Parti Communiste des Ouvriers de France

Sommet mondial de l’énergie nucléaire civile
09 avril 2026

Ce rendez-vous, le deuxième à l’initiative de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), s’est tenu à Boulogne-Billancourt le 10 mars, à l’invitation de la France, et a réuni une quarantaine de dirigeants du monde entier.

Il y a quinze ans maintenant, le 11 mars 2011, avait lieu l’accident nucléaire de Fukushima au Japon, suite à un séisme et au tsunami qui avait suivi, endommageant gravement la centrale et provoquant des dégâts humains et environnementaux considérables.

Après Tchernobyl, Fukushima venait rappeler la dangerosité de cette technologie et, pendant plusieurs années, la question des programmes nucléaire a été mise sous le boisseau.

Mais le temps passant et les crises énergétiques se succédant, sans parler de celle en cours liée à la guerre actuellement menée par l’impérialisme US et l’Etat sioniste au Moyen-Orient, un contexte beaucoup plus favorable se présente aux partisans de cette énergie. Macron s’en est fait un ardent défenseur au sein de l’UE. D’autant que, pour financer son ambitieux programme, il a besoin des fonds européens ! Il a obtenu, dans un premier temps, la modification du cadre institutionnel permettant d’inclure le nucléaire dans la taxonomie verte permettant de bénéficier des différents financements européens possibles.

C’est ainsi que la France a obtenu en mars 2025, de la Banque européenne d’investissement, un prêt de 400  millions d’euros, sur vingt-cinq  ans, alloué au groupe public français Orano (ex-Areva).

Ce montant est destiné à financer un peu moins d’un quart de l’investissement prévu, sur le site de l’usine Georges-Besse 2, au Tricastin (Drôme), pour augmenter les capacités de ce site d’enrichissement d’uranium.

Macron a même rallié Ursula von der Leyen à sa cause  ! A ce sommet, la présidente de la Commission européenne a déclaré que réduire la part de l’atome en Europe était une «  erreur stratégique  » .

Elle a annoncé :

«  Nous créerons une garantie de 200  millions d’euros pour soutenir les investissements privés dans les technologies nucléaires innovantes.  » La dirigeante précise qu’il s’agit « d’une étape qui s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large visant à améliorer les conditions d’investissement dans le secteur nucléaire européen ».

Dans son nouveau cadre financier pluriannuel 2028-2034, toujours en discussion, la Commission européenne prévoit une enveloppe de près de 10  milliards d’euros pour le nucléaire. « D’ici à 2050, la Commission estime que les pays européens devront mobiliser quelque 241 milliards d’euros, tant pour la prolongation de la durée de vie des réacteurs existants que pour la construction de nouveaux réacteurs à grande échelle. Et cela, sans tenir compte des investissements supplémentaires nécessaires pour de petits réacteurs modulaires ainsi que pour les projets portant, à plus long terme, sur la fusion nucléaire – et non plus la fission » rapporte le journal Le Monde (1). ★


1. Article d’Adrien Pécout et Philippe Jacquépublié dans le journal Le Monde du 10 mars 2026.

CIGEO, accélération des procédures

L’enquête publique, prévue à l’automne, est avancée de mi-mai à fin juin et l’autorisation d’expulsion des opposants au projet de cette poubelle nucléaire a été prise lundi 23 mars !

Dans un communiqué, le CEDRA (Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs) dénonce cette décision d’expulsion. « Depuis les années 2000, l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois (terrain arboré de 8 ha et bâtiments), à quelques kilomètres de Bure, est un lieu de lutte et de vie collective.
De nombreuses activités militantes s’y sont déroulées : festivals et concerts ; camp anti-autoritaire, anticapitaliste et anti-nucléaire ; projections, débats, ateliers divers, etc.
Il est situé sur le tracé de la future voie ferrée qui acheminerait les déchets radioactifs vers le terminal de Saudron, le bâtiment de conditionnement des déchets en surface, avant la descenderie vers le stockage.
Ce lieu stratégique est donc menacé d’expulsion. Malgré de solides arguments juridiques développés par les propriétaires, le recours déposé vient d’être débouté :
la gare est expulsable dès aujourd’hui, 23 mars 2026.
*La SCI propriétaire de La Gare et l’Assoce Tomate, sa gérante, se réservent la possibilité de faire appel de cette décision qui, nous l’espérons, ne sera pas appliquée dans la précipitation et dans la violence. »