Poursuivre la solidarité avec le peuple kanak 12 novembre 2025
Manuel Valls ne digère visiblement pas son éviction du gouvernement Lecornu 2. La reprise en mains de ce dossier par Macron et son fidèle premier ministre écarte celui qui pensait pouvoir trouver une solution pour entraîner le FLNKS dans le mal-nommé accord de Bougival. Mal-nommé parce qu’il est rejeté par le principal représentant du peuple kanak, le FLNKS, et qu’il est donc faux de parler « d’accord ».
Les anti-indépendantistes y trouvent largement leur compte et la puissance coloniale pense pouvoir tourner la page des accords de Nouméa et renforcer sa domination.
Lecornu, en charge des Outre-mer, avait poussé au troisième référendum, contre la volonté de toutes les organisations kanak (y compris celles qui ont signé le texte de Bougival) et avait multiplié les manœuvres pour essayer de les diviser, en affichant ses sympathies pour les forces antiindépendantistes.
Il a pris en mains la question du report des élections provinciales : nous montrons dans l’article de ce journal comment il a réalisé ce passage en force. Tout occupé à faire passer le budget d’austérité, il a reporté la deuxième étape, à savoir la réforme constitutionnelle pour remplacer l’accord de Nouméa (qui y est toujours encore inscrit) par le contenu du texte de Bougival et faire disparaître du même coup le gel du corps électoral, mesure essentielle aux yeux des Kanak, pour ne pas disparaître en tant que peuple premier.
Les dirigeants de l’impérialisme français ne peuvent pas imaginer que cette colonie leur échappe et ne comprennent pas l’attachement viscéral du peuple kanak à son droit à l’autodétermination et à sa terre.
Les Kanak n’en n’ont pas d’autre et ils ont montré à plusieurs reprises qu’ils étaient capables d’accueillir sur cette terre celles et ceux qui sont prêts à partager un « avenir en commun », parce que, eux aussi, n’ont pas d’autre pays, parce qu’ils y vivent depuis longtemps et parce qu’ils reconnaissent au peuple premier son droit à l’autodétermination.
Les dirigeants de l’impérialisme français voient dans la Nouvelle-Calédonie une possession française dans une zone stratégique, une possession qui a diverses richesses, parmi lesquelles le nickel tant recherché pour fabriquer des batteries pour voitures électriques. Il y a les autres minerais, les richesses de la mer… tout ce qui contribue à la « grandeur » de l’impérialisme français vis-à-vis de ses alliés et rivaux. Grandeur qui s’exprime notamment par sa présence militaire, sur terre, en mer et dans les airs… et même l’espace, à travers les satellites lancés à partir d’une autre colonie, la Guyane !
Ils ne comprennent pas la sympathie des peuples océaniens de cette vaste région pour la cause kanak et pour l’organisation qui la porte, le FLNKS. Que ce soit à l’ONU, dans le cadre du comité spécial de la décolonisation, ou auprès des membres du groupe Fer de lance mélanésien (i), les représentants de ces pays continuent à exprimer leur soutien et à demander à la France d’engager un véritable processus de décolonisation.
La solidarité avec le combat du peuple kanak est plus que jamais nécessaire
La déportation des militants de la CCAT dans plusieurs prisons en France est une décision réactionnaire, coloniale. S’ils sont aujourd’hui libres, ils restent poursuivis et ne peuvent regagner la Kanaky, faute de passeport !
La mobilisation autour des prisonniers politiques reste donc d’actualité. Elle concerne en particulier les différents collectifs de soutien locaux, qui se sont créés autour des prisonniers et qui sont devenus des collectifs de solidarité avec le combat du peuple kanak, pour son autodétermination, et de ses organisations de lutte, notamment avec le FLNKS et ses composantes.
La bataille pour dénoncer le projet de faire passer le contenu du texte de Bougival dans la Constitution est devant nous. Elle nécessite de continuer à expliquer les enjeux politiques de ce projet et de dénoncer l’aggravation de la situation sociale que subissent les Kanak, dans les provinces et à Nouméa. L’Etat envoie, d’un côté, des forces de répression pour essayer d’empêcher la contestation de se développer et, de l’autre, exerce un chantage économique ignoble : sans Bougival, il n’y aura pas d’argent ! Et il faudra rembourser les prêts… ★
