Plan d’électrification : à marche forcée vers le tout électrique ! 08 mai 2026
Jeudi 23 avril, Macron présentait son grand plan d’électrification des usages, avec une phrase choc et pleine de promesses : « Ne plus importer les crises du monde dans le portefeuille des Français » !
S’en est suivi la publication sur le site www.ecologie.gouv.fr d’un document d’une trentaine de pages qui détaille les 22 mesures pour stimuler la demande en électricité.
Il s’agit de détourner aussi bien les particuliers que les industriels, les artisans et commerçants, les marins pécheurs comme les agriculteurs des énergies fossiles pour les amener à consommer de l’électricité.
Nous ne détaillerons pas ici toutes les mesures de ce plan, mais le transport étant le premier poste de consommation d’énergies fossiles, le gouvernement propose un paquet de mesures le concernant. A commencer par celles pour faciliter l’achat de véhicules électriques ainsi que l’installation de bornes de recharge sur le réseau routier comme dans les immeubles. Le leasing social refait surface avec la mise à disposition réservée aux foyers modestes de 50 000 véhicules pour des mensualités de 200 euros par mois. Dans le plan, l’objectif est que « deux voitures neuves sur trois soient électriques d’ici à 2030 » .
« Les constructeurs français devront atteindre 400 000 véhicules électriques produits par an dès 2027, puis 1 million en 2030, alors que la France était absente de cette production il y a cinq ans » , explique le gouvernement.
Edf, pour sa part, cherche à s’assurer des débouchés, alors que sa production électrique est trop abondante. A l’unisson du gouvernement, l’entreprise publique annonçait le 8 avril un plan de 240 millions d’euros dédiés à l’accélération de l’électrification.
Il prévoit une prime forfaitaire de 1 000 euros pour l’achat d’une pompe à chaleur pour 80 000 ménages à revenus modestes. Le groupe promet aussi 30 millions d’euros — 15 000 euros par camion — d’aides à l’achat d’un poids lourd électrique en remplacement d’un diesel. Et pour compléter, 50 millions d’euros seront dédiés à l’installation d’ici trois ans de 180 bornes de recharge pour poids lourds sur tout le territoire métropolitain. Enfin, EDF va consacrer 80 millions d’euros au soutien à l’implantation de « nouveaux consommateurs d’électricité », industries et Datacenter, en leur mettant à disposition des terrains clés en main avec connexion au réseau électrique, sachant que ces entreprises consomment chacun autant d’électricité qu’une petite ville.
Joli coup de pouce en perspective pour les industriels de l’automobile !
« La crise actuelle » au MoyenOrient « montre à nouveau l’urgence à accélérer, dès aujourd’hui, l’électrification de nos usages » dans les transports, le bâtiment, l’industrie et le numérique, souligne le gouvernement. Et de vanter une production électrique abondante et issue presque intégralement du nucléaire et des énergies renouvelables.
Ce choix, du tout électrique n’est pas sans danger. Il représente un engagement de très grande ampleur dans une seule direction : le nucléaire, pour plusieurs années, avec des problèmes de déchets dont on ne sait toujours pas comment se débarrasser sauf à les enterrer à mille lieux sous terre (voir à ce sujet le site CIGEO de Bure dans la Meuse). Mais il y a aussi les dangers d’accidents intrinsèques (voir l’article sur Tchernobyl). Un réseau de distribution qui repose sur une seule source d’énergie est vulnérable et s’il est attaqué aurait des conséquences à grande échelle pour l’ensemble de la société. Faut-il encore rappeler comme nous l’avons fait dans plusieurs articles sur le sujet que la matière première des centrales nucléaires est l’uranium que nous importons, c’est là encore une vulnérabilité. Car même si Orano a diversifié ses approvisionnements depuis son retrait du Niger, nous ne somme pas à l’abri d’une rupture de ce minerai étant donné les risques géopolitiques multiples. La production d’énergie d’origine nucléaire met de grandes quantités d’électricité sur le marché : c’est la seule à pouvoir le faire. Cela implique un réseau capable d’acheminer ces grandes quantités, vers les consommateurs.
Le secteur du nucléaire concentre des capitaux aux mains d’une poignée de monopoles, producteurs et consommateurs de cette énergie. On est un peu dans la même configuration que pour le complexe militaro-industriel :
capitaux, cerveaux, sont mis au service de ces monopoles, dont les intérêts s’imposent à toute la société. ★
