Parti Communiste des Ouvriers de France

Sur la lutte contre le racisme
08 mai 2026

La question du racisme est revenue en force ces derniers temps, autour des élections municipales. Ce sont aussi bien les réseaux sociaux que les grands médias qui sont le terrain de diffusion des surenchères racistes. Si les réseaux contrôlés directement par l’extrême droite en font leurs choux gras, il y a incontestablement une « libération » de la parole raciste, dans l’espace public. L’élection de plusieurs maires issus de l’immigration a donné lieu à une campagne nationale nauséabonde, ouvertement raciste, visant notam ment le nouveau maire de Saint Denis, élu dès le premier tour. En haut lieu, les Macron et Cie n’ont pas réagi pour condamner ce qui est un crime (le racisme n’est pas une opinion, mais un crime). Macron a fini par se rendre à Saint-Denis, le 14 avril, dans le cadre d’une cérémonie officielle prévue de longue date, et a assuré le maire LFI, Bally Bagayoko « qu’il condamnait bien sûr les actes racistes et qu’il était intransigeant sur cette question ».

On se souvient du « silence » de Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, au moment du crime ouvertement raciste commis contre un Tunisien, dans le Var, dont l’auteur a publié des vidéos « à contenu raciste et haineux » ( Le Monde du 2 juin 2025). Encore ces derniers jours, le 19 avril, des enfants immigrés ont été visés par des tirs de carabine, dans une petite ville de Haute-Loire, par un individu ayant tenu des propos racistes. Sans une enquête journalistique et des témoignages, cette affaire aurait pu en rester à une question de violence. Mais ce sont les violences policières, dont plusieurs mortelles, qui sont souvent dénoncées comme ayant un caractère raciste. Les jeunes des quartiers populaires, d’origine immigrée, en sont les premières victimes. Dans la grande majorité des cas, des « doutes » sont mis en avant par les « syndicats de policiers » érigés en porte-parole quasi officiels du ministère, pour écarter cette qualification qui entraînerait une aggravation de la peine pour les auteurs.

De nombreuses associations antiracistes répertorient ces cas, alimentent des mobilisations de longue haleine pour faire condamner les auteurs.

Ce qui s’est passé à Saint-Denis marque un pas supplémentaire, en s’en prenant à une personne d’origine africaine, en la décrivant en termes racistes, pour la disqualifier d’assumer une responsabilité poli tique, alors qu’elle a été élue. Cette attaque a provoqué une mobilisation quasi immédiate, appelée par le maire, qui s’est concrétisée par un rassemblement de plusieurs milliers de personnes, le 4 avril dernier.

Ce cri collectif contre le racisme, les racistes, n’appartient à aucune force politique en particulier et toute tentative de récupération dessert ce combat. Celui-ci doit s’intégrer dans les combats des travailleurs et travailleuses, des masses populaires, pour leurs intérêts et leurs droits collectifs. Il ne concerne pas seule ment les victimes du racisme et doit se mener dans l’unité large, selon le mot d’ordre toujours d’actualité : « français immigrés, mêmes patrons, mêmes droits, même combat ».

Le problème, ce ne sont pas les immigrés, mais le système capitaliste impérialiste

C’est ce qu’a oublié F. Ruffin, qui s’est lancé dans une campagne « contre l’immigration de travail ». Partant du fait que les travailleurs immigrés sont surexploités, soumis à des conditions de travail et de salaires inférieurs à celles des autres travailleurs, il oublie que c’est le système capitaliste qui organise précisément cette concurrence entre travailleurs en poussant à la surexploitation des uns pour tirer la condition de tous et toutes vers le bas. Autrement dit, il fait d’une catégorie de travailleurs la plus exposée de ce système, les travailleurs immigrés, les responsables de cette mise en concurrence. Il jette par-dessus bord les acquis des luttes tenaces, pour la régularisation des travailleurs et travailleuses sans-papiers ; les années de dénonciation des poli tiques de « l’immigration choisie » chère au patronat ; les années de mobilisation au sein du mouvement syndical pour organiser les travail leurs immigrés, pour développer la lutte collective pour arracher les mêmes droits pour tous et toutes, bref tout ce qui contribue à l’unité de la classe ouvrière et des travail leurs, pour combattre ensemble le système qui ne cesse de les diviser. Il tourne aussi le dos à toutes les avancées sociales, politiques et idéologiques que ces combats ont apportées, notamment dans la com préhension du lien qu’il y a entre le système capitaliste impérialiste, ses guerres de pillage et de repartage, avec le phénomène de l’immigration. Il entretient l’idée réactionnaire que les ouvriers et travailleurs français vivraient mieux, auraient plus à gagner, sans les travailleurs immigrés. On voudrait lui crier : François, tu vas où ? ★