Parti Communiste des Ouvriers de France

Trump réitère son soutien à Netanyahu
13 janvier 2026

Le 28 décembre 2025, Benjamin Netanyahu était invité par le président américain pour une rencontre officielle dans sa résidence de Mare Lago en Floride. C’est la cinquième fois que le président américain reçoit Netanyahu depuis son élection. Les deux chefs d’Etat ont affiché encore une fois une entente quasi parfaite en menaçant l’Iran, le Hezbollah au Liban et le Hamas. Pas un mot sur les violations du cessezle-feu par Israël qui retardent les négociations pour la formation du gouvernement de technocrates qui doit assurer la reconstruction de Gaza selon le plan Trump. Trump a par contre déclaré qu’il n’avait « rien à reprocher aux actions israéliennes » et a même invité Netanyahu à sa réception privée pour le réveillon de fin d’année alors que ce dernier offrait la plus haute distinction civile israélienne au président américain.

Le chef d’Etat sioniste continue donc de bénéficier d’une carte blanche américaine et ne se soucie guère des quelques voix officielles discordantes comme celle de l’ONU dont le HautCommissariat aux Droits de l’Homme vient de dénoncer la ségrégation raciale de la population palestinienne comme un système d’apartheid. Mais on sait le peu de cas qu’Israël et son protecteur américain font du droit international… Et ce ne sont pas les molles protestations européennes contre la colonisation, sans sanctions, qui vont changer quelque chose, d’autant plus qu’au-delà du discours de condamnation, nombre de puissances occidentales continuent, dans les faits, d’apporter un soutien à Israël, que ce soit l’Allemagne qui a mis fin, en décembre, aux restrictions d’exportation d’armes ou la France dont le gouvernement continue de réprimer le soutien aux Palestiniens.

La seule chose qui a changé depuis le plan Trump, c’est l’arrêt des bombardements massifs sur Gaza, mais la violence contre le peuple palestinien n’a pas cessé, voire s’est amplifiée. A Gaza, Israël continue de violer régulièrement le cessezle-feu et c’est quasiment tous les jours que des habitants sont blessés ou tués. Et malgré l’affirmation que l’aide humanitaire arrive dorénavant dans l’enclave et la fin officielle de l’état de famine, l’armée d’occupation continue d’empêcher du matériel vital de passer la frontière comme des tentes et des couvertures, ce qui est catastrophique avec le froid et les tempêtes hivernales, alors que 75 % des Palestiniens vivent sous des tentes.

Le gouvernement israélien vient aussi de révoquer l’accréditation de 37 ONG dans la banque de Gaza sous prétexte qu’elles refusaient de fournir les noms de leurs personnels palestiniens pour les protéger de la répression.

Mais les exactions ne se limitent pas à Gaza. En Cisjordanie, les camps de réfugiés sont la cible de l’armée d’occupation depuis un an et les opérations s’y intensifient. Dans les camps de Jénine, Tulkarem et Tubas, l’armée continue de détruire les maisons à coups de bulldozer et a investi les camps pour en faire des terrains d’entraînement militaire contre la guérilla.

Début janvier, l’armée a attaqué l’Université de Bir Zeit, la plus importante de Cisjordanie avec ses 15 000 étudiants, en pleine journée pendant les cours, tirant à balle réelles sur des étudiants, faisant des dizaines de blessés dans une attaque sans précédent.

Ces opérations s’inscrivent aussi dans la relance gouvernementale de la colonisation. 19 nouvelles colonies viennent d’être approuvées fin décembre par le cabinet de sécurité israélien et le gouvernement vient de lancer un appel d’offres pour la construction de près de 10 000 logements. Le plan est clair, et claironné par le ministre de la colonisation Smotrich : morceler la Palestine et empêcher dans les faits l’existence d’un Etat palestinien.

Proposition de loi n° 75 « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme »

Cette proposition de loi qui vient d’être mise à l’agenda de l’Assemblée nationale (le 20 janvier en commission des lois) sous prétexte de lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme vise à criminaliser la critique des actions de l’Etat israélien, en assimilant à l’apologie du terrorisme ou à de l’antisémitisme le soutien à la résistance palestinienne, et à créer un délit d’apologie de « destruction ou négation d’un Etat » qui vise à empêcher d’expliciter le caractère sioniste et colonial de l’Etat d’Israël. Cette proposition de loi, déposée par la députée ouvertement sioniste Carole Yadan de la 8e circonscription de l’étranger (qui inclut Israël) est dans la droite ligne de la politique de Macron visà-vis d’Israël, relayée par les Aurore Berger, Retailleau et compagnie qui avait déjà tenté d’imposer en droit une définition de l’antisémitisme qui criminalisait la critique d’Israël. ★