Pas touche au 1er Mai, journée internationale de lutte des travailleurs ! 09 avril 2026
Le 1 er Mai, journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs est le seul jour férié à être chômé et payé. Depuis la Libération, le 1er mai a été restauré et inscrit dans le Code du Travail dans son article L. 3133-4 qui fixe l’interdiction de travailler ce jour et en précise les dérogations limitées aux questions de santé, aux hôtels, à la culture et à la sécurité.
Dans ce projet de loi qui vient le 10 avril devant les députés, le 1er Mai journée de lutte est sous la menace de Macron pour en faire, à l’instar de Meloni en Italie, une « fête du Travail » aux relents pétainistes, que celui-ci avait instauré – jour de la saint Philippe – pour en faire une fête fasciste « du travail et de la concorde sociale » portée par la loi Belin d’avril 1941.
Dans ce projet de loi du 10 avril présenté à nouveau à l’Assemblée nationale, après avoir été retoqué le 22 janvier, lors de la niche parlementaire de la droite, on voit l’acharnement du patronat à créer une brèche dans la législation de ce jour qui appartient aux travailleurs à coups de dérogations vouées à devenir la règle, à l’instar du travail du dimanche.
Une certitude tout à fait justifiée, si ce projet venait à être voté, quand on apprend que la liste des dérogations sera fixée par décret en Conseil d’Etat.
Il s’agit en effet de « permettre aux salariés de certains secteurs de travailler ». Ceux des boulangeries, des pâtisseries, dans les produits alimentaires, chez les fleuristes, les jardineries, les théâtres, une large extension voulue en réalité pour favoriser les grandes surfaces des grands groupes de ces secteurs aux dépens des petits commerces de proximité et de leurs salarié-es.
Cela pourrait concerner 1,5 million de travailleurs et de travailleuses. C’est par une procédure accélérée que le Sénat l’a adopté le 3 juillet 2025 dans le cadre d’une coalition du « bloc central » jusqu’ à l’extrême droite, en amendant le texte initial – comme il est de mise quand il s’agit de revenir sur des principes en matière du droit du travail – via un additif concernant « le volontariat ». Volontariat de pure forme et totalement relatif dans ces secteurs du commerce où les liens de subordination vis-à-vis de l’employeur sont particulièrement prégnants.
Le prétexte à cette offensive a été trouvé avec la relaxe, le 25 avril 2025, de cinq patrons boulangers vendéens verbalisés par l’inspection du travail en 2024, cinq sur 33 000, qui soulevait soi-disant une « insécurité juridique », alors qu’en réalité, s’ils voulaient ouvrir leur boutique ce jour, ils pouvaient le faire, mais pour eux-mêmes et non faire travailler leurs salariés.
Cette volonté réactionnaire de réviser les fêtes calendaires favorables aux travailleurs comme celle de vouloir supprimer le 8 mai, la victoire sur le nazisme, est une nouvelle attaque directe contre une journée historique, idéologique, appartenant au mouvement ouvrier et fêtée dans pratiquement tous les pays du monde.
Le 1er mai a pour origine la décision de la IIe internationale socialiste, en 1889 à Paris. Sous l’impulsion de Jules Guesde, en lien avec le centenaire de la Révolution française, il s’agissait d’en faire un jour de manifestations en hommage aux ouvriers syndicalistes américains de Chicago en grève le 1er mai 1886 et victimes d’une répression meurtrière, celle du « vendredi noir ». Le 1er mai sera aussi la journée du mouvement ouvrier international pour exiger la journée de 8 heures. Sans oublier le 1er mai 1891 et le massacre de Fourmies dans le nord de la France.
L’ensemble des organisations syndicales appelle à la mobilisation ce 10 avril pour s’opposer à cette tentative de remise en cause du 1er mai, journée internationale de luttes des travailleurs ! ★
