Soutenir l’exigence d’une loi intégrale 07 juillet 2026
Comme pour les morts de la canicule, face à l’assassinat de la petite Lyhanna et les révélations sur l’impunité d’un pédocriminel récidiviste, le gouvernement adopte la même posture de négation de toute responsabilité.
« Ce n’est pas une question de moyens » a affirmé de façon péremptoire Macron. Darmanin s’engouffre dans la même logique, pour se dédouaner, en essayant de charger au maximum des juges « défaillants », revendiquant dans la foulée des prérogatives supplémentaires pour le ministre de la Justice.
Mais la mobilisation citoyenne qui s’est développée à la suite de l’assassinat de la fillette les a obligés à changer de ton.
Dans son communiqué du 10 juin, la Coalition féministe et infantiste pour une loi intégrale contre les violences sexuelles rappelle « Chaque année, plus de 160 000 enfants et plus de 32 000 femmes sont victimes de violences sexuelles.
94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite. Ces chiffres ne décrivent pas des situations isolées.
Ils révèlent un système défaillant et une impunité organisée . » Le choc suscité par l’assassinat de la petite Lyhanna et les révélations sur l’impunité dont a bénéficié le principal suspect, a provoqué une mobilisation spontanée, immédiate et massive.
Le gouvernement a d’abord répondu par la répression, en interdisant le rassemblement place Vendôme à Paris et en interpellant et plaçant en garde à vue une de ses principales organisatrices.
Face à l’indignation générale, le gouvernement a fait quelque peu marche arrière. Le premier ministre annonçait mardi 23 juin, après la publication du rapport d’enquête sur la mort de la fillette, que le projet de loi intégrale déposé fin 2025 par une députée socialiste serait examiné en octobre par l’Assemblée nationale.
Cette proposition de loi s’inspire des 140 recommandations formulées il y a un an par la « Coalition féministe pour une loi intégrale » qui regroupe plusieurs dizaines d’organisations, des associations féministes et de protection de l’enfance et des syndicats.
Intégrale, car elle entend cibler tous les champs de la société qui peuvent jouer un rôle dans la prévention, le repérage et le traitement judiciaire de ces actes, ainsi que la prise en charge des victimes. Ce texte vise donc à réformer en profondeur la législation en matière de violences faites aux femmes et aux enfants.
C’est pourquoi la coalition appelle samedi 4 juillet 2026, dans toute la France, à « une grande marche citoyenne en hommage à Lyhanna, en soutien à toutes les victimes de violences sexuelles, et pour exiger l’adoption d’une loi cadre intégrale assortie d’un budget de 2,6 milliards d’euros par an . » La mobilisation devra se poursuivre car le gouvernement manœuvre déjà pour découper cette loi intégrale… en petits morceaux. S’exprimant devant l’Assemblée, Lecornu a déclaré :
« Vous avez 16 articles globalement qui correspondent à des mesures réglementaires ou d’organisation interne à l’Etat », promettant des décrets dès l’été. Selon lui, six mesures relèvent de textes budgétaires et huit font déjà partie d’autres propositions de lois qui sont en train d’être examinées. D’autres mesures sont comprises dans des projets de loi gouvernementaux, comme celui sur la justice criminelle de Gérald Darmanin, ou sur la protection de l’enfance qui doit être discuté en juillet à l’Assemblée.
Que resterait-il alors des 79 articles destinés à « couvrir toute la chaîne de violences, de la détection à la sanction, et dans tous les domaines, de la famille au travail en passant par la santé » ? ★
