Politique de déstabilisation et d’agression de l’impérialisme US et militarisation 10 juin 2026
Trump n’arrive pas à imposer ses vues au régime iranien. Les conséquences économiques de cette guerre font apparaître l’impérialisme US comme le principal responsable de la crise qui enfle, provoquée notamment par le blocage du détroit d’Ormuz.
Le voyage de Trump en Chine (17-18 mai) se solde par un échec relatif.
Il n’a pratiquement rien obtenu de Xi Jin ping. Xi ne s’est engagé sur rien en matière de « pression » sur le régime iranien, mais il a une nouvelle fois mis en garde Trump contre les velléités d’intervention US dans la question de Taïwan.
La visite de Trump à Pékin a été suivie quelques jours plus tard par celle de Poutine , qui a besoin du soutien de son allié, dans une situation compliquée en Ukraine. Les accords sur le pétrole dont la Chine a besoin restent centraux dans les relations entre les deux puissances impérialistes, mais le régime chinois veille à ne pas trop dépendre des livraisons russes.
Le régime de Zelensky, qui joue sur tous les tableaux, tient tête à l’armée russe et positionne le pays comme un des acteurs militaires majeurs en Europe centrale. L’Ukraine est de plus en plus un acteur militaire majeur en Europe – et même au-delà.
Que ce soit en Ukraine ou dans le Golfe, on ne voit pas de sortie à court terme des guerres menées par les puissances impérialistes, avec, en toile de fond, une militarisation accrue au niveau mondial.
Les mobilisations contre les guerres impérialistes vont se développer
Le prochain sommet de l’Otan en juillet en Turquie est en pleine préparation, avec des réunions qui se multiplient, pour essayer de dégager des points de convergence entre les différents Etats membres. Une des « inconnues » concerne évidemment le positionnement des USA. Les dirigeants des puissances impérialistes essaient « d’amadouer » Trump, pour qu’il continue à assurer un niveau significatif de présence militaire US sur le sol européen. Mais l’accord sur une militarisation forte et continue des Etats européens n’est pas remis en cause.
Les armes nucléaires US, disséminées sur plusieurs bases de pays européens membres de l’Otan, ne font l’objet d’aucune discussion ni négociation :
c’est le Pentagone qui décide de tout et qui en contrôle l’emploi, en fonction d’abord des intérêts de l’impérialisme US. C’est, de ce fait, un « parapluie » partiel.
L’impérialisme français se positionne sur ce créneau à travers la proposition de « dissuasion nucléaire élargie », qui participe à la diffusion des armes nucléaires en Europe. Huit gouvernements d’Etats européens (tous membres de l’Otan) ont « adhéré » à ce concept (1). Cela se concrétise par des manœuvres communes, comprenant les avions français porteurs des missiles nucléaires, leur déploiement temporaire sur les aérodromes de ces Etats. Mais l’emploi de cette arme reste entre les mains des dirigeants français (Macron et des responsables militaires).
Des mobilisations se préparent, à caractère national et international.
En Turquie, où les mobilisations se préparent contre le sommet de l’Otan (juillet). En France, des initiatives sont prévues autour du week-end du 13-14 juin, au moment du salon Eurosatory (au Parc des expositions de Villepinte – 93), placé sous le thème :
« Se préparer, s’engager et vaincre en coalition aéroterrestre », dans la perspective clairement affichée d’une guerre de « haute intensité ».
Le continent africain est depuis des dizaines d’années, un des principaux terrains d’intervention militaire de l’impérialisme français. Macron a présidé son dernier sommet FranceAfrique au Kenya, où il a invité des chefs d’Etat de la zone anglophone, celle qu’il qualifie d’Afrique qui avance. Affirmant sans vergogne que « la Russie est en échec en Afrique », le ministre des affaires étrangères a essayé de nier les difficultés de l’impérialisme français à exercer sa domination en Afrique.
Pour se maintenir, l’impérialisme français n’hésite pas à instrumentaliser des mouvements armés pour essayer de déstabiliser les régimes militaires qui ont rompu les liens – notamment ceux du Mali, de Niger et du Burkina Faso. Le contrôle des richesses du continent est au cœur des guerres et conflits qui ravagent les Etats africains. C’est pourquoi, il est important d’exiger le départ de toutes les bases militaires françaises du continent. ★
