Sur les municipales 12 février 2026
Dans le numéro de janvier, nous avons expliqué pourquoi nous ne participions à aucune liste et que nous ne nous engagions dans aucune campagne en soutien à une liste. Nous poursuivons aujourd’hui par la question des consignes électorales que nous allons donner, sachant que la multiplication des listes et des alliances rend l’exercice complexe.
Les enjeux des municipales
Les élections municipales élisent quelque 500 000 élus locaux des 35 000 communes. La grande majorité des communes ont moins de 3 000 habitants (89 %).
Aujourd’hui, tous les partis nationaux présentent des candidats et des listes aux municipales, avec plusieurs objectifs : renforcer leur implantation et leur institutionnalisation, augmenter leur visibilité, se compter et mesurer leur influence électorale, mobiliser leurs militants et en trouver d’autres, voire provoquer des divisions dans les autres partis.
D’autre part, il est clair que pour la plupart des partis qui ont des ambitions présidentielles, ces municipales s’inscrivent dans leur préparation.
C’est revendiqué du côté du RN, de LFI, mais c’est également en toile de fond de la campagne du PS, des Ecologistes, des droites… surtout dans les grandes villes.
Quelles consignes ?
Le nombre de listes qui se présentent explose. Plusieurs n’ont comme seul objectif que de se faire connaître et de populariser leurs combats.
Comme il y a peu de listes qui pourraient être estampillées « macronistes » (1), il n’y a pas l’effet « sanction » contre le parti de Macron.
Les partis qui visent à obtenir des élus doivent franchir le seuil de 10 % des suffrages au premier tour. Comme aucune liste dans les grandes villes ne peut espérer gagner toute seule au premier tour, toutes sont construites en fonction des différents cas de figure se présentant au deuxième tour. Beaucoup ont fait le choix d’une alliance large dès le premier tour.
Les enjeux en termes de politique municipale se déclinent entre les propositions de l’extrême droite et des droites et celles qui se définissent de gauche, qui donnent la priorité aux besoins des milieux populaires, en termes d’école, de périscolaire, de logement, de culture, de transports… Si les différences se réduisent, du fait à la fois de l’austérité imposée par l’Etat – la baisse du budget dédié aux collectivités le montre –, de la diffusion des pratiques de soustraitance de la gestion de nombreux services et de la généralisation des polices municipales, il n’en demeure pas moins que le passage d’une municipalité à la droite, au RN, signifie une aggravation des inégalités, une discrimination plus grande vis-à-vis des populations d’origine étrangère, plus de clientélisme… C’est pourquoi, le critère valable, pour nous, dans tous les cas de figure, est celui de « pas une voix à la droite et à l’extrême droite ».
A partir de là, se pose la question des différentes listes qui se réclament de gauche.
Un critère à prendre en compte est celui de la capacité d’une liste à faire réellement barrage à l’extrême droite, si ce danger existe. Dans ce cas, nous adoptons la même position que celle que nous avons prise aux dernières législatives, en appelant à voter pour cette liste.
Dans les autres cas, notamment celui de listes « exclusives » (2), qui font de LFI l’ennemi principal, ou qui font de même de la présence du PS, vu l’enjeu d’abord municipal de ces élections, nous refusons de choisir. Nous refusons aussi les manœuvres visant à diviser les collectifs d’organisations et de militants, construits sur des terrains précis, comme le soutien à la lutte du peuple palestinien, ou à celle du peuple kanak, en les mettant en demeure de se positionner en faveur d’une liste électorale.
Il est illusoire d’appeler « à l’unité » ou de chercher « qui est responsable de la désunion » à gauche. Ceci dit, si une liste réalise cette unité, nous appellerons également à la soutenir.
Pour finir, dans ce contexte de grande division, on peut comprendre l’abstention ou le vote pour des listes plus radicales, sauf, comme nous l’avons souligné, si cela favoriserait une liste d’extrême droite, ou de droite. ★
