Parti Communiste des Ouvriers de France

TotalEnergies, profiteur de guerre !
08 mai 2026

un moment où les prix des carburants à la pompe explosent, le groupe monopoliste TotalEnergies vient d’annoncer de nouveaux profits records. Une vraie provocation envers toutes celles et ceux obligé.e.s de prendre leur voiture pour aller travailler et/ou faire leurs courses.

51 % de profits de plus au premier trimestre 2026 ! Soit quasiment 6 milliards d’euros supplémentaires venant s’ajouter aux milliards d’euros que le groupe à l’habitude d’engranger.

Celui-ci annonce une hausse de 5,9 % sur les dividendes versés, un rachat d’actions à hauteur de 1,5 milliard d’euros soit quelque 3,18 milliards qui vont être distribués aux actionnaires, faisant encore progresser le cours de l’action.

Pour arriver à ces résultats, le groupe pétrolier, vu sa position de monopole, a spéculé à très grande échelle sur le cours des carburants, que ce soit sur les marchés de gros comme sur ceux à la pompe.

Le journal Médiapart rapporte que ces opérations de trading (spéculation) lui ont permis de quasiment assécher le marché pétrolier de Dubaï en achetant, en mars, soixante-neuf tankers de brut. Des positions sans précédent d’après les traders. « C’est probablement la plus importante prise de position jamais réalisée par un seul acteur sur les marchés pétroliers » amplifiant la spéculation et la hausse des cours.

Au moment où nous écrivons ces lignes, le prix du baril de Brent (référence qui sert à fixer les prix au niveau mondial) tourne autour de 124 dollars, rejoignant le cours qu’il avait atteint lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.

Ces milliards de profits supplémentaires, TotalEnergies les a engrangés en faisant les poches aux automobilistes, y compris en bloquant les prix dans ses propres stations-service, asphyxiant la concurrence.

N’en déplaise à toutes celles et ceux qui montent au créneau pour défendre la position de ce 5 e producteur de pétrole et de gaz à l’échelle mondiale, « essentiel à l’indépendance énergétique de la France », le groupe TotalEnergies est un profiteur de guerre.

Le sujet n’est pas de savoir si TotalEnergies va « redistribuer d’une manière ou d’une autre » ses profits « exceptionnels » comme le dit S. Lecornu, mais celui de bloquer les prix des carburants à la pompe au niveau de là où ils étaient avant l’attaque de l’Iran.

74 % des salariés sont tributaires de leur voiture pour se rendre au travail et la très grande majorité d’entre eux en ont besoin pour aller faire leurs courses. Ils étaient 72 % en 2021 selon une étude de l’Insee (1). En zone rurale, ce sont 85 % des actifs qui se déplacent en voiture et 86 % en zone périurbaine. Dans cette même étude, on apprend aussi que 78 % des ouvriers empruntent leur voiture pour aller travailler (contrairement aux cadres qui sont 68 %).

« La raison ? Simple et implacable :

postes excentrés, horaires décalés (5h-13h, nuit, week-end), zones d’emploi éloignées des réseaux collectifs… l’ouvrier subit la géographie et le manque de flexibilité du bus ou du train. La part modale élevée chez les ouvriers n’est pas un caprice mais une contrainte structurelle ». Les hausses de carburant pour les travailleurs-euses représentent une part croissante du salaire qui disparaît avec ce type de dépenses contraintes, alors que les salaires stagnent depuis des années, confortant les profits des patrons.

Et ce ne sont pas les incitations à acheter une voiture électrique qui vont régler les ponctions en cours sur le budget des ménages. Et d’autre part, vu le niveau de leur prix et les capacités réelles de consommation de la grande masse des travailleurs-euses, il y a fort à parier que les voitures thermiques ont encore de beaux jours devant elles.

Tout le monde s’accorde à dire qu’« il ne faut pas s’attendre à une baisse conséquente des cours du pétrole, y compris une fois cette guerre terminée ». Le blocage des prix des carburants n’est pas une question conjoncturelle. Ce ne sont pas les mesurettes limitées dans le temps de S. Lecornu concernant les « actifs dont le revenu fiscal ne dépasse pas 16 880 euros par part et qui effectuent plus de 15 km par trajet et par jour entre leur domicile et leur lieu de travail… » qui répondent aux exigences de toutes celles et ceux qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler.

Mais, par contre, elles conviennent parfaitement à TotalEnergies ! Non seulement ses profits et ses « profits exceptionnels » ne sont pas concernés, mais le prix des carburants reste « libre » et peut se maintenir au plus haut niveau. ★


1. Étude parue le 19 janvier 2021 et complétée.