On a raison de lutter et on sait pourquoi on lutte ! 13 janvier 2026
Aux vues des dernières statistiques publiées par l’INSEE en juillet 2025, qui porte sur les chiffres de l’année 2023, la pauvreté n’avait jamais été aussi importante en France depuis 1996, si on prend cette date comme référence. En 2023, 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté, à savoir 1 288 euros et moins par mois pour une personne seule ; n’étant pris en compte dans ce calcul que les personnes vivant dans un logement ordinaire en France métropolitaine. Toutes catégories confondues, intégrant les populations d’outremer, cela représentait quelque 12 millions de personnes. L’étude souligne que ce ne sont pas les aides sociales qui sont moins généreuses (mais pour les années à venir ?) mais les « revenus primaires », c’està-dire essentiellement les salaires, qui ont diminué.
Le constat est sans appel, une paupérisation généralisée des couches populaires s’est durablement installée dans le pays et ne fait que croître alors que la France se place au 7 e rang des puissances mondiales selon le Fonds monétaire international. Mais chacun le sait, l’essentiel de la richesse créée se concentre dans les mains d’une infime minorité, essentiellement cette oligarchie financière qui possède les principaux moyens de production et d’échange, directement ou à travers nombre de participations croisées dans l’industrie, les banques ou/et la distribution… Ce sont ces managers, ces patrons, qui de façon directe dans le cadre des NAO en cours dans les entreprises ou via leur cabinet conseil et des médias, font savoir qu’ils n’ont pas l’intention de procéder à des augmentations de salaire généralisées au-delà de 1 à 2 % maximum pour l’année qui vient. Ce qui revient mathématiquement à tirer toujours plus les salaires vers le bas. Et certains – notamment dans les « grands groupes » – ont même affiché leur volonté de récupérer en tout ou en partie ce qu’ils ont été obligé de lâcher à un moment donné ou à un autre, pour conforter leurs profits. Comme LVMH dans le champagne pour ne parler que de Bernard Arnault !
N’en doutons pas, c’est vraiment leur intention. Appuyés par ce gouvernement qui leur emboîte le pas en refusant à nouveau tout « coup de pouce » concernant la revalorisation du SMIC pour ne s’en tenir qu’au 1,18 % réglementaire. Ce qui va représenter au bout du bout un salaire de 1 443 euros net par mois à plein temps. Aujourd’hui un tiers de la population déclare ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue de 1 000 euros.
Outre cette pression maximum sur les salaires, les travailleurs-euses vont aussi avoir à faire face aux conséquences des méga-budgets d’austérité déjà adoptés et à venir, notamment en matière de Santé.
Compresser les salaires le plus possible vers le bas a toujours été le moyen privilégié et direct pour les patrons et la classe capitaliste afin de leur permettre d’accroître leurs profits. A plus forte raison aujourd’hui dans le cadre de la concurrence exacerbée au niveau international pour leur permettre de rivaliser avec les capitalistes allemands, étasuniens… ou chinois.
Et quand ces « marges » dégagées sur le dos des travailleurs-euses ne suffisent plus, l’entreprise ferme et les salariés sont priés de prendre le chemin de France Travail pour chercher un emploi ailleurs, s’ils en trouvent !
Dans cette situation, les travailleurs ont totalement raison de résister et de se battre pour faire payer à leur ancien patron toutes ces années d’exploitation marquées par des salaires minables, des conditions de travail bien souvent à peine supportables et de récupérer ce qu’il est possible de récupérer pour voir venir.
C’est aussi une réponse de classe, au même titre que celle qui consiste à se mettre en grève pour arracher des augmentations. La classe ouvrière n’est pas comptable du système capitaliste, comme elle n’est pas comptable de la pérennité de telle ou telle entreprise, et à plus forte raison de la marque (nationale de préférence !) qui lui est attachée.
Ce qui ne veut pas dire qu’elle est indifférente à l’évolution économique dans telle ville ou telle région, comme au niveau national en termes d’emplois, de services publics ou de problèmes d’ordre écologique… Mais plus que jamais, vu cette tendance lourde à l’aggravation de l’exploitation capitaliste, le rôle du syndicat sur des positions de classe pour la défense des intérêts des travailleurs-euses est de plus en plus essentiel. Comme il y a nécessité d’appuyer toutes celles et ceux qui sont à la pointe de ces combats avec leur syndicat et de rendre beaucoup plus visibles les luttes qui se mènent afin de casser cette entreprise idéologique qui ne dit pas son nom, visant à faire croire que « rien ne se passe » du côté des exploités. ★
