Parti Communiste des Ouvriers de France

Report des élections provinciales : Coups tordus contre le peuple Kanak
12 novembre 2025

«Dans une configuration parlementaire difficile, rares sont les textes qui vont au bout de leur parcours législatif. Ce mercredi, c’est le cas de la proposition trans-partisane d’origine sénatoriale visant à reporter les élections provinciales de Nouvelle-Calédonie » se félicite le rédacteur du commentaire du Sénat, saluant le report définitif le 6 novembre des élections provinciales, décision entérinée le jour même par le Conseil constitutionnel !

Le parcours devant le Parlement de cette loi organique est révélateur de la politique du « passage en force » dénoncé par le FLNKS. Le 28 octobre, le parlement est saisi de ce projet de loi, présenté par Metzdorf, anti indépendantiste radical, au nom du groupe macroniste.

Mais plutôt que d’engager les débats, il dépose derechef une «  motion de rejet  » contre cette même loi  !

L’objectif est simple  : par ce coup tordu légal, il n’y a pas de débat et le projet de loi passe immédiatement en commission mixte paritaire (CMP). Le lundi, la CMP se met d’accord sur un texte pratiquement identique, qu’elle transmet à l’Assemblée nationale, qui la vote le mardi soir « à une courte majorité  »  : 279 pour, 247 contre, «  dessinant une majorité, allant du PS à LR ».

L’objectif du report des élections provinciales a changé, pour gommer la référence au texte de Bougival. Il est question maintenant de « parvenir à un accord consensuel sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle Calédonie ». Une formule creuse qui parle de rechercher un consensus, alors que le rejet du FLNKS et d’autres du contenu même de ce texte n’a pas changé. Mais elle a suffi au PS pour se rallier au vote. Le passage, mercredi 5, devant le Sénat n’est qu’une formalité (298 pour, 39 contre).

Une fois encore, le PS s’est rangé du côté du gouvernement, de la droite anti-indépendantiste qui siège à Paris comme à Nouméa, contre le peuple kanak et ses soutiens.

Les élus kanak, au Parlement comme au Sénat, ont dénoncé le report des provinciales et le projet dans lequel s’inscrit ce report, à savoir le contenu du texte connu sous le nom d’accord de Bougival (voir article dans ce journal). Le ministre chargé des relations avec le Parlement, pressé d’aller vite à la présentation de la réforme constitutionnelle qui entérine le contenu de cet accord, avait annoncé mardi 4 qu’elle serait présentée « dès janvier » ; il a dû se rétracter, ça faisait vraiment trop ! ★