Parti Communiste des Ouvriers de France

Pas touche à la Bourse du travail de Carcassonne !
10 juin 2026

Lors de la journée intersyndicale de mobilisation des enseignants, qui a suivi la mise en place du maire RN de Carcassonne, celui-ci a proféré des menaces contre des lycéens qui voulaient se mobiliser avec eux. Quelques jours après cette mobilisation intersyndicale, ils ont organisé une manifestation spontanée contre le maire. La LDH est visée à son tour par la mairie avec retrait d’un local et d’une subvention de 300 €, pour avoir attaqué un arrêté anti-mendicité. A la suite, les jeunes montent un collectif et organisent, avec l’aide des syndicats, une marche le 29  avril, contre l’extrême droite, contre les menaces du maire envers les jeunes et les associations.

Le maire RN utilise le prétexte de cette manifestation pour annoncer sa volonté d’expulser de leurs locaux les quatre organisations syndicales ayant soutenu la marche : FSU, CGT, CFDT et Solidaires. La CGT, seule à occuper la Bourse du travail « historique », est directement visée par le maire.

Face à cette attaque en règle, une intersyndicale réunissant CGT, FSU, CFDT, Solidaires, FO et UNSA s’est constituée pour défendre les locaux syndicaux. Un premier rassemblement intersyndical, organisé en quelques jours, a lieu le 13 mai, mobilisant 300 personnes devant la Bourse avec une conférence de presse.

Le 19 mai, le Maire adresse à la CGT un courrier annonçant le lancement d’une procédure d’expulsion, à compter du 1 er juin 2026. Le 28 mai, l’intersyndicale organise un rassemblement devant le Conseil municipal, avec casserolade sous les fenêtres de la salle du conseil. 200 personnes participent à l’action, avec des militants associatifs et des jeunes. Le maire et son équipe sortent sous la huée des manifestant.e.s qui scandent :

« Pas de droits sans syndicats », « Liberté syndicale » ou encore « On n’expulse pas les acquis du Front populaire ».

En effet, la CGT occupe la Bourse du travail depuis près de 90 ans, mise à disposition à la fin de la période du Front populaire, en 1938. La délibération municipale de l’époque, du 22 janvier 1938, retrouvée avec l’aide du syndicat CGT des archives déclarait :

« La Ville a estimé que sa classe ouvrière avait le plus grand intérêt à disposer gratuitement de locaux où elle pourrait étudier les questions qui l’intéresse avec le maximum de commodité d’une part, et d’autre part, le maximum d’indépendance. Pour assurer cette commodité, il faut que ces locaux puissent être occupés à titre permanent. D’autre part, l’indépendance dans laquelle doit s’exercer l’activité syndicaliste est incompatible avec l’ingérence d’un parti politique, quel qu’il soit, de même d’ailleurs qu’avec l’ingérence de l’Administration municipale dans la vie des syndicats. » Dans le contexte actuel d’avancée de la fascisation et d’un renforcement accru de l’exploitation capitaliste, les Bourses du travail, sont des éléments indispensables pour permettre aux travailleurs de rencontrer les organisations syndicales et se défendre. Le RN à la tête de municipalité l’a bien compris. Cette lutte pour la Bourse du travail de Carcassonne, parmi la soixantaine de Bourses du travail menacées en France, prend donc forcément une signification particulière.

Lors du congrès confédéral de la CGT qui vient de se tenir à Tours, Sophie Binet a apporté toute la solidarité de la CGT aux militants et militantes de Carcassonne mobilisés pour défendre « ce bien commun » et la Secrétaire générale de l’UD de l’Aude est intervenue à la tribune.

La deuxième marche des jeunes contre l’extrême droite et pour les libertés associatives et syndicales qui vient d’avoir lieu ce samedi 6 juin a été soutenue par davantage d’associations, dont la Confédération paysanne, le Mouvement de la paix ou encore Resf… Elle a réuni 500 personnes, y compris des délégations syndicales de départements voisins.

Les militants de la CGT avaient préparé banderole et pancartes pour la défense de la Bourse. La manifestation s’est conclue devant la Bourse, avec une prise de parole de la FSU, puis de l’UD CGT, avant l’intervention du collectif des jeunes.

Forts de ces mobilisations, les syndicats ne baissent pas les bras. La défense de la Bourse du travail devient une revendication concrète et fédératrice face à la municipalité d’extrême droite. L’intersyndicale doit se réunir pour décider de la suite à donner pour l’été. L’ancrage local de la lutte doit encore se renforcer.

Pour combattre la fascisation et l’extrême droite, il faut s’organiser et, par-delà les discours, tout faire pour s’opposer aux mesures concrètes qu’elle peut prendre… pour la faire reculer ! ★