Seb annonce 2100 suppressions de postes, son cours en Bourse prend 10 % 10 mars 2026
Le groupe Seb, c’est quarante sites industriels dans le monde, dont une dizaine en Asie et quelques dix-sept autres en France. Il emploie quelque 32 000 salariés et 6 200 rien que dans l’Hexagone. Il est mondialement connu pour ses marques, notamment de petits électro-ménagers comme Moulinex, SEB, Tefal, Rowenta, Krups… une quarantaine au total.
Le 25 février, le groupe a présenté aux organisations syndicales en France un plan pour « retrouver » une « trajectoire de croissance rentable ». Plan qui envisage la suppression « jusqu’à 2 100 » postes de travail dans le monde dont « potentiellement 500 en France », 900 dans différents pays européens notamment sur les trois sites de production en Allemagne et 700 autres hors Europe sur des sites de production en Égypte, en Turquie ou au Brésil.
Parmi les unités directement concernées dans l’Hexagone figurent celles de Pont-Évêque (38), Mayenne (53), Rumilly (74) et le siège social à Ecully (69)… essentiellement impactées par la suppression de fonctions supports ou R&D, sans compter les non-remplacements.
Pourquoi cette nouvelle « trajectoire » ? « … parce que nous avons connu un accident en 2025 » a expliqué son directeur général, Stanislas de Gramont. Le chiffre d’affaires du groupe a reculé en 2025 de 1,2 % pour s’établir à 8,17 milliards d’euros pour un bénéfice net de 245 millions d’euros, mais avec un résultat opérationnel en chute de 25 %, autrement dit des résultats marqués par un tassement des ventes au niveau international.
Pour retrouver cette profitabilité, le groupe compte réaliser, « à l’horizon 2027 », « environ quelque 200 millions d’économie récurrentes » qui, outre les économies sur les achats, comporte des actions « sur l’amélioration de l’efficacité industrielle » et « l’organisation des frais de structures ». D’où les licenciements annoncés mais aussi une augmentation significative de la productivité (la fameuse « amélioration de l’efficacité industrielle ») et ce dans toutes les unités du groupe avec la volonté de « rapprocher » ses équipes de recherche et développement des zones de production pour pouvoir être plus réactif, notamment vis-à-vis de la concurrence chinoise.
Ce plan « pour une trajectoire de croissance rentable » n’est visiblement que le début d’une restructuration de plus grande ampleur du groupe. Le vice-président chargé des affaires publiques de SEB l’a laissé entendre devant la commission d’enquête du Sénat sur les marges des industriels quand il a déclaré :
« … produire en France c’est 20 % à 30 % plus cher. Une heure de main d’œuvre à 35 euros, c’est 4 euros en Chine, 2 euros au Vietnam et 1 euro en Indonésie ». Il le sait d’autant plus que SEB produit déjà au Vietnam, en Inde ou en Chine… plus de la moitié des matériels électroménagers vendus par le groupe !
L’hypocrisie de ces groupes n’a pas de limite ! Mais dans l’entourage du ministre délégué en charge de l’Industrie recevant S. de Gramont, on n’hésite pas à déclarer que celui-ci « s’était engagé à ce que les sites de production (en France) soient préservés et qu’il n’y aurait pas d’emplois industriels qui seraient concernés. On sera attentifs à ce que les engagements soient tenus ». Mais chacun sachant bien que « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent », dès l’annonce de plan d’économies pour l’avenir, le titre du groupe en Bourse a bondi de plus de 10 %. ★
