Parti Communiste des Ouvriers de France

« Nous sommes tous des antifascistes »
10 mars 2026

Ce journal intervient dans une situation de guerre intense au Moyen-Orient, avec la guerre menée par l’impérialisme US et son allié, l’Etat sioniste d’Israël, contre l’Iran ; d’offensive réactionnaire en France, autour de l’instrumentalisation de la mort du militant néofasciste à Lyon et les répercussions sur la campagne des municipales.

Dans ce climat de tensions, Macron annonce une série de décisions aux graves conséquences à court et moyen terme : l’envoi de forces armées dans la zone de guerre, contre l’Iran, un changement de stratégie en matière de dissuasion nucléaire… Ces décisions ont apparemment été discutées en « conseil de défense », ce cercle restreint autour du chef de l’Etat qui a également décrété le renforcement de la présence de l’armée dans les villes, notamment autour des lieux de culte de la religion juive, devant le risque « d’attentats terroristes ». C’est une manifestation de la militarisation qui touche tous les domaines de la société.

La centralisation des pouvoirs et des initiatives prises par un exécutif qui décide tout, tout seul, est dangereuse. D’autant que cet exécutif alimente la campagne de criminalisation de défenseurs des droits des Palestiniens – les organisations et les militants qui dénoncent le sionisme et le génocide qu’il pratique , et qu’il s’attaque aux antifascistes, mis sur le même plan que les néofascistes.

Sous la pression du gouvernement, la durée d’indemnisation du chômage après une rupture conventionnelle vient d’être réduite. Quant au patronat il poursuit la surexploitation des travailleurs, ne voulant rien céder sur les salaires (y compris dans les groupes qui ont des carnets de commande bien remplis) et poursuivant les restructurations des groupes et de leurs sous-traitants (comme on le voit chez SEB).

Dans ce contexte, il faut saluer la relaxe du secrétaire de l’UD CGT du Nord, poursuivi pour « apologie du terrorisme et provocation à la haine antisémite » en octobre 2023. Et souligner l’importance de l’appel à la mobilisation de cette même UD CGT et d’autres organisations contre l’activisme redoublé des groupes d’extrême droite qui, à Lille comme à Lyon et ailleurs, ciblent les syndicats, les immigrés… les agressent et prétendent « tenir la rue ».

C’est dans ce contexte qu’est intervenu la mort d’un militant néofasciste à Lyon, lynché lors d’une rixe avec des militants antifas. ★


Communiqué : Sur la mort d’un militant d’extrême droite et son instrumentalisation

La mort d’un militant d’extrême droite, tué lors d’une rixe avec des antifas à Lyon, donne lieu à une intense offensive des courants néofascistes violents de l’extrême droite. Le RN, qui a investi le terrain politique institutionnel, cherche, avec la droite et les macronistes, à diaboliser LFI et J.-L. Mélenchon. Ce lynchage injustifiable ne doit pas gommer les meurtres racistes, les ratonnades, les saccages de librairies…, par des militants d’extrême droite, dont certains se revendiquent du nazisme. Tous ces groupes s’expriment abondamment sur les médias et les réseaux sociaux et sont autorisés à défi ler à Lyon, le jour anniversaire de l’exécution par les nazis de Manouchian et de ses camarades de l’Affiche rouge, le 21 février 1944 ! Toutes les idées réactionnaires, les termes, les concepts, de l’extrême droite sont banalisés, repris sans filtre. De la mise sur le même plan de l’extrême droite et de l’extrême gauche, on est passé à la victimisation de l’extrême droite et à la criminalisation de toute la gauche radicale. Nous sommes toutes et tous, personnes et organisations, sommé.e.s de rendre hommage au militant de l’extrême droite, alors que nous dénonçons cette extrême droite comme l’ennemi de la classe ouvrière, des masses populaires, des peuples, et que nous la combattons. Le climat de répression s’alourdit : l’antisionisme est assimilé à de l’antisémitisme et sa criminalisation est à l’ordre du jour, à travers de nouvelles lois. La radicalité de la dénonciation politique du système vaut le qualifi catif d’extrême gauche, accusée de violence et de terrorisme. Il suffit de voir ce qui se passe avec Trump, pour mesurer le danger de ces glissements. Il faut y résister dans tous les domaines, collectivement.

Paris, le 20 février 2026