minorités, contre les «  démocrates  », les «  progressistes  »… et qui se traduit par le déploiement de forces armées dans plusieurs Etats des USA. Cet acte de terreur est la marque de fabrique de l’impérialisme US qui veut montrer qu’il peut agir comme il veut et où il veut et qui considère qu’il est « chez lui ». Trump reprend à son compte la théorisation de cette domination de l’impérialisme US sur l’ensemble des Caraïbes et de l’Amérique latine, la doctrine Monroe, qu’il prétend actualiser en l’adaptant aux conditions actuelles. Ces conditions, c’est que d’autres puissances impérialistes sont présentes et qu’elles contestent l’hégémonie de l’impérialisme US. C’est pourquoi, cette opération est aussi un avertissement adressé à ces autres puissances impérialistes – notamment la Chine – et le signal d’un changement dans les relations que l’impérialisme US veut instaurer.

Nous dénonçons le fait qu’il s’en est pris au président de ce pays, qu’il l’a capturé, qu’il a bombardé des sites civils et militaires, faisant de nombreuses victimes. Cette opération spectaculaire, qui est un message adressé à tous les peuples, a commencé bien avant, à travers les destructions de plusieurs embarcations dans la mer des Caraïbes, faisant une centaine de victimes, mettant en œuvre un blocus maritime du pays et de la région, de façon unilatérale.

Il a kidnappé le président et son épouse, les a déportés et prétend les juger.

Le prétexte – la lutte contre le trafic de drogue  – que Trump a mis en avant dans un premier temps, a rapidement cédé la place à l’affirmation des objectifs de pillage des ressources naturelles du Venezuela, à commencer par le pétrole, les minerais stratégiques… Il a mis en avant l’accusation de trafic de drogue, comme d’autres dirigeants étasuniens ont mis en avant la «  défense de la démocratie  », la «  défense des droits des femmes » et « la guerre contre le terrorisme  » pour justifier les dizaines de guerre d’agression contre des Etats en Amérique latine et dans le monde.

C’est pourquoi, nous pensons qu’il faut clairement dénoncer ces thèses comme de simples prétextes à l’agression impérialiste.

C’est une question qui revient à chaque fois, car dans la plupart des cas, les gouvernements ou les régimes ciblés ne sont pas démocratiques, au sens de la démocratie bourgeoise occidentale.

C’est pourquoi, nous insistons sur le fait qu’il faut dissocier la dénonciation de l’agression impérialiste, l’aspect principal et la base de toute action commune, de l’appréciation sur la nature des régimes visés.

Plus généralement, cette opération militaire, la façon dont elle s’est déroulée, les moyens mis en œuvre et les «  prochaines cibles  » annoncées marquent un tournant dans les relations et les règles internationales, qui constituent «  le droit international ». Trump n’en a cure et le proclame haut et fort, passant de la menace à l’action. C’est un aspect à prendre en compte, mais la défense du droit international ne peut être la seule réponse à la situation qui est en train d’évoluer rapidement. Pas plus qu’il ne faut nourrir des illusions sur le fait qu’il faille chercher du côté des autres puissances impérialistes des alliés dans le combat contre l’impérialisme US. C’est le système impérialiste dans son ensemble qu’il faut dénoncer.

C’est la solidarité internationale entre les peuples qu’il faut développer.


1. Argentine, Paraguay, Pérou, Equateur,Panama, Italie et Pologne, au 5 janvier.
2. Brésil, Mexique, Cuba, Nicaragua, Colombie,Iran, Russie, Biélorussie, Ghana, Chine.

Source : le Grand Continent.

Notre communiqué

Nous condamnons fermement l’agression militaire des Etats Unis contre le Venezuela. Trump et son administration ont revendiqué l’arrestation et la déportation du président vénézuélien et les bombardements sur Caracas et d’autres villes. C’est un acte de guerre injustifiable contre un pays qui ne menace pas les USA et doit être condamné comme tel. Cela fait des mois que Trump cherche à renverser le régime de Maduro, pour mettre en place des femmes et des hommes prêtes à lui offrir les richesses du pays. Le prétexte grossier de « lutte contre le trafic de drogue » brandi par Trump, le dirigeant du pays qui constitue le plus gros marché de consommation et où l’argent sale de ce trafic s’accumule dans les banques, ne résiste pas à la réalité de ses objectifs de pillage, de contrôle des richesses et de domination. Quelle que soit la nature du régime à la tête d’un Etat, c’est au peuple de décider de son avenir et surtout pas à une puissance impérialiste. Aujourd’hui comme hier, l’impérialisme US a amplement montré qu’il était l’ennemi du peuple véné zuélien et des peuples des Caraïbes et d’Amérique latine. Des manifestations ont lieu dans de nombreux pays, pour condamner l’agression impérialiste des USA contre le Venezuela. Nous appelons à participer à celles qui sont organisées en France.

Nous exprimons notre solidarité avec le peuple du Venezuela, aux forces démocratiques, révolutionnaires de ce pays, à nos camarades du parti frère, le Parti Communiste Marxiste-Léniniste du Venezuela, qui lutte pour la libération nationale et sociale du peuple vénézuélien. Paris, 3 janvier 2026 Le Comité Central du PCOF

Extraits de la déclaration de la CIPOML

« Nous condamnons l’attaque impérialiste américaine contre le Venezuela et appelons à la solidarité avec le peuple vénézuélien (…) La CIPOML considère que cette attaque terroriste de l’impérialisme américain vise à punir un peuple qui a défié l’hégémonie historiquement imposée sur le continent et qui n’a fait que démontrer sa détermi nation à contrôler son propre destin et ses ressources naturelles. Avec cette attaque contre le Venezuela, les impérialistes américains ne tentent pas seulement de s’emparer du destin et des ressources du peuple vénézuélien ; cette attaque constitue une menace et un avertissement pour les peuples du monde, en particulier ceux d’Amérique latine et des Caraïbes. (…) Cette nouvelle attaque impérialiste contre le Venezuela est une nouvelle étape dans une stratégie systématique visant à établir le contrôle sur les pays qui ont choisi de tracer leur propre voie. Dans ce contexte, la souveraineté du Venezuela fait partie intégrante de la dignité de son peuple. Par conséquent, la défense de l’indé pendance et de la souveraineté du Venezuela doit être une priorité incontournable pour toutes les forces progressistes et révolution naires qui aspirent à un monde fondé sur la coexistence pacifique et le respect des affaires intérieures. Le

Le Comité de coordination de la CIPOML, 3 janvier 2026