Parti Communiste des Ouvriers de France

Sommet de Davos 2026
12 février 2026

C’est dans un contexte géopolitique bousculé, pour ne pas dire bouleversé par le nouveau cours de la politique de l’impérialisme US, que s’est tenue, du 19 au 23 janvier, la 56 e édition du Forum économique mondial, plus communément appelé sommet de Davos.

Dans cette station huppée des Alpes suisses, se réunissent chaque année depuis 1971, des patrons de multinationales, des banquiers, des milliardaires, de puissants responsables politiques et des intellectuels influents du monde entier.

Cette année le record de participation a été battu puisque le sommet a accueilli pas moins de 64 chefs d’Etat et de gouvernement, et 1  700 dirigeants d’entreprise. Au total, le sommet aura réuni 3 000 participants de 130 pays !

Et pas n’importe lesquels ! On y a vu les grands de la Tech dont Bill Gates, Elon Musk et le patron de Pfizer ainsi que Jensen Huang, le patron du fabricant américain de puces Nvidia. Le vice-président chinois était présent, la présidente de l’UE, le chancelier allemand, Macron (avec dans ses bagages une série de patrons de start-up) et bien d’autres… Sans parler de Trump en personne, venu avec une délégation pléthorique.

Sous la co-présidence du patron de BlackRock (1), cette nouvelle édition du forum avait mis à son programme cinq thèmes  : comment renforcer la coopération dans un monde divisé  ?

Comment garantir des sources de croissance économique sûres  ? Comment améliorer l’investissement dans le capital humain  ? Comment encourager l’innovation responsable ? Et comment construire une prospérité respectueuse de l’environnement ?

Mais de ces questionnements, il en fut très peu question, tant ce sommet a été vampirisé par la prestation tonitruante de Donald Trump.

La question de l’IA, de la rapidité de son développement et de ses conséquences en termes d’emplois et de réglementation n’a pas été traitée, quant à la question de l’environnement, elle est passée complétement à la trappe !!

Dans son discours qui a duré plus d’une heure trente, Trump a violemment attaqué l’Union Européenne. S’il a semblé vouloir abandonner l’emploi de la force, il a exigé des « négociations immédiates » pour « l’acquisition du Groenland  », reprochant au passage au Danemark son ingratitude  !

Puis il a vanté le «  miracle  » de sa présidence qui a permis la situation économique florissante des Etats-Unis, pour mieux stigmatiser le « déclin » de ses alliés européens. Il a dépeint un Vieux Continent devenu par endroits « méconnaissable » en raison de l’immigration de masse et de la transition énergétique décidée en réponse à ce qu’il qualifie de « canular » du changement climatique.

Trump est surtout venu dire aux Européens, comme il l’avait déjà fait, que c’est à l’Europe « de s’occuper de l’Ukraine » , et non aux Etats-Unis.

Zelensky, présent à Davos pour des discussions bilatérales, notamment avec le président américain, a annoncé, à l’issue de cette rencontre, avoir reçu des garanties de sécurité de la part des Etats-Unis et s’est réjoui qu’un accord de paix soit sur le point d’être finalisé. Lui aussi a fait un discours très critique vis-à-vis des Européens, leur reprochant un «  manque de volonté politique  » face à Donald Trump et Vladimir Poutine, ajoutant :

« L’Europe aime discuter de l’avenir, mais évite d’agir au présent » !

Si les dirigeants européens ont tenté chacun dans leurs discours d’affirmer une certaine distance vis-à-vis de Trump et de sa politique, il n’en reste pas moins que le président américain, fort de son statut de leader de la plus « grande puissance », et avec sa faconde habituelle, leur a répondu en les dénigrant, comme il l’a fait avec Macron qui, selon lui, « a essayé de jouer au gros dur ».

Le forum de Davos a également été l’occasion pour Trump de présenter au monde la charte qui officialise la création de son « Conseil pour la paix », c’est-à-dire l’institution qu’il préside et qui doit gérer la reconstruction de Gaza.

Christine Lagarde, présidente aujourd’hui de la BCE (après avoir été présidente du FMI) a déclaré, en guise de bilan :

« Il faut trier ce qui est du bruit et ce qui est un signal et, cette semaine, il y a eu beaucoup, beaucoup de bruits ».

Après le bruit, les coups de force et les coups de pression, est venu le temps des discussions. Loin des caméras, dans les salons feutrés du WEF, Trump s’est finalement ravisé et a annoncé un cadre d’accord sur le Groenland et la levée de taxes douanières visant huit pays européens. ★


1. On se souvient combien ce fonds financier, le plus important au monde, avec 12 000 milliards d’encours en 2024, avait été fustigé dans les grandes mobilisations contre la réforme de la retraite de 2023.