SANOFI Ambarès (33) : les ouvriers en lutte pour les salaires et le reste ! 07 juillet 2026
Depuis dix semaines, les salariés de Sanofi Ambarès (33) sont engagés dans un mouvement de grève. La motivation et la mobilisation ne faiblissent pas. Mais contrairement à 2023-24 où tous les sites du groupe Sanofi avaient cessé le travail dans un mouvement long de trois semaines, voire quatre pour certains sites, celui d’Ambarès est aujourd’hui le seul à porter le combat pour les salaires, pour le maintien et la défense d’acquis sociaux et à exiger l’embauche des postes d’intérimaires.
Le poids de l’inflation généralisée pèse lourd sur les salaires : l’alimentaire, l’énergie, le déplacement… les salaires sont rognés mois après mois. La revendication de primes de transport fait écho au slogan : « on ne veut pas payer pour aller travailler ». S’ajoutent celle du refus de l’augmentation du prix des repas à la cantine locale (une forte augmentation serait à l’étude !) et celle du maintien de la prise en charge du conjoint dans la couverture santé : Sanofi voudrait déshabiller les travailleurs du groupe qu’il ne s’y prendrait pas autrement ! Et enfin, depuis des années, la CGT Sanofi d’Ambarès revendique l’embauche des nombreux intérimaires qui occupent toujours les mêmes postes depuis des années, bien après leur délai de carence.
L’usine d’Ambarès compte une centaine d’ouvriers à la production pour quatre cents ingénieurs et cadres. Le 11 juin, 70 à 80 salariés se sont mobilisés à l’extérieur tandis que des débrayages avaient cours à l’intérieur. Résultat : la production à l’arrêt ou presque. Le 17 juin, le débrayage a été un peu moins suivi (pas le même quart de production que la semaine précédente).
Jeudi 2 juillet, nouveau piquet de grève devant l’usine ; de nombreux soutiens sont venus de l’UL CGT de la Presqu’île, de l’UL CGT de Blaye, de l’UD CGT 33, de la FNIC avec la présence de son secrétaire Jean-Louis Peyrens. La venue de deux députées LFI, d’Ile de France et de l’Isère, a permis de revenir sur la situation des salarié-e-s restant de l’ex-usine Ford (Bordeaux) qui sont aux prises avec le fonds de pension allemand Mutarès, bien connu comme prédateur et repreneur d’entreprises en difficulté, et sur le dossier Vencorex.
Quelle évolution depuis les précédentes mobilisations ?
1. Il n’y a plus de négociations centrales. Cette lutte est celle du seul site d’Ambarès. Dans son intervention, le secrétaire général de la FNIC, Jean-Louis Peyrens, a qualifié les élus CGT « comme étant de vrais guerriers qui portent l’esprit de lutte dans la CGT ».
Ceci dit, avec les ouvriers en lutte, ils doivent tenir jusqu’au 10 juillet, date de la venue de la direction nationale de SANOFI sur le site d’Ambarès, où toutes ces revendications vont se négocier.
2. Le 29 juin, le syndicat a déclenché un D.G.I. (procédure de danger grave et imminent) avec convocation de réunion avec la direction locale concernant le « management toxique » au niveau du site. Ce qui se rajoute aux autres revendications.
L’annonce du suicide d’un intérimaire, à son domicile la semaine précédente, est venue en rajouter à la situation interne, d’autant qu’un autre cas de mal-être psychologique dans le cadre du travail a été clairement identifié. La minute de silence en mémoire à l’ouvrier intérimaire au début des interventions fut émouvante. Et le syndicat CGT du site a bien l’intention de ne rien céder à ce sujet !
La FNIC a souligné que ce type de management est utilisée par Sanofi sur d’autre sites comme sur celui de Mourenx (64) où est produit la Dépakine. Comme dans tant d’autres entreprises aujourd’hui, cette pression permanente sur le personnel permet de se séparer de salariés en les écœurant, et réduit le périmètre d’un PSE. En vingt ans, Sanofi a liquidé 20 de ses sites et le nombre de salariés est passé de 30 000 à 18 000, tout en bénéficiant grassement de millions d’euros d’aides de l’État, qui viennent s’ajouter aux profits énormes faits sur le dos des travailleurs, sans compter avec la hausse des prix des médicament générée par une pénurie médicamenteuse bien organisée !
Correspondance Bordeaux
