Sur les municipales de mars 13 janvier 2026
La campagne des municipales est à présent lancée : à l’approche du scrutin, elle va davantage occuper le débat médiatique, mais les partis et leurs militants qui y participent sont déjà sur le terrain. Comme ce sont des élections locales, nos camarades sont souvent interrogés sur notre position, voire sollicités pour être sur une liste ou participer à un comité de soutien à une liste.
Comme ils et elles l’expliquent aux militants qui les interpellent, nous ne nous désintéressons évidemment pas de ces élections, ni des autres d’ailleurs, mais pour ce qui est de notre engagement, en termes de forces, de moyens, nous privilégions le travail autour de notre priorité, que nous formulons ainsi : « lutter pour une rupture révolutionnaire avec le système ». Comme à chaque échéance électorale, nous donnerons une consigne qui s’appliquera en tenant compte des réalités locales. Cette consigne, nous l’appliquerons et nous appellerons nos amis, les militants qui s’intéressent à nos positions à la suivre, parce qu’elle tiendra compte des intérêts du camp populaire, dans le cadre de ces élections locales et qu’elle contribuera à le renforcer.
Il est encore trop tôt pour la formuler, étant donné le fait que les listes sont encore en discussion.
Il y aura aussi des listes clairement identifiées comme des listes présentées par un parti, comme « portevoix » de ses positions générales. C’est un choix que permettent encore les règles de la démocratie bourgeoise, mais qui n’a qu’un faible impact sur le résultat même de ces élections.
Sur le plan des programmes, les droites et l’extrême droite focalisent sur les questions de sécurité, de contrôle de l’immigration, la lutte contre « l’assistanat ». Les droites et le centre essaient de capitaliser sur les « sortants », pour conserver à la fois les nombreuses municipalités qu’elles dirigent et assurer par là leur influence prépondérante au Sénat.
Le RN veut garder ses points d’ancrage municipaux et gagner de nouvelles municipalités.
Il y a des alliances qui se dessinent, notamment au deuxième tour, où le RN pourra se maintenir ou fusionner avec la droite. Le risque est réel dans plusieurs municipalités.
A gauche, le NFP n’existe plus. S’il y a des listes « unitaires », tous les cas de figure sont possibles, en fonction des situations locales : liste unique ou listes séparées – qui peuvent fusionner au deuxième tour.
LFI a décidé de participer sous son étiquette dans le maximum de communes. Elle a des ambitions pour gagner des municipalités et avoir le maximum de conseillers municipaux, c’est pourquoi LFI se présente souvent « seule », mais elle peut aussi passer des alliances en fonction des rapports de force, en particulier au second tour.
LFI essaie de capter les voix des jeunes qui se sont mobilisés en faveur de la Palestine, en mettant en avant les positions publiques de Mélenchon et d’autres leaders sur cette question.
LFI pilonne surtout le PS et les listes que ce dernier dirige, en alliance avec le PCF, les Ecologistes… Son argument : il ne faut pas disperser les voix à gauche entre les listes, pour capitaliser le plus de voix dès le premier tour, contre le RN et la droite.
Sur ce plan, LFI joue le scénario des présidentielles, avec l’idée que LFI est la seule à pouvoir battre le RN. Le PCF essaie de garder les municipalités qu’il dirige, ce qui se traduit souvent par des alliances avec le PS, mais aussi avec LFI et avec les Ecologistes, dans le cadre de soutiens réciproques. Beaucoup de listes conduites par le PCF pâtissent de l’usure des équipes qui dirigent les communes, d’autant que la plupart d’entre elles sont le fruit des alliances précédentes, il y a 6 ans (2020), qui sont remises en cause.
Quant aux Ecologistes , ils s’inquiètent de subir un recul par rapport aux élections précédentes, payant en quelque sorte le « recul général » de l’écologie politique, sous les coups de butoir des macronistes, de la droite, de l’extrême droite ; de la propagande contre l’écologie non seulement qualifiée de punitive mais aussi tenue pour responsable des difficultés économiques… A cela s’ajoute leur politique fluctuante vis-à-vis des autres forces de gauche, avec notamment la séquence des votes du budget, où ils se sont divisés entre suivisme vis à vis du PS et alignement sur LFI. Sans oublier leur soutien à l’Ukraine, y compris sur le plan militaire.
C’est donc dans ce contexte de listes à gauche à géométrie variable et, à droite, d’alliances avec le RN, que nous aurons à déterminer notre consigne qui se déclinera en tenant compte des situation locales. ★
