Poutine pense que le temps joue pour lui 13 janvier 2026
Poutine répète sans cesse que l’armée russe progresse en Ukraine, mettant en scène des prises de villes, de villages… sans jamais parler concrètement des pertes que subissent les forces armées russes.
Il insiste sur les faiblesses des forces ukrainiennes et multiplie les bombardements des villes et des infrastructures énergétiques, dans le but de semer la crainte, le désarroi, dans la population. Cette politique qui vise à terroriser les populations civiles est inacceptable. Si elle vise d’abord à saper le moral de la population, en espérant l’amener à accepter une paix avec des concessions territoriales, elle renforce aussi les partisans d’une « guerre à mort » contre les Russes. A l’évidence, la poursuite de la guerre est une impasse pour tous les peuples.
Il faut avoir le courage de le dire et de mettre un terme à cette boucherie.
Poutine ne peut cependant cacher que cette guerre est très coûteuse et que les populations de Russie en subissent les conséquences : hausse d’impôts pour soutenir l’effort de guerre, inflation galopante, hausse des prix… aggravée par les sanctions renouvelées et amplifiées décidées par l’UE, de façon périodique. A cela s’ajoute la répression de toute forme de contestation de cette guerre dont la fin est souvent annoncée, mais toujours reportée. En tout cas, le constat est clair : Poutine ne peut pas conquérir l’Ukraine et il a sacrifié beaucoup de vies et de moyens pour cet objectif réactionnaire.
A l’annonce de la déclaration de Paris, qui prévoit l’envoi de troupes de plusieurs Etats d’Europe, notamment de France, du Royaume-Uni, de la Belgique (qui s’est engagée à « envoyer des capacités navales, aériennes et terrestres » en cas de paix)… Poutine a réagi en disant que ces troupes seraient considérées comme des cibles légitimes.
Meloni a répété la position de l’Italie, très alignée sur celle de Trump : pas de soldats italiens en Ukraine. Quant aux dirigeants de l’impérialisme allemand, ils n’envisagent d’envoyer des soldats que dans un pays de l’Otan voisin, mais pas en Ukraine même.
Ceci dit, l’Allemagne fournit le plus d’armes et le plus d’aide financière à l’Ukraine que tout autre Etat de l’UE. Rompant avec des années de politique restrictive en matière d’endettement de l’Etat, Merz a opéré un virage à 180° : endettement massif de l’Etat fédéral pour les infrastructures, notamment tout ce qui permet le transport rapide de troupes et de matériel, de part en part du pays et augmentation faramineuse du budget de l’armée, synonyme là aussi d’endettement accru de l’Etat. Il amplifie le changement de cap (Zeitwende) annoncé au lendemain même de l’entrée des troupes russes en Ukraine par le chancelier social-démocrate de l’époque, O. Scholz. Elu en mai, Merz a mis en œuvre la réforme du service militaire volontaire de 6 mois, (5 décembre 2025), ouvert aux jeunes de 18 ans avec 2 600 € de rémunération mensuelle. Ça peut attirer !
La guerre inter-impérialiste en Ukraine provoque des recompositions en Europe
Les Etats du Nord et les Etats Baltes sont en pointe dans la préparation à une guerre contre la Russie.
Multipliant les initiatives militaires coordonnées, les dirigeants de ces Etats, membres de l’UE et de l’Otan (1) se sont réunis le 16 décembre à Helsinki, pour exiger d’avoir une part plus importante du fonds pour l’industrie de défense européenne instaurée par U. van den Leyen.
Tous les monopoles d’armement de ces pays veulent participer à ce marché. Sans attendre, la Pologne et la Finlande ont décidé de coordonner la surveillance du « flanc est » de l’UE. Nous avons déjà évoqué les relations de plus en plus tendues entre l’impérialisme français et l’impérialisme allemand quant au leadership dans le domaine de l’industrie d’armement européenne et, plus généralement, dans celui de la direction générale des affaires de l’UE. Les tensions que Trump attise, ses attaques concrètes et les critiques qu’il décoche à l’UE contribuent à tendre les relations entre les deux chefs d’Etat : Macron qui ne critique pas Trump « pour ne pas le braquer sur la question de l’Ukraine » a été, en quelque sorte, devancé par Merz qui a déclaré à Trump : « Vous avez besoin de partenaires dans le monde, l’Europe peut être un de ces partenaires. Et si vous ne voulez pas de l’Europe, faites au moins de l’Allemagne votre partenaire »… Il a dû rétropédaler, comme Macron, qui a fini par émettre une critique sur le non-respect des règles du droit international… ★
