Parti Communiste des Ouvriers de France

Toujours plus d’argent pour préparer la guerre
09 avril 2026

Il devient difficile de suivre la valse des milliards destinés à développer les capacités militaires de l’impérialisme français. La Loi de programmation militaire (2024-2030) de 413 milliards doit être « revalorisée  » de 36 milliards. C’est l’objet d’un nouveau projet de loi qui doit être discuté dans les prochaines semaines  : le 4 mai à l’Assemblée nationale et le 1er juin au Sénat.

Selon Lecornu, porte-parole du lobby militaro industriel, cette rallonge est motivée par la guerre au Moyen-Orient, qui épuise les équipements engagés dans le cadre des accords de défense avec les monarchies du Golfe.

Mais, aujourd’hui, la production des munitions est devenue la priorité des priorités. Pour cela, Lecornu veut augmenter le budget consacré aux munitions de 8,5  milliards, qui s’ajoutent aux 16  milliards déjà prévus dans la LPM. Par munitions, il entend les obus, mais aussi les roquettes et les missiles.

Le grand bénéficiaire de ces commandes, c’est MBDA (monopole franco-italo-britannique), premier fabricant de missiles en Europe. Il va truster les commandes de la nouvelle entité, France munitions, à capitaux publics et privés, qui sera l’acheteur «  grossiste  » des munitions, auprès des entreprises. Elle va «  massifier les commandes aux industriels, donc accélérer la transformation de leur outil de production », autrement dit, produire plus, plus vite, en augmentant l’exploitation de la force de travail. Bénéfices substantiels assurés aux actionnaires  ! Cette création a été saluée comme «  une excellente initiative  » par le PDG de MBDA, qui ne cesse de battre des records en termes de capacités de production, de commandes (44  milliards) et qui veut, entre autres, créer une « plate-forme d’essais laser », agrandir son site de stockage, en doublant la superficie de son établissement de Selles-St-Denis (41). Un collectif s’est monté pour contrer ce projet de militarisation et de destruction de dizaines d’hectares d’écosystèmes (1) fragiles.

L’actualisation de la LPM va aussi permettre de financer encore davantage la fabrication de drones, devenu l’armement indispensable dans les guerres actuelles. Start-up et monopoles se bousculent sur ce marché en rapide expansion. Renault s’est lancé dans la fabrication de drones civils et surtout militaires. Un des derniers entrants sur ce marché n’est autre qu’Orange qui a créé une branche dédiée à la «  lutte anti-drone  ».
Orange met son réseau d’antennes et de communications, ses chercheurs, au service des entreprises privées pour «  détecter et identifier les drones intrusifs » et se tourne aussi vers les industries de la défense et de la sécurité, en France et dans les pays frontaliers avec l’Ukraine. En France, ce sont quelque 2 000 entreprises privés « critiques » du point de vue sécurité qui sont visées. La LPM intégrera également des dispositifs législatifs permettant d’autoriser ces entreprises critiques à neutraliser les drones (une fonction réservée pour le moment à l’armée).

Ces annonces en cascade, qui se chiffrent en milliards, mettent en lumière l’accélération de la militarisation de l’économie et, plus généralement de la société, au détriment des budgets sociaux. Il y a un mois, c’était l’annonce d’un nouveau porte-avions, de plus de bombes nucléaires (voir La Forge de mars). Aujourd’hui, la guerre impérialiste lancée par l’impérialisme US et son allié, l’Etat sioniste, provoque des destructions massives et, par ricochet, une nouvelle crise de l’approvisionnement énergétique.

La dénonciation des liens entre monopoles de l’armement français et les monopoles israéliens avait commencé à susciter une contestation des ventes d’armes à un Etat génocidaire. L’amplification de la production d’armements de toutes sortes et leur exportation à des Etats en guerre va dans le même sens. Lutter pour faire cesser cette guerre impérialiste, exiger que l’impérialisme français ne s’y engage pas et dénoncer la militarisation participent du même combat. ★


1. Une mobilisation à l’initiative de nombreuses organisations du 18, 41 et 45, dont notre parti.

Les stocks de missiles diminuent rapidement

La flotte de Rafale stationnée à Abu Dhabi a été portée à 12 exemplaires, dont la mission serait de détruire les drones visant les installations pétrolières et gazières des Emirat du Golfe. Equipés des missiles Mica (à plus de 300 000 euros pièce), ils ont intercepté des drones iraniens à 4 000 euros pièce ! En ayant tiré une centaine de ces projectiles, ils ont consommé 1/8 du stock global de ces missiles. Il est impossible pour l’état-major de poursuivre ce type d’opérations et les responsables militaires envisagent d’autres solutions, à base d’hélicoptères et de roquettes.