Parti Communiste des Ouvriers de France

Taxation des riches et des monopoles ? Oui mais juste un peu !
12 novembre 2025

La « taxe Zucman » a été rejetée, y compris dans sa version allégée proposée par le PS. Le patronat est monté au créneau, relayé par tous les partisans de la « politique de l’offre » chère à Macon. Selon eux, le vote de cette taxe ferait fuir les investisseurs que l’exécutif macronistes n’a cessé de cajoler (210 milliards d’aides annuelles aux entreprises, bénéficiant principalement aux grands groupes monopolistes).

Pour justifier le rejet de cette taxe, Lecornu n’a pas hésité à se référer aux lois fondamentales de la « démocratie  » bourgeoise, notamment, le « droit inviolable et sacré de la propriété » défendu par l’article 17 de la Déclaration du 26 août 1789 des droits de l’homme et du citoyen, toujours cité en préalable de la constitution de 1958. Le RN, qui a également voté contre cette «  taxe Zucman  », lui a donné raison en déclarant  :

« C’est non, parce qu’on touche à l’outil de production » . L’autre argument avancé est le caractère anticonstitutionnel d’une « charge fiscale excessive pesant exclusivement sur une minorité  ».

2  %, une charge excessive ? Il faut une bonne dose de provocation pour l’affirmer, alors qu’un taux de 11  % est applicable pour les travailleurs et les retraités dont les revenus sont compris entre 11 498 € et 29 315 €, et qu’un taux de 30 % est appliqué pour les tranches de revenus comprises entre 29 316 € et 83 823 € ! Et ne parlons pas de la charge fiscale effectivement « excessive » qui pèse sur les plus pauvres via la TVA (impôt sur la consommation, le plus injuste et le moins proportionnel qui soit).

Un certain nombre de mesures pour augmenter légèrement la contribution des entreprises et des riches ont finalement été votées, grâce à des alliances à géométrie variables incluant parfois le RN. C’est le cas de l’impôt sur la fortune improductive (voté par le PS, le RN et le Modem), de l’impôt sur les bénéfices des multinationales (à partir d’un amendement LFI), du durcissement de « l’exit tax » (proposé par le RN pour lutter contre l’évasion fiscale), de la hausse de la taxation du rachat d’actions (amendement RN) et du prolongement de la contribution sur les hauts revenus instaurée l’année dernière par Bayrou… Des mesures toutes relatives et qui risquent par ailleurs d’être sans lendemain selon les votes au Sénat et la suite de la procédure budgétaire. Les monopoles et leurs actionnaires ne risquent pas de se retrouver sur la paille ! ★