« Tournée » de Christian Téin et des militants déportés : La solidarité au rendez-vous 12 novembre 2025
Depuis le 13 juin, tous les prisonniers politiques kanak déportés en France ont été libérés. Ils n’avaient cependant pas le droit de rentrer au pays et avaient interdiction de se rencontrer et de communiquer entre eux, l’instruction étant toujours en cours. Pendant tout l’été, chacun d’entre eux a participé, individuellement et aux côtés de militants kanak vivant en France, à diverses manifestations où ils ont porté le combat de leur peuple.
L’interdiction de se rencontrer a été levée fin septembre et ils sont aujourd’hui tous autorisés à rentrer au pays.
Depuis octobre, les six déporté.e.s ont multiplié les rencontres avec les forces politiques et syndicales (notamment la Cgt et Solidaires), pour informer de la situation en Kanaky et des objectifs de leur lutte. C’est ainsi qu’ils ont rencontré tous les groupes parlementaires sans exception, RN compris, auxquels ils ont réaffirmé que, accord de Bougival ou pas, modification de la constitution ou pas, ils trouveront toujours en face d’eux le peuple kanak debout jusqu’à ce qu’il obtienne sa souveraineté pleine et entière.
Le FLNKS a également mis à profit cette levée pour organiser une tournée avec Christian Téin accompagné d’un ou deux autres déporté.e.s, dans plusieurs villes de France où des collectifs se sont constitués en soutien à un des 7 prisonniers déportés ou se sont réactivés en solidarité avec la lutte du peuple kanak pour son indépendance. C’est ainsi qu’ils se sont rendus à Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, Bourges, Nevers,… ainsi qu’en Espagne où ils rencontré des députés catalans. Cette tournée avait aussi pour objectif de mobiliser et souder la communauté kanak, qui a répondu présente et est venue nombreuse, en famille, réaffirmer son soutien au FLNKS et à son président, Christian Téin. Ces réunions d’information et de témoignage ont partout été un succès, rassemblant dans chaque ville une centaine de personnes. Conférences de presse, émissions de radios, rencontres avec les associations et collectifs de solidarité… toutes les opportunités ont été saisies pour expliquer le rejet de l’accord de Bougival par le FLNKS, faire connaître la situation en Kanaky, les difficultés auxquelles ils sont confrontés mais aussi réaffirmer leur engagement à poursuivre la lutte jusqu’à Kanaky libre et indépendante. Là où nos camarades sont investis dans les collectifs de solidarité (Bordeaux, Bourges…), ils ont contribué activement à la mobilisation et au succès de ces réunions.
Le point d’orgue de la tournée a été le meeting organisé par le Collectif Solidarité Kanaky à Paris à la Bourse du Travail, en présence des 6 ex-prisonnier.e.s politiques kanak toujours présent.e.s en France – Frédérique, la première ayant été libérée étant déjà rentrée au pays.
Devant une salle pleine, chacun.e a apporté un témoignage fort sur ses conditions d’arrestation et de transfert en métropole dans des conditions inhumaines et dégradantes, qui visaient à les humilier. Ils ont aussi l’important soutien qu’ils ont reçu ici en France de la part des collectifs de solidarité, pour eux et pour leur famille, et de la part des autres détenus. Un soutien qu’un ex-détenu de droit commun transféré du Camp Est en juin 2024 et aujourd’hui libéré a également souligné dans son témoignage en visio. Déportés politiques ou prisonniers de droit commun, ils sont tous confrontés à de grandes difficultés pendant leur incarcération et après leur sortie.
Le travail de solidarité a permis de fournir des vêtements, les moyens de cantiner, établir le lien avec les avocats, etc. puis trouver un logement, une formation, du travail pour vivre et payer leur billet de retour, celui-ci n’étant pas pris en charge par l’administration pénitentiaire, obtenir ou renouveler leur passeport pour pouvoir rentrer au pays… autant d’aspects que le collectif de solidarité avec les prisonniers kanak et le collectif solidarité Kanaky s’efforcent de résoudre. Un appel à la solidarité financière a été lancée de la tribune car c’est dans l’immédiat une question urgente à régler.
Le paradoxe de la situation, c’est que la déportation des militants kanak, mesure coloniale emblématique qui visait à étouffer le mouvement en Kanaky, a eu pour effet de faire en sorte qu’en métropole la question kanak redevienne un drapeau pour les forces anticoloniales et antiimpérialistes et plus largement, et que leur dispersion dans plusieurs prisons de l’Hexagone a contribué à l’élargissement du mouvement de solidarité. Notre parti continuera à apporter sa pierre à cet élargissement et à son renforcement. ★
