Parti Communiste des Ouvriers de France

Syrie, Rojava, Iran, dans les griffes des impérialistes
12 février 2026

Le Proche-Orient est le théâtre de grands mouvements populaires de lutte et de résistance, comme on le voit en Iran ; de lutte héroïque pour la survie de tout un peuple, comme le peuple palestinien ; le tout sur fond d’agressions, de guerres, d’opérations militaires de démembrement d’Etats. Toutes les puissances impérialistes et plusieurs puissances régionales trempent dans ces conflits et ces guerres dont les principales victimes sont les peuples, plongés dans une misère et une insécurité sans fin et dans la négation de leurs droits nationaux, de leur droit à décider de leur avenir.

L’impérialisme US et son allié, l’Etat sioniste israélien, en sont les protagonistes directs, chacun défendant ses propres intérêts.

Leurs objectifs communs  : contrôler la Syrie, affaiblir le plus possible le régime iranien, détruire le Hamas et le Hezbollah et les liens qui les unissaient contre Israël et les USA. L’impérialisme russe a perdu l’appui des régimes alliés dans cette région où le pétrole, le gaz, les ressources en eau… sont des enjeux stratégiques pour toutes les puissances impérialistes, y compris les puissances européennes et l’impérialisme chinois… L’impérialisme français participe parfois directement, parfois de façon indirecte, à ces guerres, à ces manœuvres, allant jusqu’à se présenter comme un allié de certaines causes.

Essayer d’expliquer de façon concrète les enjeux de ces tensions et guerres réactionnaires, dénoncer les responsables et mettre en avant les exigences légitimes des peuples sont nécessaires pour pouvoir apporter une solidarité internationaliste.

C’est l’objet des éclairages qui suivent.

Syrie, Rojava : quand l’impérialisme se sert des djihadistes

Le régime d’Assad s’est maintenu au pouvoir grâce à un Etat policier et militaire implacable pour ses ennemis intérieurs, l’appui de l’impérialisme russe, et l’accord des USA, présents en Syrie depuis 2014. Cette présence a fluctué numériquement (2 000 hommes à la chute de Bachar), mais elle s’est toujours appuyée sur les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), composées et dirigées par les Kurdes, dans le combat contre Daech.

Outre l’appui logistique, les forces US présentes, notamment dans le Nord-Est de la Syrie, ont veillé à la « sécurité » des puits de pétrole et de gaz contrôlés par les forces kurdes.

Le pétrole joue un rôle clé dans la situation actuelle. Même si la Syrie n’est pas un grand producteur et que les années de guerre ont dégradé la production, il représentait un quart des recettes de l’Etat syrien. Dans l’état délabré de l’économie syrienne, les nouvelles autorités veulent le contrôler. Maintenant qu’ils sont des alliés de l’impérialisme US, celuici n’y voit pas d’inconvénient, et Chevron, associé à une entreprise qatari, est déjà sur place.

En effet, la chute en quelques jours de Bachar Al Assad (décembre 2024) et la prise de contrôle par Al-Charra, ex-responsable de groupe djihadiste, a signifié un renversement total des alliances et des influences en Syrie.

L’Etat sioniste a profité de la situation de «  vide  » pour prendre le contrôle total du Golan, pratiquant dans les zones prises à la Syrie la même politique d’expulsion et de répression des populations syriennes que celle qu’il exerce en Cisjordanie vis-à-vis des Palestiniens. Il a détruit une grande partie du matériel militaire de la Syrie, bombardant les casernes, les ports, les aérodromes et les sites de stockage de munitions, tuant des centaines de civils.

Sous l’égide de Trump, le nouveau dirigeants syrien, reçu à plusieurs reprises à Washington, a conclu des accords de sécurité avec Israël et a pris des distances avec l’Iran et la Russie. La Syrie est aujourd’hui dans l’orbite des USA, auxquels Al-Charra ne peut rien refuser. C’est dans ce contexte qu’intervient l’offensive militaire des forces armées syriennes contre les zones contrôlées par les forces kurdes, notamment le Rojava.

L’impérialisme et la réaction veulent liquider l’expérience du Rojava

Le Rojava est une région syrienne peuplée d’Arabes, de Kurdes, d’Assyriens et d’autres minorités. Depuis le début de la guerre civile (2012), les forces kurdes y ont construit une région autonome politique, sociale, militaire, dont les Forces Démocratiques de Syrie (FDS) sont la colonne vertébrale. Une société démocratique s’est développée, dans laquelle les droits des femmes ont été reconnus, et toute une administration y assure la santé, l’éducation, la gestion de l’économie. Comme nous l’avons souligné, les FDS ont combattu Daech, qui voulait détruire cette expérience.

Aujourd’hui, c’est le nouveau régime en place en Syrie qui veut «  intégrer  » cette région et les autres régions encore contrôlées par des forces kurdes, dans la Syrie. Il a le soutien de l’impérialisme US et du régime turc, qui a toujours voulu mettre fin à une région autonome kurde aux frontières de la Turquie.

Comme le dit notre parti frère de Turquie, le Parti du travail EMEP :

« Le canton kurde constitué à Rojava en 2012 est aujourd’hui menacé de destruction, et la résistance kurde est visée. Le principal objectif du pouvoir d’Erdogan – qui a lancé à l’intérieur du pays le processus dit de «  Turquie sans terrorisme  » et qui, afin de l’étendre à la Syrie, mène une diplomatie de navette entre les ÉtatsUnis et le pouvoir de Charra –, est de se débarrasser de Rojava (…) Rojava appartient aux peuples de Rojava, et le destin de la région doit être décidé par l’ensemble des peuples qui y vivent. Notre parti se tient aux côtés des peuples de Rojava, que le peuple kurde a fondé et défendu au prix de sa vie . » ★