Parti Communiste des Ouvriers de France

Soirée rencontre débat avec Christian Téin à Bourges le 22/11
26 novembre 2025

La soirée de rencontre débat à Bourges avec Christian Téin Président du FNLKS a été sollicitée par le collectif Solidarité Kanaky18. C.Téin l’a choisie comme une dernière étape de sa tournée de prise de parole pour solliciter la solidarité de nombre de collectifs et mobiliser les kanaks de métropole avant un retour au pays auquel les déportés politiques sont autorisés.

Avec peu de temps pour organiser, une belle affiche sur fond de couleur de kanaky et des flyers sur le thème « quelle voie pour la décolonisation de la Kanaky-Nouvelle Calédonie ? » ont été diffusés. L’affiche comportait une image de Christian Téin, présenté comme « prisonnier politique déporté un an dans l’hexagone » se détachant sur un fond de grande manifestation à Nouméa derrière la banderole du CCAT « Non au dégel du corps électoral ».

Des diffusions ont été faites dans les réseaux des 17 organisations membres du collectif, auprès des étudiants de l’École Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Bourges, les lieux culturels…

Pour couvrir cet évènement, le 18 novembre une conférence de presse a eu lieu à l’UD CGT 18 avec la présence du Berry Républicain et la radio Ici Berry, suivie d’une interview de porte-paroles du collectif. Plusieurs articles ont été envoyés à Médiapart et l’AFP.

Les seules salles disponibles étaient bien en phase pour souhaiter la bienvenue dans le bien nommé « Hameau de la Fraternité », dont l’adresse porte le nom évocateur de Louise Michel, et qui accueille les populations de ce quartier populaire de Bourges nord, dont l’asphalte porte encore des marques de la révolte de la jeunesse.

C’est devant une salle bien pleine et attentive que la « coutume » a été faite avec Christian Téin entouré de Brenda Wanobo qui avait été déportée à Dijon, Steeve Unë à Blois et Yewa Waethéane à Nevers. En échange, Claire Dumas et Mathijs Schoevaert présentés comme cofondateurs du Comité de Solidarité avec le Peuple Kanak au début des années 1990, ont remis, au nom du collectif, un livre de BD de Bernard Capo sur la vie d’une berrichonne déportée en 1871 et un recueil d’affiches des soirées organisées et, en clé USB, un diaporama d’une soirée sur l’histoire du collectif des années 1990 à 2025.

Mathijs Schoevaert, à la tribune aux cotés de Claire Dumas, a prononcé au nom du collectif, les mots d’accueil pour les invités kanak et pour saluer les participants venus en nombre malgré le froid, et souligner la présence des collectifs de Nevers et de Tours. Après les mots de remerciement à Christian, présentation a été faite des 3 militants kanak déportés politiques à la tribune.

En guise d’introduction au thème de la soirée-débat, un rappel a été fait du « contexte de crise du système et en particulier de l’impérialisme français qui veut prendre sa part dans d’engrenage mortifère de cette guerre de repartage des richesses et pillage des métaux rares dont regorge la Nouvelle-Calédonie, y compris dans le lagon. »

C’est aussi leretour brutal à l’ordre colonial bafouant le droit des peuples à l’autodétermination. « L’Etat français au service des profits, un pouvoir en fin de règne, fait le forcing sur une double priorité le Budget et la Nouvelle Calédonie. Oui il y a un lien entre les deux quand on dit d’une part que Macron prend la main de son 1er ministre pour imposer son budget de méga austérité, avec une économie de guerre de haute intensité et que d’autre part il reprend la main sur Valls pour faire passe cette loi organique de report des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie. L’enjeu est d’inscrire dans le marbre de la Constitution française l’accord de Bougival qui maintien le peuple premier kanak minoritaire dans son propre pays aux main d’une majorité de loyalistes extrémistes, un apartheid de fait dans le giron de la France. »

Le communiqué de presse dans lequel le collectif apporte son soutien au FNLKS et au Sénat Coutumier dans leur non à l’accord de Bougival leur a été donné.

Dans son intervention Christian Téin a retracé l’historique de la décision de Macron d’une rupture avec les accords de Nouméa face à une dynamique des référendums où le oui à l’indépendance pouvait devenir majoritaire. Il a rappelé le référendum covid de la honte sans respect du deuil kanak puis la loi du dégel du corps électoral qui a provoqué la révolte de la jeunesse en mai 2024. Dans les prises de parole de Brenda Wanabo, Steeve Unë et Yewa Waethéane, ils et elle reviendront sur leurs brutales et inattendues arrestations et déportations avec actes de torture, traités « comme des terroristes ».

Aux questions de la salle leurs réponses d’une grande clarté ont leur complète détermination dans leur rejet de l’accord de Bougival, et leur demande de reprise du dialogue sur les bases de l’accord de Nouméa dont ils ont pu expliquer l’importance pour la mise en œuvre du programme du FNLKS au niveau institutionnel, et l’importance économique, sociale et environnementale de la maîtrise du nickel de la Province nord.

Après le débat, un temps important a été consacré à la poursuite de la rencontre dans une autre salle du Hameau de la Fraternité appelée « salle du partage » autour d’un buffet abondant, avec aussi une table librairie tenue par Claire Dumas pour consulter les nombreux livres sur le peuple Kanak. La vente des poèmes de Claudine Goix à Guillaume Vama en prison est venue alimenter la caisse de solidarité. Il y avait également une grande exposition sur l’histoire du peuple kanak apportée par le Collectif de Tours qui vendait aussi des tee-shirts kanak réalisés par Claude Ipeze. Les brochures du PCOF sur la Kanaky étaient également proposées à la vente.

La caisse de solidarité pour couvrir les frais de la venue de Christian Téin a été bien remplie.

Photos de groupe des kanaks et des collectifs avec Christian Téin ont été prises pour immortaliser l’évènement. Une vidéo a été réalisé par Pascal Martin d’ATTAC. 

Le collectif a recueilli des retours très positifs de cette soirée :  une rencontre vraiment exceptionnelle merci de l’avoir organisée », « c’était vraiment très réussi, ils étaient excellents, très clairs, très au point, très convaincants, et le buffet était top, bravo aux organisateurs ».

L’histoire du collectif et des liens avec la Kanaky

Ce diaporama commenté part des années1988 pour le « oui » au référendum sur les accords Matignon. Il évoque notamment les premières rencontres entre les militants du PCOF des fonderies Manoir Industries Bourges (qui utilisaient le nickel de Nouvelle Calédonie) avec, à l’époque, le Palika.

C’est de cette époque que date la co-fondation du collectif, avec Claire Dumas et son père Pasteur indépendantiste en Nouvelle Calédonie, puis l’inauguration de la rue Jean-Marie Tjibaou en mai 1995 près de l’usine avec près de 200 kanak de l’Association des Etudiants Kanak en France. et les rencontres mémorables entre danses kanak et bourrées berrichonne.

Le diaporama se poursuit avec toutes les actions du Collectif Solidarité Kanaky 18 en 2024-2025, dans cette ville où Guillaume Vama a été déporté, avec la priorité donnée à la libération de tous les prisonniers politiques kanak déportés, aujourd’hui, à l’exigence du non-lieu.

Les membres du collectif sont, aujourd’hui : « Les Amis de La Commune, ATTAC, l’UD CGT, CNT-SO, Comité de Vigilance, Confédération Paysanne L’Après, Ki6col, LFI, Mouvement de La Paix, NPA, PCF, PCOF, POI, Solidaires, UCL.

Christian Téin